Timea Bacsinszky pose un regard fasciné sur les charmes de sa Cité

Une femme, une régionLa tenniswoman revient dès qu’elle le peut dans la capitale. Pour ses espaces verts, ses petits commerces de quartier et pour explorer sans cesse son quartier historique.

Image: Marius Affolter

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Lausanne à ses pieds. Quand elle s’installe sur le muret qui délimite l’esplanade de la Cathédrale, Timea Bacsinszky ne se contente pas de dominer la ville. Rapidement, elle aimante les regards et alimente les conversations de tous ceux qui ne s’attendaient pas à la trouver là. C’est pourtant ici qu’elle passe le plus de temps, environ 5 mois par année, éparpillés entre ses déplacements. Juste là, dans les rues pavées qui dessinent la Cité, où elle vit aujourd’hui. Et sa récente blessure, contractée à Wimbledon, n’y est pas pour grand-chose. La demi-finaliste du dernier Roland-Garros n’a pas besoin de repos forcé pour rentrer au bercail. Son profil Instagram, où elle documente volontiers sa vie vaudoise, le clame d’ailleurs d’emblée: «Tennis player/Lausanne lover».

Quartier un peu trop calme

Départ donc de la cathédrale, pour une petite promenade dans un coin de ville qui a «toujours fasciné» la jeune femme. «Depuis que je suis petite, et même si ma mère m’expliquait que ce serait difficile, je voulais vivre à la Cité. J’adore le charme particulier de ses rues et des petites enseignes au-dessus des commerces, raconte-t-elle. J’attends désormais que la rénovation du Château cantonal aboutisse, il sera magnifique en face du nouveau Parlement.» Mais bien qu’émerveillée, Timea Bacsinszky a aussi un message à faire passer. Car, tout mignon qu’il soit, elle estime que «le quartier vaut mieux que ça». Mieux que le calme plat, en l’occurrence. «C’est dommage qu’il n’y ait presque plus d’établissements publics ici. Je ne suis pas assez présente pour juger la posture de la Ville concernant les restrictions horaires mais je constate, en voyageant, que les vieilles villes sont souvent les plus attractives. Quand je rentre, je sens bien la différence.»

En face du Caffe Bellini, nous quittons la rue de la Barre pour débuter l’ascension vers le parc de l’Hermitage par un sentier. Celle qui a grandi à Belmont-sur-Lausanne vient régulièrement y faire gambader son chien. «Regardez, juste là! C’est génial de se trouver face à des pâturages remplis de brebis alors que nous sommes en pleine ville, non?» sourit-elle. Et puisque la pente n’est pas capable de l’essouffler, elle poursuit: «Ça fait des années que j’explique à Martina Hingis que Lausanne est plus belle que Zurich. Récemment, j’ai invité l’équipe de Fed Cup au Royal Savoy et elle a fini par admettre que le lac Léman était incomparable!»

Le Léman, justement, sur lequel elle aime s’évader grâce au petit bateau acheté avec son ami. L’occasion d’imager son rapport à Lausanne. «Je voyage beaucoup mais mon ancre est ici, toujours. Comme ma famille ou mes amis, la ville est nécessaire à mon équilibre, insiste-t-elle. Ça fait trois étés que je reste ici et je ne rêve ni d’Ibiza, ni de Mykonos.» Arrivés devant le restaurant L’Esquisse, elle confie au contraire préférer les lieux discrets, bistrots de quartier et terrasses intimistes. Le Vieux-Lausanne et l’Evêché se disputent sa préférence alors que «l’adorable Café Mood», tout juste découvert, fait figure de coup de cœur.

«Impossible de se lasser»

Si ses virées lausannoises sont assurément gourmandes et raisonnablement festives, la tenniswoman aime aussi les teinter de culture. «La Fondation de l’Hermitage, c’est magnifique. D’ailleurs, je venais déjà ici avec l’école. Sinon, j’avais adoré l’exposition en Lego au Musée de design et d’arts appliqués contemporains (Mudac)». Et puis il y a le Musée olympique, forcément particulier. «En revenant des Jeux de Rio, c’était spécialement intense d’y retourner. La mise en scène m’a permis de revivre tellement d’émotions.»

Tout au long de la promenade et malgré sa connaissance impeccable des lieux, Timea Bacsinszky refuse d’être rassasiée. En empruntant le chemin du Petit-Château pour redescendre à la Cité, elle scrute, s’arrête, s’étonne de certains détails architecturaux. «J’ai été imprégnée de ces petits recoins, de ce style, c’est impossible de s’en lasser.» Dernier détour par la rue Cité-Derrière. «Là par exemple, ce serait incroyable s’il y avait une terrasse. Il y a plein d’espaces à exploiter pour en faire des lieux spéciaux, comme Bourg Plage (ndlr: désormais Terrasse des Grandes Roches) a su le faire sous les arches du pont Bessières». Dernier plaidoyer pour une Cité fantasmée, «au cœur de la plus belle ville du monde». (24 heures)

Créé: 12.08.2017, 15h00

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