Le tram attend son permis pour le début de 2016

Lausanne-RenensLa construction pourrait bientôt avoir le feu vert. Les crédits seront demandés dans la foulée mais les recours planent.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’occupation de la halle Heineken par le Collectif jean du jardin jean du toit (renommé Jean Dutoit) a fait resurgir le projet de tram Flon-gare de Renens, qu’on avait presque oublié. Pourtant, lorsqu’on interroge ceux qui portent ce dossier, l’envie de voir le tram se concrétiser au plus vite est intacte. Tout le monde attend avec impatience le début de l’année prochaine. C’est en effet à ce moment-là que l’Office fédéral des transports (OFT) prévoit de délivrer le sésame qui pourrait tout débloquer: le permis de construire. «Les séances de conciliation entre l’OFT et les opposants sont maintenant terminées», souligne Noémie Hatet, chargée de communication aux Transports publics lausannois (TL).

La conseillère d’Etat en charge des Infrastructures, Nuria Gorrite, rappelle l’importance de ce nouvel axe fort. «Il sera un maillon indispensable du réseau des transports publics du canton. Et jouera le même rôle que le LEB actuellement: relier les gens avec les postes de travail et les activités. Ils habitent dans les couronnes alors que les activités sont toujours plus concentrées dans les centres urbains.»

Recours «presque certains»

Une petite quinzaine d’oppositions donnent cependant toujours du fil à retordre. Et des recours contre le permis de construire sont «presque certains», dit-on de toutes parts. Dès lors, une suspension aura immédiatement cours. «Un recours au Tribunal administratif fédéral (TAF) contre une décision de l’OFT est automatiquement assorti de l’effet suspensif, explique Florence Pictet, porte-parole. C’est dans ce cas le maître d’ouvrage (CFF, TL, etc.) qui doit explicitement demander sa levée (partielle ou totale). Le TAF décide ensuite s’il accepte ou non de lever l’effet suspensif.»

Les éventuels recours pourraient retarder la construction, mais peut-être pas l’entier du projet. Une demande de levée de leur effet suspensif pourrait être formulée et accordée, du moins pour les parties du parcours qui ne posent pas de problème. Olivier Français, municipal des Travaux à Lausanne, invite à la prudence: «On pourrait effectivement préparer quelques mesures liées au tram, mais faire des pré-investissements sans être sûr à 100% que le tram se fera, c’est être très optimiste.» L’élu, qui quittera ce projet en même temps que la Municipalité, reste néanmoins confiant: «Le tram sortira, mais au forceps.»

Les spécialistes du dossier craignent en particulier deux blocages: le long de la rue de Genève et à la place de l’Europe d’abord, où des commerçants s’opposent farouchement à la fermeture de la route aux voitures. Et à la construction de la rampe Vigie-Gonin. Mais les inquiétudes se tournent aussi désormais du côté de la halle Heineken occupée, appelée à devenir le dépôt du tram, en prolongation du site de Perrelet.

A Renens, où les oppositions et les recours ne sont pas les plus complexes, les levées d’effet suspensif seront vitales: le chantier de la gare, déjà en cours, inclut des aménagements pour le tram. Le déplacement des quais vers le nord ne peut se faire sans permis de construire du tram. Et sans ce déplacement, pas de passerelle «rayon vert» par-dessus les voies.

Après le permis viendra la demande de crédit auprès du Grand Conseil. «Nous voulons mettre ça sur sa table en début d’année, explique Nuria Gorrite. Et nous allons dans la foulée commencer à aller chercher l’argent pour étudier le prolongement jusqu’à Villars-Sainte-Croix.»

La construction de cette infrastructure coûtera 400 millions de francs. Environ 10% de la somme seront assumés par Renens, Prilly et Lausanne. Le fonds d’infrastructure fédéral pour le trafic d’agglomération devrait injecter 80 millions. Le solde sera à la charge du Canton. L’achat de matériel, soit une centaine de millions, sera à la charge des TL, sous une garantie d’emprunt cantonale.

Créé: 02.10.2015, 07h09

Adaptations du trafic incontournables

Des mesures d’accompagnement. Voilà comment on désigne dans le jargon les transformations urbanistiques qu’entraînera la construction du tram entre Lausanne et Renens.

«Il s’agit de mesures qui permettent de conserver les accès aux centres-villes, ainsi qu’aux zones d’habitations et commerces quand certains axes, aujourd’hui empruntés par le trafic individuel, seront réservés au passage du tram ou des bus à haut niveau de service», explique Noémie Hatet, chargée de communication aux TL.

A Renens, l’avenue du 14-Avril devrait déjà avoir été mise à double sens. Mais, puisque la mesure figure dans la même procédure que celle du tram, cela n’a pas pu être fait, comme prévu, avant le début du chantier de la gare. A terme, le tram aura pour lui la rue de Lausanne, qui sera fermée au trafic automobile.

A Lausanne, la première mesure doit être la construction de la rampe dite de Vigie-Gonin, à l’horizon 2017 «au mieux», souligne le syndic, Daniel Brélaz. Suivra, mais pas avant 2018 très probablement, la fermeture du Grand-Pont au trafic automobile. Et son élargissement.

Les bus à haut niveau de service, eux aussi inscrits dans la même procédure que le tram, pourront dès lors y circuler.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.