Des travaux à 1,2 milliard passent l’épreuve du feu

AutorouteIl faudra dix ans de chantier pour supprimer le goulet d’étranglement de Crissier. Objectif: sauver l’Ouest lausannois de l’asphyxie. La mise à l’enquête est lancée

Les travaux pour résoudre le goulet autoroutier de Crissier sont mis à l’enquête ce vendredi. Un projet fédéral à 1,2 milliard qui prévoit deux nouvelles jonctions, à Écublens et à Chavannes (ici en image de synthèse), et le rajout de voies et de bretelles.

Les travaux pour résoudre le goulet autoroutier de Crissier sont mis à l’enquête ce vendredi. Un projet fédéral à 1,2 milliard qui prévoit deux nouvelles jonctions, à Écublens et à Chavannes (ici en image de synthèse), et le rajout de voies et de bretelles. Image: OFROU

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Vingt ans? Quarante ans? Dans l’Ouest lausannois, on parle de ce projet depuis des lustres. Cette fois, on y est. Le mégachantier autoroutier qui doit supprimer le goulet d’étranglement de Crissier est mis à l’enquête publique depuis ce vendredi, jusqu’au 10 décembre prochain.

Porté par l’Office fédéral des routes (OFROU), le chantier à venir se veut à la mesure de l’enjeu, à savoir faire la peau aux bouchons qui paralysent non seulement les autoroutes, mais aussi les routes, de l’Ouest lausannois. Le projet est donc pharaonique.

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Pas moins de douze communes sont concernées par des travaux qui doivent s’étaler sur dix ans dès 2022: Lausanne, Chavannes-près-Renens, Échandens, Écublens, Crissier, Bussigny, Villars-Sainte-Croix, Mex, Denges, Préverenges, Renens et Saint-Sulpice. Au total, les coûts s’élèvent à 1,18 milliard de francs, presque entièrement couverts par la Confédération, à l’exception d’une part d’environ 27 millions financée par le Canton.

Voies, jonctions et bretelles

Surtout, le programme de travaux est particulièrement copieux. Près de la moitié du budget (570 millions) ira à la réfection et à la mise aux normes des infrastructures autoroutières existantes. Mais il y aura aussi de nombreuses nouveautés. Deux jonctions autoroutières vont être créées de toutes pièces, une à Écublens et une à Chavannes-près-Renens.


La future jonction d'Ecublens en 3D

Source: OFROU


Au niveau de la jonction de Malley, deux bretelles d’entrée vont être créées. L’échangeur de Villars-Sainte-Croix sera renforcé avec une nouvelle bretelle et une voie supplémentaire dans chaque sens. À l’échangeur d’Écublens, des voies seront ajoutées, ainsi que deux nouvelles bretelles, dont une demandera la construction d’un pont de 470 mètres de long. Enfin, au niveau de la jonction de Crissier, la bretelle de sortie sera doublée et une voie de circulation sera ajoutée dans les deux sens.

Le moment est stratégique pour l’OFROU, car après avoir été approuvé au niveau de la Confédération et du Canton, le projet fait désormais face à la population. Ces dernières semaines des présentations publiques ont été organisées dans quatre communes de l’Ouest lausannois. À Écublens, mardi soir, un public assez nombreux avait fait le déplacement. «Ça commence à ressembler à ce qu’on voit aux États-Unis», observe une habitante en découvrant en images les futures bretelles de l’échangeur.

Décharger les routes locales

Sur la commune, la pièce maîtresse sera la construction d’une jonction à 156 millions. «On n’aura plus besoin d’aller jusqu’à Crissier pour prendre l’autoroute», se réjouit une autre habitante. Avec la création de deux nouveaux accès à Écublens et à Chavannes, le projet doit permettre de répartir la pression qui s’exerce au niveau de Crissier, dans un contexte ou l’augmentation du trafic est évaluée à 30% entre 2014 et 2030. Mais ces deux jonctions visent aussi un autre objectif: alléger en partie le trafic régional en le captant vers l’autoroute.


A lire l'édito: L’Ouest grandit et il y a un prix à payer


Selon les projections de l’OFROU, cela permettra d’améliorer la situation sur la plupart des routes locales de l’Ouest lausannois. Mais il y a des exceptions, notamment à Écublens, sur l’avenue du Tir-Fédéral et sur la rue du Villars, qui ont beaucoup fait parler lors de la séance de mardi. Face aux questions du public, les représentants des Communes et du Canton assurent qu’une réflexion est engagée pour aménager les routes locales afin d’accueillir le trafic drainé par les nouvelles jonctions d’autoroute.

Coup d’envoi dans trois ans

Des travaux de cette ampleur n’iront pas sans autres effets secondaires. Contre l’augmentation de la pollution sonore, le projet prévoit ainsi la construction de parois antibruit, à Chavannes-près-Renens et à Bussigny, mais pas à Écublens, où les fenêtres des bâtiments les plus exposés devront être renforcées. Les chaussées seront en outre dotées d’un revêtement phonoabsorbant sur l’ensemble du projet. Concernant la pollution de l’air, l’OFROU s’est montré rassurant: «Elle va de toute façon augmenter avec le trafic, mais elle sera mieux répartie, car plus concentrée sur l’autoroute et moins sur les zones habitées», a analysé le représentant de l’office fédéral en charge des aspects environnementaux.


La future jonction de Chavannes-près-Renens en 3D

Source: OFROU


Si le public d’Écublens s’est montré plutôt favorable au projet, l’obtention du permis de construire ne s’annonce pas pour autant comme un long fleuve tranquille. Du côté de Chavannes-près-Renens, une pétition a été lancée et la Municipalité elle-même ne cache pas ses réserves, contrairement aux autres communes concernées au plus près par le chantier (voir encadré). L’OFROU se donne un peu plus de deux ans pour traiter les oppositions, mais aussi pour négocier avec quelque 255 propriétaires privés dont la Confédération devra acquérir les terrains, quitte à les exproprier. Si tout se passe comme prévu, les travaux pourront commencer début 2022, pour s’achever en 2031.

Le projet sur la page web de l'OFROU //a1-goulet-crissier.ofrou.ch/

(24 heures)

Créé: 09.11.2018, 06h57

La Commune de Chavannes songe à faire opposition

Parmi les Communes les plus concernées par le chantier, il y a celles qui l’attendent avec impatience, et les autres. Dans un district en pleine croissance, Crissier est l’une des zones où le nombre d’habitants et d’emplois augmentera le plus d’ici à 2030: «Tous les projets de quartier que nous avons en cours reposent sur des études de circulation qui tiennent compte de ces travaux», relève le syndic de la Commune, Stéphane Rezso.

Bussigny en attend aussi des avantages: «Aujourd’hui les poids lourds sortent à Crissier et transitent par la Croix-de-Plan pour rejoindre leur destination. Nous avons tout intérêt à ce que ce trafic se déplace sur l’autoroute», observe la syndique, Claudine Wyssa. «Si on ne fait rien, ce sera l’asphyxie», estime quant à lui Christian Maeder, syndic d’Écublens.

L’enthousiasme est moins grand à Chavannes-près-Renens, qui doit justement accueillir une des deux nouvelles jonctions autoroutières. Une séance d’information y a été organisée début octobre déjà, avec à la clé le lancement d’une pétition demandant à la Municipalité de s’opposer au projet. Elle a rassemblé plus de 600 signatures en deux semaines.

L’appel semble avoir été entendu par l’Exécutif. «Nous sommes en discussion, indique en effet le syndic, Jean-Pierre Rochat. Nous pourrions prendre la voie de l’opposition, pas pour contester le projet sur le fond, mais nous ne comprenons pas ce qui justifie de multiplier ainsi les accès à l’autoroute.» Si elles se concentrent à Chavannes, les oppositions pourraient être un vrai grain de sable pour tout le projet. En effet, l’OFROU s’est engagé à mettre en service simultanément les jonctions d’Écublens et de Chavannes.

«Si on peut aller de l’avant pour l’une et pas pour l’autre, cela posera problème», note en effet Laurent Blaser, responsable du projet à l’OFROU.

En chiffres

1,18


En milliard de francs, le coût global du chantier, financé presque entièrement par la Confédération. Le Canton apporte environ 27 millions de francs pour les jonctions de Chavannes et de Malley.

615


En millions de francs, la part du budget total consacrée à créer et renforcer des infrastructures.

570


Millions de francs seront consacrés aux travaux d’entretien et de mise aux normes des infrastructures existantes.

12


Le nombre de communes concernées par la mise à l’enquête.

255


Le nombre de propriétaires de terrains privés touchés par le projet. Celui-ci touche également des parcelles appartenant à l’État de Vaud et à onze communes différentes.

10


En années, la durée totale du chantier, qui doit s’étaler de début 2022 à fin 2031.

30%


L’augmentation du trafic sur le goulet d’étranglement de Crissier entre 2014 et 2030.

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