Le trésor des Buttin-de-Loës vendu aux enchères

PatrimoineCent objets du couple de collectionneurs de Grandvaux sont remis sur le marché de l'art mardi 2 octobre

Cette boîte à bijoux circulaire avec miniature en ivoire, XIXe (estimation 300-500 fr.) fait partie de la centaine d'objets en vente.

Cette boîte à bijoux circulaire avec miniature en ivoire, XIXe (estimation 300-500 fr.) fait partie de la centaine d'objets en vente. Image: DR

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À Grandvaux, Marguerite Buttin-de-Loës était connue comme le loup blanc. Jusqu’à son décès, en 1968, à l’âge de 98 ans, c’est elle qui faisait encore visiter sa maison-musée, vêtue de sa robe de deuil (Louis décède en 1951). Cette demeure classée monument historique, composée de quatre bâtis emberlificotés, est aujourd’hui le siège de l’Association Lavaux Patrimoine mondial, qui continue d’en faire visiter une partie. La Fondation pour la conservation de la Maison Buttin-de-Loës en est le propriétaire depuis 2011. Mardi 2 octobre, elle se sépare d’une centaine d’objets lors d’une vente aux enchères.


Hanap en bronze doré ciselé et émail peint. Estimation: 1000-2000 francs. DR


La maison Dogny, qui mènera les enchères, parle d’un «ensemble éclectique et raffiné». En effet, le couple de rentiers a réuni une collection dictée par un goût sûr davantage que par une politique muséale. Ainsi, une boîte à bijoux du XIXe siècle, un cadran du XVIIIe ou encore des tonnelets en porcelaine de l’époque Yongzheng seront mis en vente à côté de mobilier ancien et de tableaux.

Collection protégée

Tous ces objets, glanés entre Lausanne et Paris, étaient exposés dans la maison de Grandvaux, acquise en 1917 par les Buttin-de-Loës en tant que résidence secondaire. Louis Buttin, fils de pharmaciens lausannois, et Marguerite de Loës, fille de pasteur, passaient sept mois par année en France, notamment pour échapper aux impôts vaudois. Sans héritiers – les deux petites tombes de leurs fils, morts en bas âge, sont visibles au fond du jardin –, ils lèguent leur patrimoine de leur vivant, en 1939, à l’Association Mémoire de Lausanne, avec l’obligation de conserver le musée. En 1959, un inventaire des collections du couple est réalisé par le Musée historique de Lausanne et une partie est placée sous protection de l’État. C’est sur cette base éclairée que la Fondation pour la conservation de la Maison Buttin-de-Loës a estimé ce qui devait être conservé (dans le musée ou dans le galetas, faute de place) et ce qui pouvait être vendu.


Coupe sur pied ovale ajourée en argent (800). Estimation: 160-170 fr. DR


«Par exemple, la porcelaine du Vieux-Nyon de Mme Buttin-de-Loës sera toujours visible dans une vitrine, explique Alain Parisod, président de la fondation. Nous avons aussi choisi de garder à Grandvaux des objets de famille et des tableaux de Bocion ou d’Eugène Burnand, liés à la région.» Notamment une toile du dernier représentant un prêche en plein air: «On voit parmi les ouailles une mère et sa petite fille. C’est Marguerite Buttin-de-Loës elle-même!»

Besoin de fonds

La vente d’environ un tiers de ce qu’il reste de la collection du couple – une partie, liée à la Fête des Vignerons, a déjà été léguée à la Confrérie – répond à un besoin financier de la fondation, qui «tourne tout juste» avec la location des lieux. La réfection de fond en comble de la maison, rouverte en 2015, avait coûté près de 2 millions et des travaux sont prévus dans la maison attenante, aussi propriété de la fondation.


Portrait d’un jeune homme, de Henri Van Muyden (1918). Estimation: 800-1200 fr. DR


Les lumières du Léman selon Bocion

Quel est le point commun entre un cadran solaire de 1720 signé «frantz Antoni Knitl fecit Linz», une broche fantaisie de Coco Chanel et deux Centaures en bronze de Giacomo Zoffoli? On les retrouvera tous ce mardi pour la traditionnelle vente d’automne de Dogny Auction. Ces objets, si beaux soient-ils, parviendront-ils à voler la vedette à François Bocion? S’il acquiert sa technique dans l’atelier de Charles Gleyre à Paris, comme Albert Anker, le peintre vaudois est vite revenu sur les bords du Léman. Vers ce lac qui n’a cessé de l’inspirer tout au long de sa carrière. Cette toile, «Pêcheur et baigneur à Rivaz», en est une parfaite illustration (65'000 à 75'000 fr.). Tout comme «Vers les rives de Vidy», avec ses tons pastel. J.-D.S.

Créé: 01.10.2018, 09h29

Infos

Vente d’automne Dogny Auction, Montelly 2, Lausanne

Ma 2, 9 h-12 h, 14 h-19 h.

www.dognyauction.ch

Les lumières du Léman de Bocion

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