Au tribunal, Lausanne empêche une nouvelle construction

PatrimoineUn projet sur le boulevard de Grancy n'a pas eu le feu vert de la Ville. Le tribunal cantonal a confirmé cette décision.

Deux caractéristiques du seul boulevard de Lausanne ont fait pencher la balance pour une protection du bâti actuel: les immeubles et jardins.

Deux caractéristiques du seul boulevard de Lausanne ont fait pencher la balance pour une protection du bâti actuel: les immeubles et jardins. Image: DR

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Cela commence à devenir une habitude. Les autorités lausannoises se sont opposées à la destruction d’un immeuble et à la construction d’un autre, et ont gagné. Leur refus était contesté par les propriétaires – l’Entraide protestante suisse (EPER) et la Caisse de pensions de l’État de Vaud – devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal. Celle-ci vient de publier un arrêt qui juge que la Ville de Lausanne n’a pas abusé de son pouvoir d’appréciation, ni ne l’a excédé. En somme: elle pouvait refuser le permis.

Il était notamment prévu de démolir un bâtiment des années 50, de réduire «fortement» des jardins au sud de la bâtisse, d’abattre six arbres. Et y mettre à la place un immeuble en forme de L, composé de six logements et de bureaux. L’EPER souhaitait en faire son nouveau siège romand.

«Un objectif de protection maximal»

Deux caractéristiques du seul boulevard de Lausanne ont fait pencher la balance pour une protection du bâti actuel. D’une part, l’ensemble d’immeubles dans lequel le projet se situe; de l’autre, ses jardins. Grancy – la déléguée lausannoise à la protection du bâti l’avait fait valoir – «est un secteur emblématique de la ville qui est inventorié à l’ISOS (ndlr: inventaire des sites construits à protéger en Suisse) avec un objectif de protection maximal», dit l’arrêt. Pour les juges, les concepteurs du projet ont «eu tendance à nier ce contexte».

À propos des jardins, souvent en terrasse, le Tribunal cantonal estime qu’ils «participent à la cohérence du lieu». La déléguée au patrimoine l’avait dit: ce n’était pas tant la démolition qui lui posait problème que la nouvelle construction.

Un élément que le Tribunal cantonal a rappelé aux propriétaires, qui s’estimaient, en cas de non-octroi du permis, dans l’impossibilité de développer un quelconque projet. «Cette décision n’empêche pas la réalisation d’une construction mieux intégrée au contexte et à l’environnement bâti [...] quand bien même cela pourrait impliquer une réduction de l’utilisation des droits à bâtir.»

Pour l’heure, l’EPER refuse de dire si elle fera recours. Sa communicante, Sarah Turin, répond par e-mail: «Nous regrettons évidemment cette décision. Être situé au cœur de la ville nous permet d’accueillir nos bénéficiaires et de déployer nos activités avec plus d'impact.»

L’EPER est actuellement au chemin de la Bérée, dans le nord de Lausanne. «Plus concrètement, nous devons résoudre la question du lieu de travail de nos 50 collaborateurs et de nos cours, nos formations et nos permanences, destinés à des personnes précarisées, vulnérables et souvent âgées.»

«Avancer dans un climat constructif»

Le projet va-t-il être modifié? «À ce stade, nous privilégions des solutions et le dialogue avec tous les partenaires impliqués afin d’avancer avec sérénité, dans un climat constructif», répond la porte-parole.

Le projet avait déjà suscité une levée de boucliers dans le quartier. Une pétition menée par des riverains et forte de 254 signatures venait en effet, après la mise à l’enquête de l’été 2018, dire l’inquiétude face à ces transformations.

En mars 2019, après les préavis positifs de son Service de l’architecture et négatif de sa déléguée au patrimoine, la Municipalité de Lausanne refusait le permis de construire. Pour des raisons d’intégration au quartier.

Depuis le début de la législature, les autorités lausannoises ont fortement affirmé leur désir de protéger les bâtisses mais aussi l’identité esthétique et historique des quartiers de la ville.

Créé: 28.01.2020, 16h05

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