Les trois nouveaux municipaux lausannois disent leur vision de leur future fonction

PolitiqueNatacha Litzistorf, David Payot et Pierre-Antoine Hildbrand évoquent leur virage professionnel.

David Payot, Natacha Litzistorf et Pierre Antoine Hildbrand (de g. à d.) semblent prêts à se muer en de nouveaux édiles lausannois.

David Payot, Natacha Litzistorf et Pierre Antoine Hildbrand (de g. à d.) semblent prêts à se muer en de nouveaux édiles lausannois. Image: FLORIAN CELLA

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Une nouvelle législature et de grands changements de personnes à la Municipalité de Lausanne. Dès cet été, l’Exécutif de la capitale accueillera sa cohorte de «bleus», formée du PLR Pierre-Antoine Hildbrand, de la Verte Natacha Litzistorf et du popiste David Payot.

Deux hommes, une femme. Tous les trois se trouvent à l’aube d’une nouvelle vie, avec des incertitudes, certaines attentes et l’enthousiasme des débuts. Ils vont démissionner de leur poste actuel pour une fonction plus lourde en responsabilités mais bien rémunérée (plus de 200 000 francs par an). Ce sera une augmentation nette pour chacun, y compris pour Pierre-Antoine Hildbrand, cadre au Centre Patronal.

Bagout genevois

Le trio a joyeuse allure. Mais, même s’ils vivent une situation semblable, les nouveaux venus ne parlent pas d’une seule voix. Loin s’en faut. Sur la forme, le bagout genevois de Natacha Litzistorf tranche avec la retenue de ses deux futurs collègues.

Sur le fond, les clivages sont évidents, mais tenus en laisse. Pierre-Antoine Hildbrand sera le seul représentant du clan bourgeois à la Municipalité de Lausanne. Sa crainte de se trouver minorisé est réelle. Mais David Payot la reprend en écho, lui qui a pourtant été élu sur le même ticket que les roses-verts. Le représentant de l’extrême gauche invite au respect des minorités car il se verrait lui-même facilement «marginalisé».

Les trois nouveaux municipaux se connaissent «sans se connaître», comme dit Natacha Litzistorf. Ils ont en commun d’avoir siégé de nombreuses années au Conseil communal. Proches en âge, David Payot et Pierre-Antoine Hildbrand ont fréquenté le gymnase du Bugnon. Bien que rodés au même microcosme, leurs styles personnels sont très différents. Et cette question est facilement thématisée auprès de cette génération de politiciens, rompus aux médias et tout juste sortis de campagne. Pour eux, la symbolique du look n’est pas un détail. C’est une manière de faire passer des messages, comme celui, par exemple, du respect.

Pierre-Antoine Hildbrand rapporte ainsi que le rouge de sa cravate n’est pas une marque de déférence à la couleur de la majorité socialiste mais une référence à la «bannière» de Lausanne. Natacha Litzistorf abonde dans l’idée d’un langage de l’apparence et précise qu’il est même dans sa culture professionnelle d’accorder de l’attention à ces codes. A cet égard, elle apprécie l’allure «graphique» de David Payot.

La législature qui s’annonce sera celle des grands travaux à Lausanne. Ce «nouveau cycle de politique publique», toujours selon la municipale Verte, consacre le moment de la mise en œuvre des projets. Plus que jamais, les édiles devront travailler les uns avec les autres pour coordonner les chantiers. Les trois «petits nouveaux» semblent prêts. Reste à voir comment ils seront amenés à traiter avec les quatre anciens. Mais ça, c’est encore une autre histoire.

Créé: 26.03.2016, 09h42

Les temps forts de l’entretien

«Nous avons un langage et un parcours communs. On ne part pas en décalage»



Comment envisagez-vous le travail d’équipe? Quelle place espérez-vous occuper?

Natacha Litzistorf Je suis méga-optimiste. Je pars avec un a priori positif. Là, avec ce changement de génération, nous avons la capacité de faire quelque chose d’un peu plus soudé encore que par le passé.
Pierre-Antoine Hildbrand J’ai l’impression que nous avons un langage commun. Personne ne débarque du Grand Conseil, par exemple. Le meilleur parcours, c’est d’être à Lausanne, sur les sujets lausannois. On partage le même parcours ces dix dernières années au Conseil communal. On a vu les thèmes apparaître, on a vu comment ils étaient défendus, on a vu les consensus. On ne part pas en décalage.
David Payot Nous sommes là pour construire. Ça se fera d’autant mieux si on parvient à créer un espace de discussion. Pour ça, il faudra fixer un rapport de force acceptable. Ce sera la condition pour qu’il puisse y avoir un dialogue.

Comment se sent-on à l’idée de prendre la relève et la place de grandes figures de son parti?

P.-A. H. C’est évident que la comparaison est impossible à ce stade. Il faut être modeste. La marque que laisse Olivier Français sur les travaux est extrêmement importante. Il est le responsable des Travaux qui a été le plus longtemps en poste.
D. P. Il existe ce risque de devoir surtout assumer les engagements des prédécesseurs. Ce qu’on peut proposer et développer de nouveau par rapport à ça, c’est une question qu’il faudra se poser. C’est à nous d’apporter notre ligne politique en intégrant les projets déjà en route.
N. L. Nous comparer, ce serait déplacé. Daniel Brélaz, ce qui est sûr, c’est qu’on ne sera jamais pareil, lui et moi.

Entrer à l’Exécutif, c’est sortir de son groupe au Conseil. Comment voyez-vous vos futurs rapports avec votre parti?

D. P. Une partie du rôle que j’ai, c’est aussi de me retrouver dans un contexte où, à l’évidence, l’extrême gauche ce n’est pas seulement le POP. Il faudra composer avec des formations assez complexes. On est aujourd’hui à un moment où l’extrême gauche est un peu une mosaïque. Mais elle arrive à collaborer. Peut-être même avec moins d’antagonismes qu’à l’époque où le POP était le concurrent de SolidaritéS et qu’il y avait soit l’un soit l’autre.
N. L. Chez les Verts, on a renouvelé beaucoup de choses. On nous avait dit
que l’écologie politique était morte. Qu’on était une machine à perdre. Que je n’étais pas la préférée pour la succession de Daniel Brélaz. On nous a prédit le pire. Le syndic avait même dit qu’il y avait le choix entre la compétence et la femme. C’était pesant. Finalement, on a eu une belle conversion mais avec des exigences nouvelles et des valeurs que le groupe a envie de voir incarner dans les politiques de la Ville. Avec, chez chacun, un core business de valeurs.
P.-A. H. Nous portons une double responsabilité. D’un côté, il y a les valeurs défendues durant la campagne électorale et le parti qui nous a endossés. L’autre responsabilité, ce sera de porter le compromis exécutif vis-à-vis de nos groupes pour que la politique communale puisse avancer. Ensuite il y aura un jeu du compromis. On n’est pas la courroie de transmission du groupe, mais en même temps on a ce côté Janus à double front.

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