Troisième tentative de renouveau à l’Observatoire

LausanneL’édifice de la Pontaise est voué à la disparition. Un nouveau projet est lancé du côté du Chalet-à-Gobet.

La transformation du quartier condamne le bâtiment de la Pontaise.

La transformation du quartier condamne le bâtiment de la Pontaise. Image: Florian Cella

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C’est reparti pour une récolte de fonds – la troisième – en vue de rebâtir l’Observatoire de Lausanne. Le bâtiment est condamné par le projet Métamorphose et la transformation du quartier de la Pontaise, à l’horizon 2025. La Société vaudoise d’astronomie est décidée à reconstruire une coupole sur les hauts de la ville, du côté du Chalet-à-Gobet.

Enterré, le projet architectural à 2 millions de francs présenté dans ces colonnes en 2015. «On l’a abandonné cet automne, explique Micael Hautier, président de la Société vaudoise d’astronomie. Nous nous sommes rendu compte que le budget était trop important pour espérer trouver des sponsors.» C’est déjà le deuxième projet d’observatoire avorté, faute d’argent. Le planétarium baptisé Porte des Étoiles, prévu dans les anciennes écuries du Chalet-à-Gobet (30 millions de francs), était passé à la trappe en 2014.

Qu’importe. Le comité de la Société vaudoise d’astronomie rebondit et vient de dessiner les plans d’un observatoire plus modeste, toujours sur le terrain légué en droit de superficie par la Ville au Chalet-à-Gobet entre le manège, la forêt et le camping. Le budget maximum se monte à 500'000 francs.

Plus simple, moins cher

«Nous avons opté pour des containers, détaille Micael Hautier. C’est une solution simple, facile à mettre en place et efficace en termes de prix et de volume. Attention, il ne s’agira pas de baraques de chantier mais de structures qualitatives, faites pour durer, qui seront habillées de bois. Elles s’intégreront très bien dans l’environnement.» Deux coupoles sont prévues ainsi que des salles de conférences et une terrasse.

«Dès que l’on peut déménager, on le fera», lance Micael Hautier, qui se réjouit de fuir la pollution lumineuse générée par l’éclairage urbain. «Sur le nouveau site, nous aurons un ciel noir bien meilleur pour l’observation.»

L’Observatoire, qui vient de se doter d’un nouveau télescope, permet aux Lausannois d’admirer les étoiles gratuitement depuis septante-six ans. Les animateurs accueillent 1500 visiteurs par an et proposent une quarantaine de soirées gratuites.

Micael Hautier note une diversification réjouissante du public. «Avant, nous avions principalement des familles avec enfants. Depuis peu, des jeunes viennent nous voir juste une demi-heure, en passant, entre le restaurant et la sortie en boîte de nuit. C’est super. Tout le monde peut venir ici, même les gens qui n’y connaissent rien en astronomie. Nous voulons casser ce carcan ultrascientifique un peu oppressant. Le but principal de cet observatoire est d’accueillir le public; de partager.» Le comité fignole le dossier pour lancer la recherche de fonds, privés comme publics.

Tous les espoirs sont permis: la Ville de Vevey vient de financer les travaux de rénovation de son observatoire à hauteur de 830'000 francs.

Soirées gratuites à l’Observatoire astronomique de Lausanne, tous les vendredis dès 21 h par temps bien dégagé, sauf le premier vendredi de chaque mois. //svastro.ch (24 heures)

Créé: 26.02.2018, 08h45

Du palais néoclassique aux containers

L’histoire de l’Observatoire astronomique de Lausanne est mouvementée. L’édifice est bâti en 1942 mais l’idée remonte à… 1817, relève la revue Mémoire Vive. Un professeur de mathématique et physique de l’Académie de Lausanne élabore plusieurs variantes et envisage de poser une coupole au sommet de la tour de l’Ale. Rien ne se passe. Dès 1905, Louis Maillard, professeur à la chaire d’astronomie de l’université, défend auprès des autorités la création d’un observatoire permettant de développer l’enseignement et d’intéresser «le public cultivé à la contemplation des spectacles célestes». Un site est identifié en 1912, entre le signal des Belles Roches et la place de patinage de la Pontaise. L’architecte de la Ville, Gustave Hämmerli, ne dessine pas moins de 31 plans et esquisses. Il voit grand, trop grand peut-être. Son édifice néoclassique fait exploser le budget (100 000 francs au lieu des 40 000 francs prévus). Il n’est plus question d’observatoire jusqu’en 1925. Commune et Canton finissent par s’entendre sur un lieu et un projet; un comité se constitue et des études sont lancées. Mais un certain Gustave Juvet succède à Louis Maillard, souffrant. Les travaux sont suspendus. En 1938, Georges Tiercy, directeur de l’Observatoire de Genève et professeur d’astronomie, relance la machine. Le Conseil communal vote en 1941 la création d’un pavillon astronomique à la Pontaise, en bordure du chemin des Grandes-Roches. Les travaux débutent la même année.

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