145 millions, 1,5 kilomètre, le tunnel du LEB est lancé

Transports publics Pour sécuriser le tracé du train dans le tissu urbain lausannois, on creusera sous l’avenue d’Echallens, théâtre de plusieurs accidents. Ouverture prévue en 2020.

Video: Fanny Giroud

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«C’est une très bonne nouvelle qui arrive tardivement.» Ex-cheminot et ancien conseiller aux Etats, Michel Béguelin salue à sa manière l’annonce du dépôt à l’Office fédéral des transports (OFT) de l’avant-projet de mise en souterrain du LEB entre Union-Prilly et Lausanne-Chauderon. Un tronçon dangereux long d’un kilomètre où le train de 150 tonnes doit partager la chaussée avec les voitures.

Pour rappel, un projet formel de tunnel sous l’avenue d’Echallens avait déjà été accepté par l’OFT au milieu des années 1970. Mais, devant l’apathie des Vaudois, la Confédération avait fini par attribuer son financement à la ligne régionale Berne-Soleure. «Le conseil d’administration du LEB a toujours voulu un tunnel, mais ce n’était pas une volonté absolue des politiques», résume avec euphémisme Yvan Nicolier, président de la compagnie.

Quarante ans plus tard, c’est un tout autre état d’esprit qui anime les autorités. Lundi, le Canton et la Ville de Lausanne ont martelé leur détermination à voir se réaliser un tunnel de 1,5 kilomètre sous l’avenue d’Echallens, théâtre de nombreux accidents. La mise en service de cette infrastructure est espérée à l’horizon de 2020. Pour une ardoise estimée à 145 millions.

«On va essayer de tout faire payer par la Confédération», glisse la conseillère d’Etat Nuria Gorrite. Mais ce n’est pas encore gagné. Avec l’acceptation, en février dernier, du paquet de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF), le régime est train de changer. Les nouvelles règles sont encore un peu floues. Quoi qu’il en soit, le gouvernement vaudois et la Ville de Lausanne seraient disposés à débourser pour combler ce qui manque.

La désinvolture des années 1970 a fait place à une tout autre détermination. Ces dernières années, le LEB a été prolongé jusqu’au Flon, puis sa cadence est passée au quart d’heure. Résultat, sa fréquentation a augmenté de 57% en dix ans. «C’est l’axe fort du Gros-de-Vaud», lance Nuria Gorrite. «Le fait qu’il doive partager la chaussée avec le trafic routier en fait l’un des pires endroits de Suisse», relève Michel Béguelin. Il en résulte de nombreux accidents, dont un mortel en 2013. Outre sa dangerosité, le tronçon urbain du LEB, au beau milieu de la circulation routière, met à mal la stabilité de ses horaires.

Etudes rondement menées
Devant cette situation qui ne fait qu’empirer, les autorités ont agi. «On m’a laissé les coudées franches pour faire ces études», raconte le municipal lausannois Olivier Français. Celles-ci ont été rondement menées entre avril et septembre de cette année. «Nous devions aller vite, explique Nuria Gorrite. Car notre objectif est d’être financé par la convention de prestations fédérales pour la période 2017-2020.»

Le message du Conseil fédéral sur cet objet est attendu pour la fin de l’an prochain. Il reviendra ensuite aux Chambres de se prononcer en 2016. L’OFT s’est toujours montré favorable au tunnel sous l’avenue d’Echallens. Le plus délicat pour les Vaudois sera de convaincre la Confédération de l’utilité d’une infrastructure à deux voies, en vue d’augmenter la cadence du LEB. Une option qui alourdit passablement la facture.

Avec sa double casquette de municipal et de conseiller national, Olivier Français devra faire un intense travail de persuasion à Berne. «La Commission des transports du Conseil national a déjà œuvré pour que le tunnel soit dans les projets prioritaires du FAIF. On va continuer à plaider cette cause.»

Si tout se met en place comme l’espèrent les autorités vaudoises, les travaux pourraient débuter en 2017. Le tracé du tunnel ne passera pas exactement sous l’avenue d’Echallens. «La mauvaise qualité des matériaux du sol nous a fait opter pour l’alternative nord, explique Olivier Français. Là, on est dans la molasse, c’est plus facile à forer.»

Conséquence: l’arrêt Montétan disparaîtra. Le train sera entièrement en souterrain du Flon jusqu’à sa sortie devant la halte Union-Prilly. C’est donc là que se concentrera le gros des perturbations. Il faudra construire un pont temporaire pour permettre au LEB d’enjamber la route pendant les travaux, et réaliser une trémie (la rampe de sortie du tunnel). Le chantier devrait durer deux ans. (24 heures)

Créé: 10.11.2014, 10h49

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