L'UDC lance son initiative pour interdire la mendicité

VaudL'UDC veut interdire la mendicité dans le canton. Selon elle, il s'agit du seul moyen «efficace» pour lutter contre les réseaux qui utilisent la misère.

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«Nous ne parlons pas de mafia, mais de réseaux qui exploitent les plus faibles pour faire de l'argent», a affirmé jeudi à Lausanne Claude-Alain Voiblet. Conseiller communal et député, il estime que «la coupe est pleine» et que seule une véritable interdiction au niveau cantonal pourra lutter contre le phénomène.

Deux députés PLR

L'UDC entend récolter 15'000 signatures d'ici au 12 août alors que 12'000 sont nécessaires. Deux députés du PLR figurent dans le comité d'initiative «à titre personnel», a indiqué Michaël Buffat, président du groupe UDC au Grand Conseil.

Depuis 2007, l'UDC se démène sur ce dossier. Dernier épisode en date, la motion de François Brélaz demandant l'interdiction de la mendicité a été refusée en mars par le Grand Conseil par 65 voix contre 64 et 6 abstentions.

Une seule méthode possible

Le lancement de l'initiative est donc «une suite logique», selon Michaël Buffat. Après six ans de combats sur cette thématique, l'UDC est arrivée à «une conclusion simple»: il n'est «pas possible» de lutter contre la mendicité «sans interdiction», a relevé Claude-Alain Voiblet.

L'initiative donnera une base légale pour tout le canton de Vaud, qui connaît aujourd'hui diverses pratiques sur son territoire: une autorisation de la mendicité sous conditions à Lausanne ou l'interdiction comme dans l'Ouest de Lausanne ou sur la Riviera, expliqué Claude-Alain Voiblet.

L'initiative de l'UDC demande une modification de la loi pénale vaudoise. Celui qui mendie devra être puni d'une amende de 50 à 100 francs. Deuxième nouveauté: celui qui envoie mendier des mineurs, des personnes dépendantes, qui organise la mendicité d'autrui, qui mendie avec des mineurs ou des personnes dépendantes écopera d'une amende de 500 à 2000 francs.

Mendiant menteur

Pour sa campagne, l'UDC va notamment utiliser une affiche montrant un mendiant lausannois au visage flouté. Les deux photographies, prises à deux jours d'intervalle, le montrent amputé une fois de la jambe gauche, une fois de la droite. «On n'a pas demandé son autorisation» pour le photographier, a précisé Claude-Alain Voiblet.

Interrogé sur l'expérience de l'interdiction de la mendicité à Genève, le conseiller communal Philipp Stauber a préféré citer l'exemple de Bâle-Ville. Dirigé par la gauche, le canton a mené l'expérience de l'interdiction de façon «probante», selon lui.

Pour mémoire, la ville de Lausanne devait introduire une restriction de la mendicité à partir de lundi, mais un recours de l'UDC reporte la mesure. En outre, le Grand Conseil vaudois a accepté de renvoyer en commission une motion du PLR visant à interdire la mendicité par métier. (ats/24 heures)

Créé: 11.04.2013, 14h48

Un long débat

Janvier 2007 Jusqu’à présent, la mendicité était proscrite sur tout le territoire vaudois. Au 1er janvier, la nouvelle loi pénale change la donne. Muni d’un permis de séjour, un mendiant qui ne trouble pas l’ordre public peut tendre la main.

Novembre 2007 En réaction à la présence soutenue de Roms à Lausanne, le député UDC François Brélaz dépose un postulat au Grand Conseil, demandant d’étudier l’opportunité de prendre des mesures, voire d’interdire la mendicité. Refus du plénum au printemps suivant.

Février 2008 A Genève, la mendicité excite le parti MCG. Le député radical Olivier Feller amène la question dans le canton de Vaud en déposant une motion visant également une interdiction. A l’automne, les libéraux et la gauche enterreront ce texte.

Octobre 2009 L’afflux de Roms, mendiant parfois avec des enfants, amène la mendicité au cœur des discussions du Conseil communal lausannois, à l’instigation de l’UDC. Durant près d’une année, les élus et partis s’écharperont régulièrement sur la question. Chacun ira de ses propositions pour réguler, cadrer, voire interdire la pratique, comme le souhaite l’UDC. De son côté, le municipal de la Police Marc Vuilleumier établira un rapport sur la question afin de mieux cerner le phénomène. «Pas assez approfondi!» lui signifiera plus tard le plénum. Pendant ce temps, d’autres Communes vaudoises réfléchissent aussi à une interdiction. Elle sera finalement acceptée sur la Riviera et à Renens.

Janvier 2011 A Lausanne, le Conseil communal ne suit pas l’UDC et refuse clairement d’interdire la mendicité. En pleine campagne électorale, les libéraux-radicaux décident alors de lancer une initiative communale. En mai, le texte «Stop à la mendicité par métier» aura réuni 11 500 signatures.

Juin 2012 La Municipalité oppose à l’initiative du PLR un projet de règlement très carré afin de cadrer et non pas d’interdire la mendicité.

Janvier 2013 Le contre-projet municipal lausannois est accepté, après deux longues soirées de débat. Cette interdiction seulement partielle relance le débat au niveau cantonal, via une motion de l’UDC François Brélaz. Elle sera de justesse rejetée. Le parti agrarien décide alors de lancer une nouvelle initiative cantonale antimendicité.
G.CO.

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