L’ultra-minoritaire Hildbrand traverse sa première tempête

PolitiqueLe seul représentant PLR de l’Exécutif lausannois se trouve très exposé à la tête de la police. Sera-t-il bientôt le nouvel Olivier Français?

Elu en 2016 à la police, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand a fait face ces dernières semaines à de nombreuses critiques, comme autrefois son prédécesseur Olivier Français.

Elu en 2016 à la police, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand a fait face ces dernières semaines à de nombreuses critiques, comme autrefois son prédécesseur Olivier Français. Image: CHRISTIAN BRUN/A

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Deal de rue, nouveau commandant de police, méthodes policières, taxis: les sujets chauds n’ont pas manqué ces dernières semaines pour le municipal lausannois Pierre-Antoine Hildbrand. Le seul représentant de la droite à la Municipalité a été pris pour cible au Conseil communal par la majorité de gauche, qui l’a accusé tour à tour de montrer un esprit militariste dans son offre d’emploi pour le nouveau chef de la police ou, au contraire, de faire preuve de laxisme face aux dealers.

Comme Olivier Français autrefois, Pierre-Antoine Hildbrand semble être devenu le punching-ball du corps délibérant, responsable d’un dossier sensible dont les différents volets s’invitent à chaque débat. Mais, contrairement à son prédécesseur qui dénonçait l’«arrogance» de la majorité (lire ci-dessous), le nouveau minoritaire de Lausanne paraît s’accommoder de son sort. Et même confortablement: «Je me sens bien, dit-il, et je n’ai jamais eu autant de plaisir.»

«J’ai été déçu»

Parmi les conseillers communaux qui se sont montrés critiques, le socialiste Benoît Gaillard n’est pas en reste. Peu avant l’accélération de la crise sur le deal de rue, dénoncé entre autres par le cinéaste Fernand Melgar, Benoît Gaillard avait déploré un manque de réaction du municipal de Police. Plus récemment, il s’en est pris à Pierre-Antoine Hildbrand lors d’un débat sur les taxis, accusant l’édile PLR de ne pas répondre à ses questions et de se défausser derrière sa casquette de président de l’association intercommunale qui gère le dossier.

«C’est vrai que j’ai été déçu de ses réponses, commente aujourd’hui Benoît Gaillard. Nous avions travaillé ensemble sur les taxis lorsqu’il était encore conseiller communal et j’avais donc des attentes plus élevées.» Mais le socialiste s’empresse de nuancer: «Malgré tout, Pierre-Antoine Hildbrand est un homme de dialogue et je ne pense pas que l’on s’achemine vers le même schéma que du temps d’Olivier Français.»

Dans la même idée, le président du Parti socialiste lausannois (PSL), Denis Corboz, loue «l’humour, le charme et les valeurs républicaines» du municipal PLR. Fallait-il pour autant lui refiler la patate chaude de la police? «Lors de la campagne de 2016, justifie Denis Corboz, le PLR disait, dans un esprit très sécuritaire, vouloir se réapproprier l’espace public.» Le président du PSL fait observer qu’aujourd’hui, comme par le passé, lorsque Grégoire Junod tenait ce dicastère, les choses ne sont pas faciles: «C’est pourquoi Grégoire Junod ne le lâche pas.» Le syndic s’est en effet publiquement impliqué au plus chaud de la mêlée, notamment en juin, lors d’une émission de Mise au Point, pour défendre les choix opérés contre le deal à Lausanne.

«Les objectifs sont atteints»

À la tête du PLR lausannois, Philippe Miauton n’est pas inquiet. Le conseiller communal juge même «logiques» les attaques de la gauche, et en particulier de l’extrême gauche: le municipal popiste Marc Vuilleumier avait été très vertement critiqué en 2012 pour sa gestion de la police… Le PLR, continue Philippe Miauton, a souhaité obtenir un dicastère important, porteur de résultats concrets pour la population: «Et je précise que les mesures récentes prises pour éloigner les dealers étaient en préparation depuis longtemps.» Bien avant la charge sonnée par Fernand Melgar. À cet égard, Pierre-Antoine Hildbrand jure («Je peux le prouver!») que c’est bien le cas. Et constate que les «objectifs limités» sont pour l’heure atteints.

Alors quoi? Le Conseil communal «surjoue»-t-il son rôle parlementaire, comme l’affirment plusieurs interlocuteurs, dont Pierre-Antoine Hildbrand? La question reste ouverte. Comme le formule le PLC Valentin Christe, l’important sera de voir sur quoi débouchent ces passes d’armes: «Il faut attendre d’avoir un bilan.» Le plan d’éloignement des dealers de rue commence juste. La bonne marche des affaires dépendra peut-être aussi, même si la direction politique demeure déterminante, de la personne qui reprendra le commandement de la police. Tout un programme pour le municipal Hildbrand. (24 heures)

Créé: 09.07.2018, 17h40

La solitude d'Olivier Français

Peu avant son départ, le municipal PLR des Travaux, Olivier Français, s’était confié. À la tête d’un dicastère mammouth, lui aussi seul représentant de l’opposition à l’Exécutif, l’édile avait avoué s’être senti isolé.

En Municipalité, il avait parfois claqué la porte et souffert d’un sentiment de solitude. Au Conseil communal, il se disait très exposé face à des élus cassants.

Aujourd’hui, les conseillers communaux mesurent une différence considérable entre la personnalité accommodante de Pierre-Antoine Hildbrand (certains y voient même un manque de pugnacité) et le caractère sensible de l’ancien chef des Travaux.

Une autre chose a changé aussi: une nouvelle forme de management a émergé en Municipalité avec une organisation plus transversale. Les édiles sont au courant des dossiers de chacun et le syndic entretient les liens. Marathonien de longue date, l’UDC Jean-Luc Chollet l’admet: «Je reconnais que Grégoire Junod veille sur ses municipaux, y compris à droite.»

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