A l’UNIL, le prochain recteur sera peut-être une rectrice

ElectionL’Uni de Lausanne est à un tournant de son histoire, avec 2 femmes parmi les 3 candidats déclarés à la succession de Dominique Arlettaz.

A Dorigny, dans l’ambiance studieuse des examens de fin de semestre, le Conseil de l’Université examine les candidatures.

A Dorigny, dans l’ambiance studieuse des examens de fin de semestre, le Conseil de l’Université examine les candidatures. Image: JEAN-LUC BARMAVERAIN

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L’Université de Lausanne va-t-elle suivre les traces de celles de Neuchâtel, de Fribourg et de Bâle, et se doter d’une rectrice pour succéder au recteur sortant, Dominique Arlettaz? Ce qui est sûr, c’est que, parmi les trois candidats officiellement retenus, il y a deux femmes. Et que l’élection qui aura lieu jeudi prochain à Dorigny est un moment clé pour l’institution de formation et de recherche.

Pour l'été 2016

Dominique Arlettaz, après deux mandats et près de dix ans à la tête de l’alma mater, a choisi de ne pas continuer. C’est donc au Conseil de l’Université, sorte de parlement interne qui regroupe des représentants des corps professoral, estudiantin, intermédiaire (assistants et maître d’enseignement et de recherche), administratif et technique, de désigner l’un des trois candidats et de soumettre son choix pour approbation au Conseil d’Etat vaudois. Le nouveau recteur ou la nouvelle rectrice entrera en fonctions durant l’été 2016 pour un mandat d’au moins quatre ans.

La commission de sélection avait retenu quatre candidats. L’un d’entre eux, le doyen de la Faculté des géosciences et sciences de l’environnement, classé en quatrième position par la commission, s’est par la suite désisté. Restent donc le sociologue du sport Fabien Ohl, bientôt ex-doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques (SSP), la biologiste et spécialiste du séquençage de l’ADN Nouria Hernandez, directrice du Centre intégratif de génomique de l’UNIL, deuxième ex aequo avec Fabien Ohl. Et au premier rang, la spécialiste du cyberrisque Solange Ghernaouti, qui fut la première femme nommée à Lausanne en HEC (économie), en 1987.

Candidatures externes écartées

«Il y a eu des candidatures externes, précise Carine Carvalho, présidente du conseil. Elles n’ont pas été retenues. Le profil annonçait qu’il fallait une parfaite connaissance du monde universitaire suisse et international, et du milieu politique, social et culturel vaudois et suisse. Les candidats internes avaient de ce point de vue une longueur d’avance.» Pour l’emporter lors du vote, il faudra passer une audition devant le conseil, lors d’une séance qui ne sera pas publique, et réunir au moins 22 voix sur 42 (la majorité absolue). Si l’on n’y arrive pas, la procédure fera un pas en arrière et il faudra reprogrammer un vote lors d’une séance ultérieure, avec éventuellement d’autres candidats ou des candidats supplémentaires.

Parmi les «concurrents», Fabien Ohl déclare ne pas vouloir s’exprimer publiquement avant la séance qui va conduire à désigner un des trois candidats. Il a pour lui le fait d’avoir dirigé une faculté d’une taille importante, au sein de laquelle le débat est souvent vif. Débat qui fait aussi qu’il n’a pas que des soutiens en SSP.

Solange Ghernaouti, elle, ne craint pas de s’exprimer ouvertement. «J’envisage une institution académique collégiale et unie dans le respect des diversités de chaque faculté, affirme-t-elle. De par ma spécialisation, je peux apporter mes compétences dans le domaine du numérique et mener un management stratégique qui soit aussi un management des risques et des opportunités associés aux nouvelles technologies.»

Elle se décrit comme adepte de la transparence, soucieuse du bon usage des deniers publics et de l’égalité des chances au sein du monde académique. Mais, dans les couloirs de Dorigny, on murmure qu’elle n’a pas l’appui d’une partie de sa faculté, tout particulièrement du décanat actuel, encore en place pour quelques semaines. Ce à quoi elle répond avec le sourire que «nul n’est prophète en son pays» et affirme n’avoir aucun problème à travailler en équipe, témoins son parcours académique et ses nombreuses collaborations avec d’autres universités et divers partenaires en Suisse et à l’international.

Une Uni en plein développement

Quant à Nouria Hernandez, elle est à la tête d’un centre qui compte quelque 200 collaborateurs et gère un budget conséquent. Elle trouve «enthousiasmante» l’idée de pouvoir diriger une organisation telle que l’Université de Lausanne, qui s’est beaucoup développée ces dernières années et qui a acquis une certaine indépendance dans sa gestion. «Je ne serais bien évidemment pas seulement la représentante de ma discipline, continue-t-elle. Durant ces dix dernières années, je dois avouer que je n’ai pas eu, ni pris le temps de partir à la découverte des autres facultés. Si je suis élue, j’aurai près d’une année pour commencer à le faire, avant l’entrée en fonctions. Je suis attachée à l’UNIL, parce qu’elle m’a permis de revenir en Suisse après les Etats-Unis. Et je suis convaincue que cette institution a encore un grand potentiel.» Elle ajoute être très intéressée à poursuivre les efforts déjà engagés par l’Université pour le développement durable, que ce soit au niveau de la gestion du campus, de la recherche ou de l’enseignement.

No comment

Au gouvernement vaudois, la ministre de l’Education, Anne-Catherine Lyon, se garde de tout commentaire pour ne pas influencer la procédure et respecter l’autonomie de l’Université. Du côté des étudiants, leur association faîtière, la FAE, ne livre pas non plus d’appréciation sur les candidats, tout en soulignant que la collaboration avec le recteur sortant a été bonne. Et du côté des professeurs, l’esprit de corps est souvent remplacé par les opinions individuelles et par l’appartenance facultaire ou disciplinaire.

Les seuls à s’exprimer de manière substantielle avant le vote sont les représentants du corps intermédiaire. François Allisson, coprésident de l’Association du corps intermédiaire et des doctorant-e-s de l’UNIL, explique que son association a, comme la FAE, apprécié de travailler avec Dominique Arlettaz de manière constructive. Elle a donné à ses représentants au Conseil de l’UNIL des «recommandations». «En particulier, il y a un point où l’Université peut faire mieux, en se dotant de structures et de moyens pour mieux traiter les cas de harcèlement au travail, et il y en a un certain nombre à l’UNIL.» (24 heures)

Créé: 18.06.2015, 06h45

Les candidats

Nom: Fabien Ohl.

Discipline: Sciences du sport, sociologue.

Faculté: Sciences sociales et politiques.

Fonctions: Doyen, professeur ordinaire.

Parcours: Doctorat en sociologie à Strasbourg en 1991, nommé à Lausanne en 2008.

Nom: Nouria Hernandez.

Discipline: Biologie moléculaire (Faculté de biologie et de médecine).

Fonctions: Directrice du centre intégratif de génomique, professeure.

Parcours: Diplôme de l’Uni de Genève (1980), doctorat à Heidelberg (1983), à Lausanne depuis 2004.

Nom: Solange Ghernaouti.


Discipline: Informatique, (Faculté des HEC).

Fonctions: Professeure, membre de l’Académie suisse des sciences techniques.

Parcours: Doctorat à Paris VI (1986), nommée à Lausanne en 1987, vice-doyenne HEC (2004-2006).

Le sortant

Nom: Dominique Arlettaz.

Discipline: Mathématicien, rattaché d’abord à la Faculté des sciences, dissoute, puis à la Faculté des géosciences et sciences de l’environnement.

Fonctions: Professeur, recteur.

Parcours: Doctorat à l’EPFZ en 1983, professeur à Columbus (USA) en 1987, nommé à Lausanne en 1988, doyen des Sciences à l’UNIL (2000-2003), vice-recteur (2003-2006), recteur (2006-2016).

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