L’Université à la rescousse des commerces locaux

LausanneMis au défi par les nouveaux modes de consommation, onze commerçants profitent des conseils d’étudiants de l’UNIL.

Camille Barki bénéficie des conseils avisés d’étudiants en HEC, notamment sur sa manière de communiquer en ligne.

Camille Barki bénéficie des conseils avisés d’étudiants en HEC, notamment sur sa manière de communiquer en ligne. Image: VANESSA CARDOSO

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«On croit qu’un commerçant comme moi est riche parce qu’il est bien habillé, mais la situation est devenue très difficile.» Assis sur le canapé moelleux de sa boutique, rue Caroline à Lausanne, Camille Barki est aussi élégant que les vêtements de créateurs qu’il propose. Il n’empêche, en dix ans, depuis qu’il a créé l’arcade qui porte son nom, les règles du jeu ont bien changé pour le petit commerce, en particulier avec le boom des achats en ligne.

Pour lui donner un coup de pouce, à lui et à dix autres propriétaires de magasins lausannois, la Fondation City Management a lancé un projet peu commun, qui met à contribution les étudiants de l’Université de Lausanne (UNIL). C’est à son instigation qu’un nouveau cours de bachelor a été lancé, en début d’année, à la Faculté des hautes études commerciales (HEC). Intitulé «La ville de demain», il met les étudiants au défi non seulement d’analyser ce à quoi nos cités pourront ressembler dans le futur, mais aussi de proposer des stratégies pour faire face à ces changements. Leur terrain pour les travaux pratiques: la ville de Lausanne.

Coaching gratuit

«Nous cherchions un moyen de proposer des solutions concrètes à des commerçants qui font face à des problèmes complexes», explique Helena Druey, secrétaire générale du City Management. Par groupes, les étudiants qui participent au cours se voient assigner un commerce, avec pour objectif de l’aider à répondre à un défi précis, le tout gratuitement.

Comment faire face aux changements sociétaux liés aux tendances alimentaires? Comment communiquer de façon efficace afin d’éveiller le sentiment citoyen? Comment apprendre aux commerçants à utiliser positivement Internet plutôt que se battre contre lui? Comment enrayer la disparition du savoir-faire? Du restaurateur au lunetier en passant par le tailleur pour hommes, les commerçants alignent chacun des questions auxquelles la jeune génération est susceptible de répondre.

«On observe depuis quelques années une rupture dans les manières de consommer. Les étudiants de HEC sont les clients d’aujourd’hui et de demain. Ils sont porteurs de ces nouvelles habitudes», commente Helena Druey. «Mon défi est d’apprendre à mieux communiquer aujourd’hui auprès d’une nouvelle clientèle», détaille Camille Barki. S’il dispose déjà d’un site Internet, d’un compte Instagram et d’une page Facebook, développer sa communication numérique lui paraissait nécessaire, mais chronophage. «En tant que petit commerçant, je fais déjà tout dans ma boutique! Mais les étudiants m’ont démontré que ce n’était pas un tel surplus de travail.» Parmi les idées simples qu’il a pu glaner: se montrer davantage en personne sur les réseaux sociaux, inviter des jeunes à prendre la pose avec ses lignes de vêtements, ou encore éviter de renvoyer depuis son site aux plateformes de vente en ligne de ses créateurs en vitrine.

«Les étudiants sont les clients d’aujourd’hui et de demain. Ils sont porteurs de ces nouvelles habitudes»

«Nous avons demandé aux étudiants d’apporter des idées demandant peu d’investissements, appuie Helena Druey. Le petit commerce n’a pas les moyens de tapisser les murs d’écrans. Ils ont besoin de solutions accessibles et qui fidélisent le client.» Fabrice Leclerc, chargé de cours à HEC Lausanne, qui a développé ce cours un peu spécial, est sur la même longueur d’onde: «Ce n’est pas la technologie qui est importante, c’est ce que l’on en fait.»

En salle de séminaire, à l’université, quelques étudiants s’enthousiasment pour les magasins sans caissières récemment lancés par Amazon aux États-Unis. Est-ce l’avenir pour nos magasins lausannois? Fabrice Leclerc modère leurs ardeurs: «C’est une technologie qui pousse à la consommation, mais est-ce une avancée humaine? Quel est son sens et sa vision? La vague digitale nous pousse au contraire à redécouvrir l’importance des échanges humains, également dans le commerce.» Dans sa boutique, Camille Barki en est plus que jamais convaincu: «Y compris à travers les réseaux sociaux, il faut avant tout donner aux clients l’envie de faire une expérience personnelle dans nos magasins.»

Créé: 21.04.2018, 12h40

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