Ils vantent la langue de Cervantès depuis 1985

ThéâtreLe Grupo de Teatro Español de Lausanne fête son anniversaire en jouant une pièce de José López Rubio. Portrait d’une troupe atypique.

La troupe répète une fois par semaine d’octobre à avril et se produit chaque année en Suisse et en Espagne.

La troupe répète une fois par semaine d’octobre à avril et se produit chaque année en Suisse et en Espagne. Image: PATRICK MARTIN

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«Lors de la création de la troupe, en 1985, nous étions douze membres. Principalement des personnes de ma famille», explique Rafael Sancho, l’un des fondateurs du Grupo de Teatro Español de Lausanne (GTEL). Aujourd’hui constitué en association à but non lucratif, le GTEL compte une cinquantaine de membres de plusieurs nationalités différentes. «Il y a bien entendu une majorité d’Espagnols, mais aussi des Latino-Américains, des Allemands, des Suisses, une Autrichienne, etc.»

Car nul besoin d’être un secundo pour intégrer cette joyeuse équipe. Mieux vaut tout de même parler la langue de Cervantès et apprécier la littérature hispanophone. La Valaisanne Coralie Praz a rejoint la troupe en 2010, puis l’a quittée en 2013 pour aller s’installer en Espagne. Elle explique: «Je n’étais pas bilingue mais j’avais déjà un bon niveau d’espagnol. J’ai intégré le GTEL par amour pour la langue et la culture de ce pays, mais aussi parce que je souhaitais ne pas oublier mes acquis du collège.» La jeune femme a participé à trois pièces, deux derrière le rideau en tant que souffleuse et une dans un petit rôle.

«Les comédiens ont des dialectes et accents différents. Entre nous, on essaie de parler le castillan. Ça permet de rafraîchir le vocabulaire»

Pour Patricia Vicente, qui a rejoint la troupe il y a huit ans, jouer dans sa langue maternelle est un vrai plaisir: «Je suis originaire de Galice, je suis arrivée en Suisse à l’âge de 3 ans et demi. J’ai fréquenté l’école espagnole mais je ne connaissais pas beaucoup d’auteurs de théâtre. Le GTEL me permet de les découvrir et la troupe est devenue une véritable famille.» Et Rafael Sancho de préciser: «Les comédiens ont des accents et des dialectes différents. Entre nous, on essaie quand même de parler le castillan. Ça permet de rafraîchir le vocabulaire.»

L’aventure commencée en 1985 est partie d’une pièce écrite par Rafael Sancho sur la problématique des jeunes de deuxième génération. Pièce reprise en France et traduite en arabe. De là, l’envie de monter sur scène. «Je suis arrivé ici en 1963, à l’âge de 14 ans. J’étais pratiquement analphabète», se souvient Rafael Sancho. Aujourd’hui, grâce à sa ténacité, le GTEL répète une fois par semaine d’octobre à avril et présente une pièce par année. «Nous jouons dans plusieurs salles de Suisse mais aussi en Espagne.» Le public, très hétéroclite, répond présent depuis trente ans.

Créé: 01.05.2015, 17h09

Une pièce sur la vie et la mort

Pour marquer les 30 ans du GTEL, Rafael Sancho
a choisi une comédie noire de José López Rubio. «Depuis la naissance de la troupe, plusieurs membres sont décédés. J’ai donc cherché une pièce qui parle de la vie et de
la mort pour rendre hommage à ceux qui ne sont plus là.»
La Otra Orilla (l’autre rive) commence avec le meurtre d’un couple d’amants par le mari de madame. Ce dernier se fait également abattre par la police. Les défunts se retrouvent dans une sorte de purgatoire et entendent ce que les vivants pensent d’eux… Cette comédie mise en scène par Rafael Sancho accapare dix acteurs.


«La Otra Orilla»
comédie de José López Rubio, par le GTEL, le sam 2 mai à 19 h 30 à l’Aula des Bergières, à Lausanne.
Adulte 20 fr. Gratuit pour les moins de 16 ans. Vente sur place.
www.gtel.ch

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