Les veines des doigts garantissent une identification infalsifiable

EPFLUne start-up suisse a conçu une solution d’identification inviolable: la reconstitution du réseau veineux en trois dimensions.

L’image des veines n’est pas transmise en clair grâce à une cryptographie de pointe pensée pour protéger la sphère privée.Explications en vidéo
Vidéo: ANETKA MÜHLEMANN

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À l’heure du tout numérique, que ce soit pour payer ses factures en ligne, déverrouiller son smartphone ou encore pour passer les différents points de contrôle des aéroports, la problématique de l’identification est au cœur de la société 4.0. Une omniprésence technologique qui n’est pas sans risque, puisque en cas de système d’identification pas assez fiable, entre usurpation d’identité, cybercriminalité et autres vols de données, les conséquences peuvent être lourdes.

C’est dans ce contexte délicat que la start-up Global ID annonce rien de moins qu’une «solution d’identification infalsifiable»: en reconstituant numériquement les veines d’un doigt en trois dimensions. Trois institutions de pointe - l’IDIAP Research Institute, la HES-SO Valais et l’EPFL - ont collaboré pour développer ce dispositif, une première mondiale.

Le réseau veineux étant unique, il ne peut être répliqué. A fortiori en trois dimensions. «À l’inverse des empreintes digitales qu’on laisse sur n’importe quel objet que l’on touche et qui peuvent donc être extraites facilement, on ne laisse jamais la trace de nos veines», illustre Serge Vaudenay, directeur du laboratoire de sécurité et de cryptologie (LASEC) de l’EPFL. Cette dimension active - et consentie - du test (dans lequel il s’agit d’insérer le doigt dans un boîtier où il est scanné) se veut également un rempart contre les dérives qui touchent par exemple la reconnaissance faciale. La Chine y aurait recours pour traquer et surveiller les Ouïgours. Pour ne pas tomber dans de tels travers et pour protéger les libertés civiles, en début de semaine, San Francisco est devenue la première ville américaine à imposer des limites à la pratique de la reconnaissance faciale.

En test à l’Hôpital du Jura

Vendredi matin, face à la presse, la start-up a présenté les applications possibles de son invention (paiement sécurisé, déverrouillage des accès, authentification d’identité), mais aussi quelques acteurs intéressés.

Ambassadeur du Cameroun en Suisse, Léonard Henri Bindzi a ainsi expliqué que le dispositif serait idéal pour créer un registre d’état civil fiable à ses 26 millions de compatriotes. Plus près de nous, Gianni Imbriani, directeur informatique de l’Hôpital du Jura a lui aussi vanté le scanner.

«L’empreinte digitale a ses limites d’autant que la moindre des petites entailles au doigt est vite un problème. À l’inverse, la machine de Global ID permet même de scanner les veines à travers des gants de chirurgiens»

Et pour cause, l’établissement hospitalier le teste actuellement, afin de se plier au projet eHealth. Un programme de numérisation du système de santé dans lequel la Confédération impose aux hôpitaux la mise en place d’une solution d’authentification forte pour accéder aux données des patients. «L’empreinte digitale a ses limites d’autant que la moindre des petites entailles au doigt est vite un problème. À l’inverse, la machine de Global ID permet même de scanner les veines à travers des gants de chirurgiens», indique le responsable. Qui précise encore que le dispositif respecte la très sensible question de la protection des données dans le domaine médical. «Le patient peut choisir quel médecin est autorisé à avoir accès à quelles données.»

Le côté «tout-terrain» du scanner pourrait également lui permettre d’être déployé en zone de guerre ou de crise, a souligné de son côté Mario Martino, directeur commercial chez Atos. L’entreprise, active dans la cybersécurité, est partenaire de la start-up pour l’intégration et la maintenance des scanners chez ses clients.

Côté commercial, le géant de l’électronique Sony a montré son intérêt pour le produit et les responsables de Global ID font actuellement le tour de tous les salons hi-tech du monde pour présenter leurs solutions. «La phase purement commerciale débutera l’an prochain avec des prix oscillant entre 500 et 700 francs le scanner. D’ici là, nous continuons le processus de miniaturisation du produit. D’ici deux ans, nous serons en mesure de l’installer sur des smartphones», indique Lambert Sonna, CEO de Global ID. Pour remplir ses objectifs, l’entreprise, qui a déjà pu compter sur un soutien de 1 million, de la part du Canton et de la Confédération, lance un tour de table pour lever 6 millions d’ici à l’automne (24 heures)

Créé: 18.05.2019, 08h13

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