Les fans de manga font leurs emplettes à Lausanne

Culture japonaiseJapan Impact investit l’EPFL ce week-end. La capitale vaudoise compte deux des rares magasins spécialisés en Suisse romande.

Sylvain Vautravers a ouvert le magasin Tanigami au milieu des années 1990, à la rue du Midi.

Sylvain Vautravers a ouvert le magasin Tanigami au milieu des années 1990, à la rue du Midi. Image: VANESSA CARDOSO

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L’an dernier, Polymanga rassemblait 42 000 personnes à Montreux. Ils seront nombreux, ce week-end, à rallier l’EPFL pour «l’autre» grande convention romande dévolue à la culture japonaise: Japan Impact. L’événement a attiré 8000 visiteurs en 2017 contre 2000 à ses débuts, il y a dix ans.

Si l’engouement pour l’univers manga et la japanimation ne faiblit pas, les boutiques spécialisées se comptent sur les doigts d’une main en Suisse romande. Deux magasins de référence ont pignon sur rue à Lausanne depuis plus d’une vingtaine d’années. Tanigami, à la rue du Midi, et Mix-Image, à Pépinet.

Le premier est sponsor de Japan Impact, le second préfère tenir un stand à Polymanga. À chaque convention ses fidèles et ses détracteurs. «Polymanga totalise plus de visiteurs mais Japan Impact est plus convivial, moins commercial, juge un amateur de manga trentenaire. Je suis supercontent qu’ils reviennent à l’EPFL. À Beaulieu, ils avaient perdu ce côté bon enfant.»

Clients de toute la Suisse

«Ces conventions n’ont pas vraiment de conséquences sur les ventes, relève Sylvain Vautravers, patron de Tanigami à Lausanne et à Genève. L’essentiel est d’être présent; de se faire connaître.» Son magasin croule sous les mangas mais aussi les films d’animation, les séries, les figurines, les peluches, badges et autres produits dérivés. «C’est un marché de niche. La base, ça reste les mangas. Mais je ne pourrais pas tourner qu’avec cela; il faut proposer des goodies. À elles seules, les cartes à collectionner comme Pokemon, Weiss Schwarz ou Final Fantasy représentent une grosse partie de mon chiffre d’affaires.»

Son principal concurrent ne s’appelle pas Internet mais Fnac. «Ils cassent les prix. Ma force, c’est le choix et le conseil.»

Point de trace, en rayon, d’articles cosplay , prisés par les adeptes de culture pop nipponne qui se transforment en leur héros. «Les gens préfèrent acheter des déguisements bon marché sur Internet, explique Maxime Rathle, membre du comité d’organisation de Japan Impact. Les vrais cosplayeurs, les passionnés, confectionnent eux-mêmes leur costume.» «J’ai essayé d’en vendre à une époque mais il faut avoir le bon personnage, de la bonne série, dans la bonne taille… C’est compliqué. Et c’est cher», conclut Sylvain Vautravers.

Il dépeint une clientèle de tous âges (surtout entre 10 et 25 ans) qui vient de loin: Valais, Jura, Fribourg et même Zurich. «Le fait d’avoir deux magasins spécialisés à Lausanne aide, je pense, à attirer les gens.»

Temple de la pop culture

Il fait référence à Mix-Image: plus de 600 m2 dédiés à la pop culture, en plein centre-ville. «Le grand magasin du genre en Europe», se targuent les associés Ryan Ghazraoui et Tayfun Gür Nguyen. Leur boutique est en pleine expansion; une franchise ouvrira à Yverdon le mois prochain. L’espace détente et jeux, au dernier étage, est en train de se muer en véritable centre de loisirs.

La clientèle a bien changé depuis le déménagement de Mix-Image à Pépinet, il y a trois ans. «Au début, nous avions surtout des habitués très geeks, se souviennent les gérants. On voulait devenir plus grand public. C’est le cas aujourd’hui. Le marché du manga a changé. Il s’est démocratisé, notamment grâce au succès de Pokemon.»

Pour devenir «le magasin de jouet 2.0», Mix-Image ratisse large et lorgne l’univers Lego et Disney. «Tout en gardant des produits ciblés, précisent les gérants. Les modes changent très vite dans le manga, il faut se tenir au courant des tendances et être réactif. On avait misé sur One- Punch Man avant le buzz qui a suivi sa sortie, par exemple. On avait vu juste.» Un repérage pointu requiert une lecture assidue. Ryan Ghazraoui et Tayfun Gür Nguyen avalent plusieurs mangas par jour. «Pas le choix: il y a 300 sorties par mois.» (24 heures)

Créé: 16.02.2018, 07h37

Karaoké et cosplay

Après une incursion à Beaulieu, la convention Japan Impact revient sur sa terre natale à l’EPFL, ce week-end. C’est la 10e édition de cet événement à but non lucratif créé par une association d’étudiants passionnés par la culture japonaise. Les organisateurs annoncent des ateliers culturels (cours de langue, furoshiki, jiko-shokai, kokedama, kumihimo), des concerts, des conférences, des projections de films d’animation, des démonstrations d’arts martiaux, des sessions karaoké, des concours de déguisements cosplay… Pour fêter le 10e anniversaire de la manifestation, un défilé cosplay spécial réunira samedi sur scène les champions et finalistes des éditions précédentes (de 17 h à 18 h 30).

Japan Impact, 17 et 18 février. Programme détaillé sur https://japan-impact.ch

Sylvain Vautravers a ouvert le magasin Tanigami au milieu des années 1990, à la rue du Midi. (Image: VANESSA CARDOSO)

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