Trop vieux, ils se font contrôler sur le campus

Université de LausanneDeux étudiants d’origine étrangère ont dû présenter leur carte d’identité pour un «comportement suspect».

Guillermo Fernandez (à dr.) accompagné de Abdel Hay Ahmed à l’endroit où ils ont été contrôlés.

Guillermo Fernandez (à dr.) accompagné de Abdel Hay Ahmed à l’endroit où ils ont été contrôlés. Image: Patrick Martin

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Etudiant à l’UNIL, Guillermo Fernandez ne digère toujours pas ce qu’il a entendu sur le campus, mercredi dernier. «On nous a signalé que vous aviez un comportement suspicieux (sic)», lui a asséné un vigile lors d’un contrôle d’identité effectué au beau milieu de la journée. Une interpellation qui laisse Guillermo dans l’incompréhension. Ce jour-là, il rejoignait simplement le bâtiment Internef en marchant depuis la bibliothèque, accompagné d’un ami inscrit à la Faculté de droit, comme lui, Abdel Hay Ahmed.

En quoi leur comportement était-il suspect? Mystère. Pour Guillermo Hernandes, c’est cette absence d’explication qui donne une désagréable impression. Celle d’avoir été la cible d’un contrôle «au faciès». Lui-même Suisse, il est en effet d’origine mexicaine, et son ami est Anglais aux racines égyptiennes. «Je ne suis pas contre les contrôles d’identité, mais on ne peut pas accepter qu’ils soient ciblés ou discriminatoires», s’insurge l’étudiant.

Du côté de l’Université, on confirme que des contrôles sont bel et bien effectués tous les jours sur le campus: il s’agit d’un territoire privé à usage public. Mais l’origine des personnes n’est en tout cas pas un critère, en particulier dans une institution qui rassemble 120 nationalités. «S’il y a bien un endroit ouvert, c’est Dorigny, explique Géraldine Falbriard, porte-parole de l’institution. Nous sommes désolés que ces étudiants aient vécu les choses ainsi.» Selon elle, si les deux hommes se distinguaient, c’est notamment par leur âge. Effectivement, Guillermo et son ami ont tous deux plus de 35 ans, un peu plus sans doute que l’étudiant moyen. Quant à la formule employée par le vigile, il faudrait la mettre sur le compte d’un manque de doigté.

Contrôles aléatoires

Pascal Baehler, directeur du service sécurité, environnement et prévention va toutefois plus loin pour exclure toute discrimination. Selon lui, les contrôles d’identité se font de manière complètement aléatoire, sans critères d’origine, d’âge ou de sexe. Tout au plus les agents, employés par l’Université, sont-ils informés qu’il y a recrudescence d’infractions dans les voitures, ou de vols.

Un cas isolé et des intentions mal interprétées, donc. Si pour Guillermo, c’était le premier, et funeste, contrôle d’identité, cette pratique est pourtant connue et n’a pas causé de remous – jusqu’ici. «Nous n’avons pas connaissance de plaintes concernant des contrôles au faciès», déclare ainsi Olia Marincek, secrétaire générale de la Fédération des associations d’étudiant-e-s de l’UNIL. Même son de cloche du côté du Syndicat SUD Etudiants et Précaires, pour qui les contrôles d’identité n’ont malgré tout pas leur place sur le campus: «On va de plus en plus vers une restriction de l’espace public universitaire, regrette un de ses membres, Arthur Auderset. Il y a déjà des campus où on ne peut plus entrer sans avoir de carte d’étudiant ou d’invitation!»

Créé: 01.02.2016, 21h24

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