Lausanne récompensée pour sa vision des potagers urbains

JardinsLe prix Schulthess des jardins 2015 a été décerné aux plantages communautaires de la capitale vaudoise.

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«Avec ses plantages, la ville de Lausanne fait office de pionnière en la matière au niveau suisse car elle a initié ce projet il y a presque vingt ans, explique Patrick Schoeck de Patrimoine suisse. D’autres projets existent au Tessin ou en Suisse allemande, mais ne sont qu’à leurs débuts. La diversité des plantages présents sur le territoire lausannois ainsi que leur qualité et leur biodiversité nous ont séduits.»

Doté de 25'000 francs, ce prix permettra à la ville d’investir dans des nouveaux projets du même type. A savoir des parcelles divisées en lopins de surfaces variables et mis à la disposition de particuliers afin qu’ils y cultivent fruits et légumes biologiques. «Depuis le début de la législature, nous en avons inauguré un par année, se réjouit Florence Germond, directrice des finances et du patrimoine vert. Le dernier en date, celui de l’avenue de Cour vient de sortir de terre et un plantage est à l’étude à l’avenue de la Borde. Il devrait voir le jour en 2016.»

Les douze parcelles disséminées sur le territoire lausannois ont une taille qui varie entre 2310 m2 pour la plus grande (celle du Désert) et 130 m2 pour la plus petite (celle du parc de la Solitude). Elles permettent à plus de 350 planteurs d’y cultiver herbes aromatiques, fruits et légumes. Les cultures doivent être biologiques. La ville dispense d’ailleurs une série d’ateliers pour permettre aux néophytes de se familiariser avec le purin d’orties et autres pièges à limaces.

Patrimoine suisse n’a pas uniquement été séduit par la biodiversité des plantations: «Les différents groupes sociaux, des bobos aux immigrants, se retrouvent et créent un lien», poursuit Patrick Schoeck. C’est d’ailleurs pour cela également que la ville a à cœur de créer de nouveaux plantages dans les quartiers sensibles. Yves Lachavanne, Chef du bureau d’études et projets Service des parcs et domaines d’ajouter: «Les plantages sont un véritable lieu de partage. Ils sont situés proches des immeubles et les gens qui les cultivent doivent vivre à moins de cinq minutes à pied. Cela permet à des voisins de se rencontrer parfois pour la première fois.»

Démarche participative

Les douze plantages ont des caractéristiques assez différentes. Celui de Valency, inauguré l’an dernier, a été réalisé avec la participation de l’association Equiterre selon une démarche participative. Alors que dans les autres potagers, la ville se charge de labourer, d’amener l’eau et de préparer les parcelles qu’elle distribue, à Valency se sont les planteurs qui ont mis la main à la pâte. Natacha Litzistorf, présidente d’Equiterre, ne tarit pas d’éloge sur les avantages de ces potagers communautaires: «La nature en ville améliore grandement la qualité de vie des habitants. Et les plantages sont des projets à très haute valeur ajoutée. Tout d’abord pour l’environnement. Equiterre travaille avec Pro Specie Rara ce qui permet d’augmenter la biodiversité. Puis pour la sécurisation des quartiers, les déprédations sont rares et la police remarque qu’elle intervient moins dans certains quartiers plus problématiques lorsqu’un projet de ce type voit le jour. Enfin pour l’économie des ménages. Une étude française a montré que cultiver une parcelle suffisamment grande équivaut à un 13e salaire!»

Sans oublier que cultiver ses propres verdures est un passe-temps apaisant quelque soi l’âge du jardinier et sa condition physique. Au plantage des Cerisiers, la ville a pensé aux personnes à mobilité réduite et aux plus âgées en installant des bacs surélevés. A Florency et à Praz-Séchaud, l’Entraide protestante suisse a mis sur pied un projet d’intégration permettant d’accueillir des personnes migrantes. Ce sont principalement des réfugiés qui peuvent ainsi créer des liens avec le voisinage.

A l’avenue de Cour, arbres fruitiers et maison à abeilles sont disposés sur les abords communs des parcelles. Le Centre de vie enfantine de Cour, composé d’une UAPE et d’un jardin d’enfants, en a loué une de 12 m2. Les petits de 3 à 6 ans vont pouvoir faire pousser leurs premiers radis et les ramener à la maison. «C’est important de sensibiliser les enfants à l’agriculture biologique et de permettre des échanges avec le voisinage», explique la directrice Olivia Franc.

Victimes de leurs succès, les parcelles des différents potagers trouvent vite preneurs et les listes d’attente sont longues. Seul un déménagement ou la lassitude d’un planteur peut permettre à de nouveaux cultivateurs du quartier d’y planter leurs semis. (24 heures)

Créé: 21.04.2015, 17h41

En chiffres

1996

C’est l’année de la réalisation du tout premier plantage, celui de Boissonnet. Il fait 1246 m2 et accueille 26 planteurs.

14'850

Ce sont le nombre total de mètres carrés cultivables grâce à ces douze potagers communautaires.

3

C’est en francs le prix du mètre carré que les planteurs doivent payer annuellement à la ville de Lausanne pour profiter de leur lopin de terre.

6

C’est la surface de la plus petite parcelle. La plus grande atteint 48 m2. Le but est d’offrir de petits terrains afin de contenter un maximum de gens.

40

C’est le nombre de nouveaux planteurs auxquels qui la ville vient d’attribuer une parcelle sur le tout nouveau plantage de l’avenue de Cour.

50'000

C’est, en francs, le crédit annuel dont dispose le Service des parcs et domaine pour ses plantages.

350

C’est le nombre total de planteurs qui disposent aujourd’hui d’une parcelle sur l’un des douze potagers de la ville.

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