Comment la Ville veut mettre ses bistrots en valeur

LausannePropriétaire de 49 établissements publics, la Ville veut les valoriser en donnant une ligne plus affirmée à ses locataires.

Les repreneurs de l’Auberge de Beaulieu devront notamment collaborer avec le Musée de l’art brut voisin. Quant au Barbare et à l’ancien Mövenpick, ils devraient pouvoir être occupés temporairement, en attendant les travaux nécessaires à leur renaissance.

Les repreneurs de l’Auberge de Beaulieu devront notamment collaborer avec le Musée de l’art brut voisin. Quant au Barbare et à l’ancien Mövenpick, ils devraient pouvoir être occupés temporairement, en attendant les travaux nécessaires à leur renaissance. Image: Patrick Martin

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L’appel d’offres public pour la reprise de l’Auberge de Beaulieu court encore pendant quelques jours. Une procédure semblable suivra pour l’ancien Mövenpick à la Riponne, ainsi que pour le mythique Barbare. Ces établissements – dont deux sont actuellement fermés – font partie des 49 adresses qui constituent le patrimoine en mains de la Ville de Lausanne. Pour la Municipalité, la remise de ces trois établissements est une occasion d’affirmer sa politique de mise en valeur, non seulement de son patrimoine mais également des produits du terroir. Un logo signalera les établissements appartenant à la Ville.

L’exemple de l’Auberge de Beaulieu illustre le propos tenu lundi par la Municipalité. La bâtisse fait partie du domaine du Château de Beaulieu. Elle est un débit de boissons depuis 1860. Le tenancier, en place depuis 2003, avait manifesté son envie de se retirer. Les discussions autour de cette fin de bail ont abouti devant le Tribunal des baux. L’établissement fermera au printemps, puis recevra un gros coup de pinceau sur les murs.

Pour la Ville, il est essentiel qu’une synergie s’établisse entre le futur gérant du restaurant et le Musée d’art brut voisin. «L’ensemble du Château de Beaulieu doit fonctionner comme un tout», présente la municipale Natacha Litzistorf, en charge du Logement, de l’Environnement et de l’Architecture.

Le ton est donné, il faudra faire avec les directives. Car la Municipalité veut affirmer son empreinte sur ses établissements. Cela passera par l’assiette, dans laquelle Lausanne souhaite voir figurer les produits de ses domaines. Fromages des Amburnex, vins de la Ville ou encore produits des fermes locales… «Il s’agit de forcer le trait lausannois, sans exclure la diversité, dit Natacha Litzistorf. Mais reconnaissons que ce que produit la Ville n’est pas si mal!»

Gravé dans le marbre

Cette politique qui s’affiche sous le thème de la proximité et du développement durable avait déjà cours. La nouveauté. c’est que les autorités souhaitent la rendre quasi obligatoire pour ses locataires en inscrivant cette clause dans le contrat de bail.

Il en ira de même pour la question de la remise de bail, d’un locataire à l’autre. La municipale Verte entend ainsi s’opposer à la pratique un peu floue du pas-de-porte. «Elle peut s’expliquer dans certains cas, mais c’est une pratique archaïque qui ne peut plus avoir cours chez nous», dit-elle. La Ville souhaite également se réserver un droit de regard sur le choix d’un nouveau locataire.

Cette diminution de la liberté de commerce trouve un écho favorable, même auprès de GastroVaud. «Dès lors qu’un exploitant bénéficie de l’avantage d’être locataire de la Ville, les règles du marché ne s’imposent pas complètement», estime son président, Gilles Meystre.

Alors quelle direction la Ville veut-elle imprimer aux deux autres établissements mis au concours d’idées? La chose n’est pas encore réglée. Mais pour ces lieux fermés et nécessitant de lourds travaux, Natacha Litzistorf compte laisser libre cours à des occupations temporaires. Une façon de faire vivre le Barbare et les locaux de Riponne 10 en attendant les travaux nécessaires à leur renaissance.

Créé: 06.03.2018, 06h39

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