Voir Rivaz et le lac depuis la gare de Lausanne

InstallationDurant les Fêtes, l’Atelier D. Schlaepfer illumine le grand vitrail du hall central avec un paysage de Lavaux à travers les saisons

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Rasez la gare qu’on voie Lavaux! Le slogan libertaire (un brin remanié) fait long feu cet hiver. Grâce aux Lausannois de l’Atelier D. Schlaepfer, rien besoin de raser: le grand vitrail du hall central de la gare laisse apparaître le village de Rivaz, le Léman et les Alpes, dans un diorama poétique.

«La ligne directrice des CFF, c’était: il faut que les gens arrivent devant la gare et fassent waouh!» s’amuse André Schlaepfer. Le designer travaille avec son père Daniel, artiste lausannois connu pour ses interventions dans l’espace public, dans leur atelier du Flon (lire encadré). Pour ce dernier, «il s’agissait de mettre en valeur la gare, ses espaces, denrées rares à préserver, plutôt que d’en rajouter». Dont acte. On voit dorénavant, faisant obstacle aux passagers pressés qui traversent au feu rouge, quelques nez et doigts levés, et des sourires joliment émerveillés.

Car l’effet est loin du néon flashy ou stroboscopique qui attire l’œil. En un peu plus de deux minutes, le paysage parcourt les saisons en douceur. Des verts printaniers à ceux de l’été, orages en sus. Puis viennent l’automne, son vignoble roux et les loupiotes aux fenêtres des maisons, qui réchauffent aussi les bleus froids de l’hiver. Les angles arrondis de l’image évoquent les fenêtres du train. «C’est un voyage dans le temps plutôt que dans l’espace, illustre Daniel Schlaepfer. Et l’idée qu’il n’y a pas besoin d’aller au bout du monde pour rêver.» À l’intérieur du hall, le scintillement du lac filmé à Lavaux est diffusé sur le sol.

Les fresques du Buffet

Le paysage aux trois plans rétroéclairés séparément (la vigne et le village, le lac et les montagnes, le ciel) rappelle les fresques du Buffet, peintes pour donner aux voyageurs les destinations desservies depuis la gare de Lausanne dès son ouverture, en 1916. Capturée à l’aide d’un vieux smartphone, puis agrandie (de 1,6 Mo à 50 Mo), l’image, pointilliste, prend un grain d’autant plus désuet.

C’est ce qui a séduit les CFF, qui avaient procédé à un appel d’offres. «Cette année est un peu différente pour les CFF et la gare de Lausanne: dans quelques jours, nous allons fêter la réouverture de l’aile ouest de la gare, et du Buffet, après deux ans de travaux, rappelle Steve Ruscio, responsable gares et services pour la région Ouest. Nous avions envie de marquer également le coup en matière d’animation visuelle, en proposant un concept différent que celui du Festival Lausanne Lumières.» Au concept paysager s’ajoute l’illumination chaude et horizontale des ailes est et ouest.

Le coût de l’opération n’est pas communiqué. «Cela fait partie des montants que les CFF investissent pour rendre leurs gares attrayantes auprès de leurs clients», indique simplement Steve Ruscio. On devine toutefois que l’installation au rendu délicat a nécessité de grands moyens. «On ne peut pas planter un clou dans ce magnifique hall protégé», explique Daniel Schlaepfer. Les pans de tissu imprimé chez Polygravia, au Mont, sont donc aimantés un par un au plomb du vitrail. Tout comme les quinze petites lumières de 1 watt qui évoquent les fenêtres des maisons.

En contrebas du vitrail, un gril a été installé pour accueillir cinquante projecteurs dans une implantation toute théâtrale (TMS, à Savigny). Une programmation règle le cycle des saisons. Les noctambules attentifs auront peut-être repéré le balai des nacelles, nécessaires pour atteindre les hauteurs du hall vertical d’Alphonse Laverrière, durant une dizaine de nuits de novembre. «La gare ferme entre minuit et 4 h, c’est à ce moment-là que nous pouvions travailler», explique André Schlaepfer.

L’installation sera visible jusqu’au 25 janvier puis reconduite l’an prochain, peut-être avec un autre paysage. Et pourquoi pas laisser le diorama, moins lié à Noël qu’un sapin à boules, à l’année? «Je trouverais dommage, tranche Daniel Schlaepfer. Le vitrail est tellement beau.» De quoi lever le nez en attendant que le feu passe au vert, et s’émerveiller du printemps au prochain hiver.

Créé: 29.11.2018, 08h21

L'Atelier D. Schlaepfer

Des balançoires lumineuses à la Voie lactée




L’Atelier D. Schlaepfer, qui emploie trois collaborateurs au Flon, sème les installations lumineuses dans la région et au-delà. A Lausanne, il signe les balançoires «comètes» de la place de la Louve. A Rolle, des «cristaux de neige» en plexiglas animent la grand-rue.

A Genève, la rue du Rhône s’est parée d’une «voix lactée». Et des «lumoglobines» ont investi l’atrium du Centre hospitalier Métropole Savoie, à Chambéry (F).

www.dschlaepfer.com

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