Les Lausannois s’imposent au micro des nouveaux députés

Grand ConseilLe parlement cantonal compte 53 nouveaux députés depuis juillet. Elevés à la dure dans la capitale, les Lausannois se sont déjà fait remarquer par leurs alliés et leurs adversaires.

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Sur les quatre nouveaux députés qui ont le plus fait parler d’eux ces derniers mois, trois sont des Lausannois. Et sur les quatre que les partis eux-mêmes veulent le plus mettre en avant, deux sont aussi Lausannois. Un hasard? Pas du tout.

Pour arriver à ce constat, 24 heures a observé, écouté et comparé les 53 nouveaux élus qui ont fait leur entrée au Grand Conseil en juillet, sur un total de 150 députés. Et à en croire les pontes et les stratèges du parlement, la Verte lausannoise Léonore Porchet a fait la plus forte impression (lire l'encadré). Sur le podium, on trouve aussi Didier Lohri (Vert, mais de Bassins) et Hadrien Buclin (SolidaritéS, aussi de Lausanne). En quatrième position, pointe le libéral-radical Guy Gaudard, encore un Lausannois. Les centristes, eux, sont restés plus en retrait jusqu’ici.

Si les nouveaux Lausannois ont marqué les esprits, c’est parce qu’ils sont les mieux préparés aux joutes du Grand Conseil. Tous ont été élevés à la dure en passant par le Conseil communal. Et certains – à droite – y siègent encore.

Les similitudes entre les deux assemblées sont nombreuses: la longueur des débats, leur politisation, leur virulence, ainsi que cette capacité qu’ont les Lausannois et les députés à constamment rebondir sur l’actualité. A noter aussi que, dans les deux Conseils, les élus se spécialisent sur certains dossiers particuliers. Ce qui les oblige à bûcher en solo, sans pouvoir compter sur leur parti pour leur mâcher le travail.

Parler dans un micro
«Le saut est effectivement moins grand pour les Lausannois, déjà pour une question d’infrastructures, ajoute Léonore Porchet. Nous sommes habitués à parler dans un micro ou à nous voir sur un grand écran. Ce n’est pas forcément le cas ailleurs.»

Autre point commun: le temps qu’un élu passe à faire de la politique. C’est en tout cas l’avis du président du Parti socialiste lausannois, Benoît Gaillard: «C’est aussi une question de rythme et d’organisation de la vie professionnelle et privée, constate-t-il. Les élus lausannois ont l’habitude de se replonger dans la politique toutes les semaines, au moins un soir, soit en siégeant au Conseil, soit lors des séances de groupes. Le rythme est similaire au Grand Conseil, avec une séance chaque mardi.»

Beaucoup de cadors du Grand Conseil tiennent à relativiser tout palmarès, car l’actualité peut tout faire changer en quelques mois. «En plus, nous traitons beaucoup de dossiers de la législature précédente, parfois difficile à saisir pour les nouveaux», note Philippe Jobin, le chef du groupe UDC.

Période d’observation
Sans compter que beaucoup sont en période d’observation, selon son homologue du groupe libéral-radical, Marc-Olivier Buffat: «J’ai dit à nos nouveaux députés d’attendre de voir comment le parlement fonctionne avant de partir en guerre. Ils ont plein de projets qui ont mûri pendant les vacances. La vendange sera bonne.» (24 heures)

Créé: 23.10.2017, 07h07

Léonore Porchet

«Elle est compétente, c’est clair.» Ou encore: «Elle n’a pas attendu le tour de chauffe.» Et aussi: «C’est une femme ouverte et stratégique, qui a l’habitude de négocier avec son adversaire pour atteindre un but politique.» C’est sûr: alliés et adversaires de Léonore Porchet l’ont tous remarquée depuis le début de la législature.
Et personne ne la critique vraiment jusqu’ici.
En fait, cette historienne de l’art et spécialiste
en communication a surtout été servie par l’agenda. Le Grand Conseil a discuté pendant un mois de la loi contre les violences domestiques, alors que Léonore Porchet a fait de l’égalité et de la lutte pour les droits des femmes son cheval de bataille.

Elle a déjà beaucoup fait parler d’elle comme conseillère communale et ancienne présidente de la section locale des Verts. C’est sous son règne que les écologistes lausannois ont ancré la limitation des mandats, pour favoriser la relève.

On la traite d’ambitieuse, elle réplique du tac au tac: «On dit cela à une femme, tandis qu’on va dire à un homme qu’il a un plan de carrière. Mais je suis une fonceuse effectivement, révoltée par les injustices.» Elle dit vouloir apprendre «humblement» et avoir été «happée par le devoir» durant les débats sur les violences domestiques, désignée comme porte-parole par les Verts sur cette thématique.

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