Lavaux, un écrin idyllique pour une sombre intrigue sur la RTS

SérieLes six épisodes de «Double vie» sont tournés jusqu’à début août entre Montreux et Lausanne. Il y est notamment question de police des constructions

La cour intérieure des Henchoz, à Riex, sert de décor à quelques scènes de la nouvelle série de la RTS.

La cour intérieure des Henchoz, à Riex, sert de décor à quelques scènes de la nouvelle série de la RTS. Image: Dominic Favre

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Ce mardi matin, c’est l’effervescence chez les Henchoz. Leur maison, située à l’entrée du village de Riex, est le décor d’une scène de «Double vie», qui vit son 40e jour de tournage (sur 50) et dont les six épisodes seront diffusés durant les Fêtes sur la RTS. Adapté d’une série flamande, le script déroule l’action de ce drame où deux femmes apprennent qu’elles partageaient la vie du même homme au décès de ce dernier, dans la région de Lavaux.

Le paysage inscrit «ne sert pas d’intrigue mais d’arène pour une histoire universelle», explique Léo Maillard. Coscénariste, avec Marie Fourquet, de cette série belgo-suisse (CAB Productions, avec la RTS et Panache Productions SPRL), il souligne: «Ce décor très beau est un vernis sous lequel se passent des choses plus sombres.» Comme une métaphore de la bourgeoisie et de ses secrets.

Pierre et Éliane Henchoz ne savent pas grand-chose du scénario. Connaissances de longue date du producteur lausannois Jean-Louis Porchet, ils ont pourtant «accepté spontanément». «Nous sommes pour une fois dans les coulisses, se réjouit Pierre. C’est poignant d’être dans l’action, derrière la caméra quelques secondes avant que ça tourne.» Son épouse, Éliane, arborant fièrement un T-shirt «Lavaux vignoble en terrasses», est tout sourire: «Ce matin, j’ai dû aller chercher un arbre chez les voisins, pour ne pas qu’il y ait de reflet dans la vitre. Ça nous change!»

Dans leur cour intérieure, Laurence, l’une des héroïnes (Marina Golovine), a un échange vif avec une amie (Julie Nicolet). Après le tournage de cette scène, elle partira au volant de son Alfa Romeo – montée d’une caméra – pour dévaler la Petite Corniche.

Ces lieux n’ont en eux-mêmes que peu d’importance. «Le décor est un Lavaux un peu déconstruit, sourit Léo Maillard. On passe de la maison de Laurence, à La Tour-de-Peilz, à celle de Nina (ndlr: l’autre personnage principal, campé par Anna Pieri), à Vevey, en passant par des chemins situés en fait au cœur du vignoble.» On reconnaîtra dans les scènes extérieures le port de Cully, le chemin de la Dame à Rivaz et le Caveau Corto de Grandvaux. Et l’abri PCi de Cully se muera en intérieur de prison!

Sur les cinquante jours de tournage prévus jusqu’à début août, peu de scènes finalement sont captées au centre de la région viticole. Par exemple, la maison d’architecte où vit Laurence a été dégotée à La Tour-de-Peilz, faute d’en trouver une assez récente dans le coin. Léo Maillard sait que «Sauver Lavaux» est passé par là. «Nous effleurons d’ailleurs le sujet, avec l’histoire du père de Laurence, un vigneron qui a magouillé avec son beau-fils architecte pour agrandir sa terrasse en échappant à la police des constructions.» Un élément du scénario qui n’a pas facilité les choses à Jean-Louis Porchet. «On a eu de la peine à trouver des vignerons prêts à ouvrir leurs portes, et à s’illustrer ainsi dans une histoire de fraude…»

«Compliqué pour le cinéma»

La production a aussi dû faire avec l’étroitesse des chemins et les accès difficiles (50 techniciens, quatre gros camions et une trentaine de véhicules doivent chaque fois trouver une place), ou avec ce sulfatage à l’hélico qui a suspendu le tournage.

Mais si Lavaux est «compliqué pour le cinéma», il en vaut la peine. «Les lieux de tournage sont très éclatés, mais chaque fois, on a des points de vue de dingues!» s’enthousiasme le réalisateur Bruno Deville, qui signait aussi la série «CROM» et le long-métrage «Bouboule». «Et puis, ce que les gens aiment, c’est voir leurs paysages.»

Dieu sait si le vignoble universel de Lavaux appartient aux téléspectateurs. Avec le danger de rendre une image digne de l’Office du tourisme… «C’est vrai que parfois, lorsqu’on tournait au drone et que deux bateaux de la CGN se croisaient au loin sur le lac, c’était digne d’une carte postale, admet Léo Maillard. Mais en jouant avec la musique, parfois menaçante, les vignes et leurs échalas peuvent se muer en cimetière.» Un contraste à découvrir fin décembre sur la RTS.

Créé: 25.07.2018, 07h51

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