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«On lave les draps des malades, mais personne ne nous applaudit»

Le personnel des blanchisseries prend des risques pour des salaires dérisoires. Les employés sont inquiets.

En temps normal, c’est déjà la galère. Moins de 2800 francs net par mois pour un travail à 100%, selon certaines fiches de salaire que nous avons pu consulter. Des horaires variables, des plannings modifiés à la dernière minute et des jours de récupération souvent imposés par l’employeur, témoignent des travailleurs. Et maintenant il y a le coronavirus. Dans les blanchisseries qui nettoient le linge des hôpitaux et des EMS, ce dernier prend la forme de sacs étiquetés «Covid-19», que personne n’aurait envie de vider: les draps et serviettes qu’ils contiennent ont servi à des malades.

Alors, bien sûr, le personnel est en souci. Une inquiétude qui circule à voix basse, par peur de perdre son travail. Originaires notamment du Portugal, beaucoup d’employés parlent mal le français. Afin d’envoyer de l’argent à leur famille restée au pays, ils cumulent souvent deux emplois. Depuis quelques semaines, ils font partie de ces héros qui continuent à faire tourner la Suisse en proie à la pandémie. Pourtant, leur travail n’est pas reconnu. «Tous les soirs, les gens encouragent le personnel soignant depuis leur balcon, relève Marco*, employé d’une blanchisserie yverdonnoise. On lave les draps des malades, mais nous, personne ne nous applaudit.»

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