Leçon de désobéissance avec Extinction Rebellion

LausanneRetraités, profs et étudiants apprennent à braver la loi avec le mouvement de lutte pour le climat.

Le mouvement organise des cours le week-end, comme ici samedi dernier.

Le mouvement organise des cours le week-end, comme ici samedi dernier. Image: Odile Meylan

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Une petite semaine après l’acquittement de douze activistes pro-climat à Renens, un peu plus d’une quinzaine de personnes se retrouvaient, samedi, à Lausanne pour apprendre la désobéissance civile non violente. La série de cours est organisée par Extinction Rebellion. Retraités, étudiants, professeurs ou interprètes de tous les âges se sont donc retrouvés dans une petite salle de l’avenue du Léman, mus par une cause commune: lutter contre l’effondrement écologique et le réchauffement climatique.

«Aujourd’hui c’est un petit groupe, mais en général on a plutôt 20 ou 30 personnes. Il y a vraiment eu un réveil le 20 septembre, lors du blocage du pont Bessières. Depuis, on donne environ trois journées de cours par mois», explique Nicolas, coordinateur de la formation. Le but: donner des clés aux militants pour pratiquer la désobéissance civile en étant conscients des risques courus. Questions juridiques, communication non verbale, burn-out militant et exercices pratiques: tout y passe.

Illégal mais pas illégitime

«C’est arrivé à plusieurs reprises que le policier ou la policière qui emmène les militants au poste ait les larmes aux yeux, raconte Nicolas, que tout le monde appelle déjà «Nikoko». Ça montre bien que ce que nous faisons est loin d’être illégitime.» Le mouvement considère que les voies légales ne sont pas suffisamment efficaces pour proposer des solutions à la hauteur de la crise climatique. Cependant, leurs actions restent bien punissables au regard de la loi.

Les formateurs donnent donc des conseils pratiques aux futurs «rebelles»: ne donner que les informations qui sont sur sa carte d’identité et son adresse, connaître ses droits et refuser la prise d’empreintes ou les fouilles au corps. Et surtout retenir la phrase magique: «Je n’ai rien à déclarer.» Autre conseil: bien réfléchir aux risques avant de choisir son rôle dans une action.

En effet, un blocage organisé par Extinction Rebellion ne se compose pas uniquement des personnes barrant une route, un hall d’entrée ou un pont (les «bloqueurs»). Les militants en intervention comprennent aussi dans leurs rangs des «gardiens de la paix», qui ont pour rôle de calmer les passants qui pourraient s’énerver, des «observateurs légaux», qui notent toutes les actions des manifestants, ou encore des «anges gardiens», qui ont pour rôle de garantir le bien-être des «bloqueurs».

«J’adore voir le sourire des bloqueurs»

Elliot a déjà eu l’occasion d’être «ange gardien» lors du blocage de la rue Centrale, à Lausanne, en décembre dernier. Un rôle que le «rebelle» compte bien garder. «Ça me convient parfaitement. J’adore voir le sourire des bloqueurs quand on leur apporte à manger. C’est un rôle extrêmement important, surtout quand les blocages peuvent durer des heures, voire des jours.» Ce choix est aussi stratégique pour le jeune homme, qui voit son avenir professionnel dans le domaine du social et ne peut donc pas prendre le risque d’avoir un casier judiciaire.

«La stratégie d’Extinction Rebellion se trouve dans la communauté, explique Nicolas. C’est en travaillant ensemble et en apprenant les uns des autres que nous allons pouvoir proposer un nouveau système.» Une façon de fonctionner qui se retrouve à tous les niveaux de ce mouvement complètement décentralisé et autonome, dont la section lausannoise compte quelque 200 personnes.

La confiance pour liant

Que ce soit pour débriefer des actions parfois très émotionnelles par l’écoute active, pour accueillir des membres qui sortent d’une garde à vue, pour trouver des moyens silencieux de prendre des décisions en grand nombre ou pour se mettre en position de la tortue afin d’éviter de se faire soulever par un policier, la communication et la confiance sont centrales au sein du mouvement. Une confiance qui a lié les participants de cette journée de formation. Certains d’entre eux comptent se joindre aux activités d’Extinction Rebellion.

Créé: 20.01.2020, 06h39

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