Les loyers plombent le budget des ménages vaudois

LogementUn sondage de MIS Trend, commandé par l’Etat de Vaud, montre que la part financière consentie par les ménages pour leur loyer est très élevée dans 42% des cas. Tour d’horizon.


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La crise du logement va-t-elle durer éternellement dans le canton? Un sondage MIS Trend, commandé par l’Etat de Vaud et opéré sur 1020 personnes aux quatre coins du territoire, montre que les effets de la pénurie, qui sévit depuis la fin des années 1990, sont réels. Principal enseignement: les locataires vaudois consentent une part trop importante de leur revenu pour le logement, avec même des risques pour les plus pauvres de devoir faire appel à l’aide publique ou d’être obligés de s’endetter.

Loyers chers selon le point de vue

A l’occasion du 2e Forum vaudois du logement, qui se tient aujourd’hui à Tolochenaz, l’Etat publie une photographie de la situation des Vaudois (www.vd.ch), dont 68,5% sont locataires et 31,5% propriétaires. Alors que le taux d’équilibre admis pour la part du loyer ou des traites dans un budget est de 25%, pas loin d’un locataire sur deux (42%) consacre plus du quart de son revenu au logement. La proportion est moindre pour les propriétaires. Et, malgré tout, les locataires sont 51% à juger les dépenses liées à leur logement «appropriées».

Comment jugez vous les dépenses liées à votre logement?

Socialiste lausannois scandalisé

Pour Grégoire Junod, municipal socialiste à Lausanne, ce résultat met en lumière «les ravages de la spéculation immobilière sur le revenu des ménages». L’édile y ajoute son constat de responsable du logement: «Au cours des dix dernières années, les loyers des logements disponibles ont doublé sur l’arc lémanique, et ce sans la moindre justification. Les taux hypothécaires n’ont cessé de diminuer!»

Agent immobilier scandalisé aussi

Du côté des milieux immobiliers, ce «taux d’effort» de plus de 25% consenti par les locataires inquiète. Olivier Juillard, directeur pour la Suisse romande de Bilfinger Real Estate SA, trouve ce pourcentage effrayant: «Si on était en temps de crise, cela serait encore pire…» Le responsable n’incrimine pourtant pas la spéculation: «Les prix sont ce qu’ils sont par rapport aux lois du marché.» Et il lance la pierre dans le jardin des collectivités publiques: «Il faudrait qu’il existe beaucoup plus d’objets sur le marché pour répondre à la loi de l’offre et de la demande. Or, aujourd’hui, il faut huit mois de procédure pour transformer un quatre-pièces en deux appartements de deux pièces.»

Dépenses liées au logement

Devenir propriétaire ou déménager

Cette cherté de l’habitat a des incidences sur les aspirations des citoyens. Ainsi, 60% des locataires auraient «envie» de devenir propriétaires, tandis qu’à l’inverse seuls 4% des propriétaires se verraient bien relouer un logement. Mais l’accès à la propriété reste difficile, pour des questions financières essentiellement. Cela dit, il ne faut pas peindre le diable sur la muraille, car une majorité de Vaudois (62% pour les locataires, 82% pour les propriétaires) trouvent leur logement «idéal» pour leur vie aujourd’hui. Mais une proportion importante de locataires (62%) se voient habiter ailleurs dans dix ans, ce qui n’est pas le cas des propriétaires, qui s’imaginent à 71% encore chez eux en 2025.

Pourquoi n'êtes-vous pas propriétaire?

Habiter au vert

Trouver un endroit meilleur marché fait forcément partie des préoccupations des sondés. L’Etat leur demande les critères de leurs choix. Il s’avère que les personnes ne sont que «relativement» prêtes à faire un effort pour un logement à moindre coût. Une nette majorité ne souhaite pas s’éloigner des commerces et des services. Et, surtout, 76% des 1020 interviewés ont à cœur de ne pas s’éloigner des espaces verts, tandis qu’ils sont 74% à désirer rester près des transports publics.

L’avenir est écologique

Enfin, un chapitre de l’enquête est consacré aux nouveaux modes d’habitation. Les coopératives d’habitants ainsi que les écoquartiers sont en train de devenir réalité dans certaines communes, à Lausanne notamment. Or 40% des sondés n’ont pas entendu parler de cette typologie d’habitat. Et ceux qui la connaissent le mieux ont entre 55 et 69 ans. Cela dit, parmi les 703 locataires vaudois sondés, 54% seraient prêts à s’associer avec d’autres personnes pour monter une coopérative.

Disposition envers de nouveaux modes de logement

Autre aspect, les écoquartiers sont séduisants. Une bonne majorité des sondés (52%) seraient prêts à y habiter. Grégoire Junod prend acte: «Ce sondage est un encouragement pour la politique que nous poursuivons à Lausanne.» Reste qu’une grande majorité (63%) n’est pas près de vouloir habiter dans une tour. Cela s’inscrirait en faux contre la densification dans les villes. «Je ne suis pas surpris, rétorque le municipal lausannois. Les gens sont globalement contents de leurs logements quand ils sont bien équipés et ils ont des réflexes conservateurs. Or la tour, c’est aux antipodes de cela.»

Olivier Juillard, qui travaille avec des investisseurs institutionnels comme les banques ou les caisses de pensions, est inspiré, lui aussi, par l’engouement pour les écoquartiers: «Il faut se tourner vers ce nouveau type d’habitat et prendre en compte toutes les dimensions écologiques lors des rénovations. De ce point de vue, ce sondage peut être utile aux investisseurs. C’est vraiment intéressant.»

Créé: 24.09.2015, 06h58

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