Maillard sur le départ, le PS Vaud se cherche

VaudLe conseiller d’État n’a jamais été aussi proche d’accéder à la présidence de l’USS. Si son départ se concrétise, le Parti socialiste aura peu de temps pour lui trouver un successeur.

Pierre-Yves Maillard se dit intéressé par la présidence de l’USS.

Pierre-Yves Maillard se dit intéressé par la présidence de l’USS. Image: Yvain Genevay

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La rentrée syndicale s’annonce chaude. Notamment sur le plan des mesures d’accompagnement dans le cadre de nos relations avec l’Union européenne, mais également dans la petite boutique de l’Union syndicale suisse (USS). Celle-ci se cherche un nouveau président. Ces derniers jours, la succession du Saint-Gallois Paul Rechsteiner a pris une coloration vaudoise. Pierre-Yves Maillard est entré publiquement dans la danse par le biais d’un article dans le «Tages-Anzeiger», la semaine dernière, et de l’émission de la RTS «Mise au point» dimanche soir. Son possible départ du gouvernement ces prochains mois entraîne inévitablement la question de sa succession.


L'édito: Et si l’après-Maillard se conjuguait au féminin?


Par le passé, les socialistes ont eu des candidatures incontournables au sein du parti, à commencer par Pierre-Yves Maillard lui-même, mais aussi Nuria Gorrite ou Cesla Amarelle. Pour la prochaine échéance, les choses se présentent de manière moins évidente. Les regards se tournent vers la Municipalité de Lausanne et la députation à Berne. Mais les papables suscitent, pour l’instant, beaucoup d’interrogations.

Scénario très sérieux

La démission de Pierre-Yves Maillard du Conseil d’État est donc devenue un scénario très sérieux. «Ce serait mal connaître l’animal de croire qu’il se lancerait dans ce genre de course s’il n’avait pas balisé le terrain auparavant», relève un compagnon de route. La tournure que prennent les événements met le Parti socialiste (PSV) dans une situation délicate. Il a peu de temps pour se retourner. L’élection à l’USS est fixée au 30 novembre. La présidente du parti, Jessica Jaccoud, espère que la candidature PYM sera rapidement clarifiée par une fédération syndicale.

«Il y a encore plusieurs inconnues d’ici que Pierre-Yves Maillard soit élu à la présidence de l’USS, note Jessica Jaccoud. Notamment la date de l’entrée en fonction n’est pas fixée. Ensuite, il faudra voir si Jacqueline de Quattro attend son élection au Conseil national en octobre 2019 pour démissionner ou si elle quitte le Conseil d’État plus tôt pour se consacrer à sa campagne.» Dans ce cas, il pourrait y avoir une double complémentaire au premier semestre 2019. Ce qui amènerait les partis à faire évoluer leur stratégie.

Pour le PSV, la majorité au gouvernement n’est vraiment pas assurée. Cette élection complémentaire s’annonce disputée. Jessica Jaccoud résume l’affaire: «Notre candidat sera celui qui a le plus de chances de conserver le siège socialiste au Conseil d’État.» C’est donc à l’aune du potentiel électoral qu’il faut juger les papables.

À ce petit jeu-là, le nom de la sénatrice Géraldine Savary vient en premier. La Lausannoise a joué les locomotives lors des dernières élections. Mais avec une présidence du Conseil des États qui se profile en 2020, son avenir semble plutôt à Berne. Son époux, Grégoire Junod, a, lui, longtemps été pressenti comme le dauphin de PYM. Depuis, il a accédé à la syndicature de la capitale vaudoise. Quitter un tel poste, après seulement deux ans en fonction, serait particulier. D’autant plus qu’à Lausanne il est le patron. Au Canton, il devrait rentrer dans le rang et composer avec une majorité adverse au Grand Conseil (et en plus c’est moins bien payé).

Sa collègue Florence Germond était, elle, la mieux élue lors des dernières élections communales en 2016. Elle s’est constitué un dicastère sur mesure qui regroupe les Finances et la Mobilité. Pas sûr qu’elle soit aussi bien servie si elle «monte» à l’État. Son mari, le conseiller national Roger Nordmann a été très bien élu, lui aussi, aux dernières élections. Désormais président du groupe socialiste aux Chambres, il est peu probable qu’il «plante» son parti à moins d’une année des élections fédérales.

Tirer la liste aux fédérales

À Berne, il y a encore le cas de Rebecca Ruiz. Électoralement, la conseillère nationale a su tirer son épingle du jeu en 2015. La Lausannoise est présidente de la Fédération suisse des patients et membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique. Un atout dans l’optique de reprendre le département maous de l’Action sociale et de la Santé que dirige Pierre-Yves Maillard.

Si ce dernier est élu à la présidence de l’USS, il aura l’occasion de donner un ultime coup de main à sa section cantonale en se présentant au Conseil national. Sa présence sur la liste socialiste pourrait aider le PSV à rafler un sixième siège lors des élections fédérales de 2019.


«Cette fonction n’est pas une partie de plaisir»

Pierre-Yves Maillard avait déjà eu quelques touches avec les milieux syndicaux lors de la précédente législature. À l’époque, il était président du gouvernement. Le socialiste avait alors passé son tour. Cette fois, son intérêt est manifeste. Interview.

Avez-vous fait acte de candidature pour la présidence de l’USS?
Non, cela ne se passe pas ainsi. Ce sont les fédérations syndicales qui présentent des candidats. Avant l’été, la commission de sélection de l’USS m’a contacté pour me demander si j’étais intéressé par le poste. Je leur ai répondu que j’étais d’accord pour la première étape, qui consiste à voir si j’ai le soutien d’une fédération (ndlr: probablement Unia, où il cotise). On verra si cette étape est concluante. Je ne veux pas faire campagne pour arracher le vote. Pour cette fonction particulièrement lourde, il faut avoir un fort soutien.

La procédure est encore floue, a-t-on une idée de calendrier?
Cela va se jouer ces deux prochains mois. Il va falloir vivre quelques semaines dans l’incertitude. Dans cette attente, je poursuis mon travail.

Après quatorze ans de Conseil d’État, vous voulez retourner dans le syndicalisme?
Le syndicalisme a été une période professionnelle très forte pour moi. Vous êtes en contact direct avec les travailleurs. Comme dans un Exécutif, vous ne pouvez pas juste être le grand témoin de ce qui ne va pas. Vous devez agir. Les gens qui cotisent à un syndicat attendent des résultats concrets.

Avec des Chambres fédérales plus uniformisées à droite, un Conseil fédéral aux fraises, considérez-vous que la principale opposition dans ce pays est syndicale?
Il faut rendre hommage à Paul Rechsteiner; il a su donner un poids vraiment important à l’USS. Maintenant, il subit une pression énorme. On ne se lance pas dans la course à sa succession la fleur au fusil. Cette fonction n’est pas une partie de plaisir. La période que nous vivons rappelle un peu celle où j’étais conseiller national, au début des années 2000. Les services publics étaient attaqués au nom de nos relations avec l’Europe. Il se passe la même chose avec les mesures d’accompagnement et la protection des salaires. C’est peut-être ce qui est jugé intéressant dans mon parcours. Il faudra des gens qui savent dire non.

Créé: 21.08.2018, 06h44

L’USS: Commission de sélection

Qui succédera à Paul Rechsteiner? Cela fait vingt ans que le Saint-Gallois moustachu préside la faîtière suisse des syndicats. Les statuts de l’USS ne disent rien sur cette élection. Une «commission de sélection» a donc été mise sur pied afin de trouver des candidats et d’élaborer une procédure. Dans les papables, on retrouve les élus fédéraux Barbara Gysi (PS/SG), Marina Carobbio (PS/TI) et Mathias Reynard (PS/VS), ainsi que le conseiller d’État Pierre-Yves Maillard. Le congrès de l’USS tranchera le 30 novembre.

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