Maillard retournera-t-il à la lutte syndicale?

SuccessionLe nom du conseiller d’État circule pour prendre la tête de l’Union syndicale suisse. Il rappelle son intérêt pour cette cause.

Pierre-Yves Maillard a été secrétaire régional Vaud et Fribourg de la FTMH.

Pierre-Yves Maillard a été secrétaire régional Vaud et Fribourg de la FTMH. Image: PHILIPPE MAEDER

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Beaucoup le voyaient partir avant les élections cantonales 2017 pour retourner dans la galaxie syndicale. Mais l’occasion ne s’était pas présentée et Pierre-Yves Maillard disait à l’époque avoir encore beaucoup de projets à réaliser au Conseil d’État. La donne a changé mercredi, au moment où le conseiller aux États saint-gallois Paul Rechsteiner a annoncé sa démission de la présidence de l’Union syndicale suisse (USS), qu’il occupe depuis vingt ans. Et le nom du ministre vaudois revient dans les discussions portant sur la succession qui s’ouvrira fin novembre à la tête de la faîtière nationale.

Qu’en dit Pierre-Yves Maillard lui-même? Qu’il est «honoré» qu’on pense à lui, mais qu’il est trop tôt pour se prononcer. «À part tout le bien que je pense du travail de Paul Rechsteiner, la seule chose que j’aie à dire est que j’aime ce que je fais, ajoute-t-il. Je suis engagé sur d’importants dossiers, comme la concrétisation de la mesure des 10% pour les subsides à l’assurance-maladie, l’ouverture de l’Hôpital de Rennaz, la réponse à l’urgence dans la médecine à domicile, et d’autres.»

Ce n’est pas un hasard si d’aucuns l’imaginent présider l’USS. D’une part parce qu’il était syndicaliste dans une autre vie, comme secrétaire régional Vaud et Fribourg de la FTMH entre 2000 et 2004. Et parce qu’il n’a jamais caché son intérêt encore vivace pour le combat syndical. «J’ai déjà déclaré que le jour où je quitterai ma fonction de conseiller d’État, un engagement syndical est une suite que j’envisage, souligne-t-il. Mais c’est valable aussi pour un autre métier précédent, que j’ai adoré: celui d’enseignant.»

Figure d’outsider

Pierre-Yves Maillard ferait néanmoins figure d’outsider. Les noms qui circulent avec le plus d’insistance à Berne restent ceux de parlementaires fédéraux: le Bernois Corrado Pardini, le Valaisan Mathias Reynard, voire la Saint-Galloise Barbara Gysi. La présidente d’UNIA et vice-présidente de l’USS Vania Alleva est aussi citée. Le Fribourgeois Christian Levrat a quant à lui affirmé publiquement son intention de rester à la tête du Parti socialiste suisse jusqu’en 2019, semblant exclure toute candidature à l’USS.

Pour l’heure, aucun papable ne va se lancer publiquement, prédit un syndicaliste d’UNIA: «On est au tout début du processus. Il y aura d’abord des discussions au sein de chaque section cantonale, mais surtout au comité de l’USS, pour affiner le profil recherché. Ce n’est qu’une fois celui-ci esquissé que ceux qui y correspondent se manifesteront.»

Les paramètres sont nombreux: faut-il un parlementaire fédéral, une femme ou un homme, un Romand ou un Alémanique? L’un des scénarios table sur un leader jeune, au fait des nouveaux défis engendrés par l’ubérisation de l’économie. «C’est n’importe quoi, commente un des cadors du PS vaudois. Aucune problématique actuelle ne remet en cause les enjeux de toujours: se battre pour que chacun ait assez pour vivre, défendre les conditions de travail et salariales des employés et lutter pour que le profit du travail soit réparti correctement. On a besoin de quelqu’un qui connaît le monde syndical, qui a une bonne expérience politique et qui connaît le quotidien des gens. Pierre-Yves Maillard serait une bonne candidature.»

«Effet domino»

Reste un problème pour l’intéressé. Son départ entraînerait une élection complémentaire. Or, la droite n’attend que le départ de l’homme fort de la gauche pour retrouver sa majorité au gouvernement. «Pierre-Yves Maillard a la carrure pour faire le job, estime un député socialiste vaudois. Mais il y a le choix individuel et les intérêts collectifs, ceux du parti. Son départ du Conseil d’État, dont il est une pièce importante, aurait un effet domino à bien mesurer.»

Le calcul est subtil, car une autre élection complémentaire peut déjà être planifiée en 2019. Il s’agira de remplacer la ministre libérale-radicale Jacqueline de Quattro. Celle-ci a déjà annoncé son intention de se présenter aux élections fédérales. (24 heures)

Créé: 16.03.2018, 21h19

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