Maillard s’en va: et maintenant, que va-t-on faire?

SuccessionLe Canton connaîtra une élection complémentaire ce printemps. La socialiste Rebecca Ruiz a un boulevard devant elle, mais la campagne sera animée, à quelques mois des fédérales.

Nuria Gorrite, Béatrice Métraux, Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis, Philippe Leuba et Cesla Amarelle devraient avoir un nouveau collègue ce printemps.

Nuria Gorrite, Béatrice Métraux, Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis, Philippe Leuba et Cesla Amarelle devraient avoir un nouveau collègue ce printemps.

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Le bal peut commencer. Jusqu’à samedi, personne n’osait vraiment faire comme si. Comme si Pierre-Yves Maillard allait vraiment quitter le Canton pour retrouver une vie de syndicaliste. C’est désormais officiel. PYM sera le patron de l’Union syndicale suisse. Une place se libérera donc au Conseil d’État vaudois. De quoi achever le duo autrefois dominant de l’Exécutif cantonal: Maillard et Broulis. C’est aussi le début d’une campagne. En jeu: le maintien de la majorité de gauche au Conseil d’État.

Rebecca Ruiz archifavorite

Le Parti socialiste vaudois doit conserver son siège. Voilà l’objectif que les camarades martèlent. Qui a le plus de chances d’y parvenir? Rebecca Ruiz, nous dit-on de tous bords, mais anonymement. C’est que la conseillère nationale lausannoise n’est pas officiellement candidate. Elle y songe.

Un autre de ses camarades fait pareil: Stéphane Montangero, député lausannois et ancien président du parti cantonal, n’exclut pas de se lancer. Si l’homme a une forte cote de sympathie dans les rangs de son parti, de tous bords on estime Rebecca Ruiz plus compatible avec le poste. Il est très peu probable que sa section le choisisse. Sauf si la question de la parité venait à prendre un poids déterminant: après tout, le PS compte déjà deux femmes au gouvernement. Une chose semble en revanche acquise: le remplaçant de PYM sera Lausannois. La gauche ne compte en effet plus aucun représentant de la capitale au gouvernement. Et aucune autre candidature ne se profile pour l’instant.

Le calendrier officiel

La succession occupera l’hiver et une bonne partie du printemps. Pierre-Yves Maillard l’a dit hier à la RTS: «Comme toujours, il faut laisser le parti, les sections se prononcer.» Les échéances pour le dépôt des candidatures seront fixées mardi soir, lors du Congrès du PS Vaud. La section Lausanne dévoilera son candidat officiel à l’issue de l’assemblée régionale du 19 décembre. Et Rebecca Ruiz pourrait être officiellement choisie par son parti cantonal à la mi-janvier.

L’élection du nouveau conseiller d’État aura très probablement lieu à la mi-mars. Pierre-Yves Maillard devrait, lui, quitter ses fonctions entre le 1er mai et la fin de juin.

Une double complémentaire pourrait avoir lieu si un des ministres PLR choisissait de partir au même moment que PYM. Jacqueline de Quattro subit de fortes pressions pour laisser sa place dès maintenant, elle qui a de toute manière affiché son envie de quitter Lausanne pour le Conseil national en octobre prochain. Mais elle l’affirme: elle ne cédera pas. Pascal Broulis pourrait être l’autre ministre qui part plus vite que prévu. Mais il exclut cette possibilité pour le moment.

Un challenger UDC?

Une chose est certaine: il y aura une lutte pour le siège. La droite y voit une occasion de reprendre sa majorité au gouvernement. Avec trois ministres en poste, le PLR pourra difficilement revendiquer un quatrième siège sans que cela passe pour de l’arrogance. Les Vert’libéraux n’ont, eux, pas le poids électoral suffisant pour prétendre réellement à un siège. Dans le camp bourgeois, c’est donc sans doute l’UDC qui tentera le coup. Avec son député Philippe Jobin, qui est à la disposition de son parti, selon l’expression consacrée. Il aura probablement le soutien du PLR. C’est en tout cas sa seule chance de devenir le vrai et l’unique challenger.

Vitrine pour les fédérales

Le centre et la gauche radicale vont certainement vouloir profiter de ce qui sera aussi un tour de chauffe avant les élections fédérales. Le député PDC lausannois Axel Marion pourrait être candidat, mais il ne confirme pas. «Il pourrait être intéressant de proposer une candidature du centre, surtout s’il n’y a que l’UDC et le PS en lice», dit-il. Des rencontres auront lieu ces prochains jours entre les différentes formations du centre. Une décision sera prise avant la fin de l’année, dit-on.

Au sein de la gauche radicale, c’est le nom du député lausannois Jean-Michel Dolivo qui circule. «Je ne vais pas me prononcer à ce stade», élude l’intéressé, qui souligne qu’aucune décision n’a encore été prise par le groupe Ensemble à Gauche, qui réunit SolidaritéS, le POP, Décroissance alternative et Solidarité & Écologie Yverdon. «L’opportunité de présenter un ou une candidate sera discutée dans le mois qui vient.»

Pour ces deux hommes, la campagne pourrait surtout servir à leur donner une visibilité en vue des fédérales.

Un gouvernement chamboulé

Avec le départ de Pierre-Yves Maillard, le gouvernement vaudois sera bouleversé pour la suite de la législature. Sa présidente, la socialiste Nuria Gorrite, a déjà pris de l’importance. Cesla Amarelle montre elle aussi de l’aisance. Pascal Broulis, affaibli par les affaires le touchant, reste le grand argentier à un poste central. Un nouveau chambardement sera très probablement provoqué en octobre, lorsque la PLR Jacqueline de Quattro s’en ira pour siéger à Berne. Et une nouvelle complémentaire viendra donc faire de nouveau bouger les lignes à la fin de 2019.

Collaboration: Vincent Maendly (24 heures)

Créé: 02.12.2018, 20h22

Rebecca Ruiz

Conseillère Nationale, Socialiste, Lausanne

Philippe Jobin

Député au Grand Conseil, UDC, Echichens

Axel Marion

Député au Grand Conseil et Conseiller communal, PDC, Lausanne

Jean- Michel Dolivo

Député au Grand Conseil, Solidarités, Lausanne

Le siège laissé vacant au Conseil d’État vaudois promet de brasser aussi les cartes sous la Coupole

L’élection de Rebecca Ruiz au Conseil d’État chamboulerait un peu plus encore la députation socialiste sous la Coupole fédérale. Quel changement depuis les élections de 2015! Sur les cinq élus PS que les Vaudois ont envoyés au Conseil national, il n’en resterait plus que deux: Roger Nordmann et Ada Marra. Tous les autres seraient des viennent-ensuite. Il y a eu tout d’abord Samuel Bendahan, qui a remplacé Cesla Amarelle après son élection au gouvernement cantonal en 2017. Puis Brigitte Crottaz, entrée en fonction après la démission surprise de Jean Christophe Schwaab quelques mois plus tard. C’est donc le troisième des viennent-ensuite qui succéderait à Rebecca Ruiz. Il s’agit du député Nicolas Rochat Fernandez, 36 ans, actuel 2e vice-président du Grand Conseil.

Les deux «anciens» ont beau occuper des fonctions prestigieuses – Roger Nordmann est chef du groupe socialiste, quant à Ada Marra, elle a repris ce week-end la vice-présidence du parti suisse pour remplacer Géraldine Savary –, le fait qu’ils soient accompagnés de trois «nouveaux» n’est pas la meilleure des configurations pour partir en campagne pour les élections fédérales l’an prochain.

À cette situation déjà bien particulière s’ajoute encore le départ de Géraldine Savary du Conseil des États. En novembre, suite aux critiques de ses liens avec le milliardaire Frederik Paulsen, qui a financé une partie de sa campagne, la sénatrice a renoncé à briguer un troisième mandat.

Est-ce le scénario catastrophe? «Si, après Cesla Amarelle, Rebecca Ruiz est aussi élue au Conseil d’État, ça montrerait surtout la qualité de notre personnel politique sous la Coupole, rétorque Ada Marra. Ensuite, c’est sûr que le départ de Géraldine Savary va affaiblir la liste. Mais il est aussi possible que cela mobilise encore plus la base, car il y aura des places à prendre.» Le PS Vaud pourrait même faire de ce coup du sort un coup de maître. Avec Pierre-Yves Maillard sur la liste, la section retrouve une sacrée locomotive à Berne. Très populaire, le nouveau président de l’USS pourrait même permettre à la section cantonale de décrocher le mandat de plus (un 19e siège au National, lié à l’évolution démographique) qui sera octroyé au canton de Vaud en 2019. Et si Maillard changeait d’avis – à savoir qu’il ne brigue pas un siège au Conseil national, mais aux États –, il pourrait booster l’alliance rose-verte à un très haut niveau. Certains, à gauche, rêvent même de déboulonner le fauteuil du PLR Olivier Français pour retrouver leur hégémonie à la Chambre haute. Reste que les derniers bruits de couloir évoquent davantage des candidatures de Roger Nordmann ou Ada Marra, les deux rescapés de la Coupole.

F.QZ

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