La maturité des raisins va précipiter les vendanges

ViticultureLes sécateurs s’activeront dès la mi-septembre. Cette année «très précoce» devrait donner un «très bon millésime» vaudois.

C'est par les cépages rouges précoces, comme le pinot noir - ici dans une vigne de François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons - que les vendanges vaudoises commenceront dans deux petites semaines.

C'est par les cépages rouges précoces, comme le pinot noir - ici dans une vigne de François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons - que les vendanges vaudoises commenceront dans deux petites semaines. Image: Marius Affolter

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Du soleil, peu de mildiou, pas de mouches suzukii, une pourriture inexistante… Bref, «il y a tout pour faire un magnifique millésime», résume François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons (FVV). Les conditions font en tout cas que les vendanges seront «très précoces». Plus précoces qu’en 2015 et 2017, mais tout de même pas plus qu’en 2003, année record où certains avaient commencé la récolte en août.

Les premiers sécateurs devraient donc s’activer dès la semaine prochaine pour les mousseux et les rosés (pinot noir et garanoir). Et pour certains cépages rouges qui ont pris plus d’un degré Œchslé (taux de sucre) par jour cette dernière semaine. Quant au gros de la vendange, il débutera autour du week-end du Jeûne pour la plupart et devrait s’étaler dans le temps, comme lors de toute année précoce. «Mais nous avons une telle diversité de cépages (ndlr: 61 dans le canton de Vaud), de sols et de manières de cultiver, il n’y a plus de date officielle pour le canton», explique Gilles Cornut, président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV). Manque d’acidité

Les sondages de maturation indiquent des teneurs en sucre plus hautes encore qu’en 2015. Mais, fait encourageant, le poids des baies est plus élevé que cette année-là et donnera un volume un peu plus important. Le taux d’acidité, gage de conservation et d’équilibre, est en revanche, mais sans surprise – les fortes chaleurs «grillent» certains acides –, assez bas. «On va pouvoir s’en tirer à la vinification, rassure l’œnologue cantonal Samuel Panchard. En renonçant à la deuxième fermentation, par exemple. Cette réflexion va devoir être menée sur des cépages peu acides, comme le chasselas (ndlr: qui représente 51% du raisin vaudois). Mais en général les vins vaudois ne souffrent pas du manque d’acidité.»

Pour autant, les spécialistes s’accordent pour dire qu’il ne faut pas se précipiter, malgré ces signes positifs. «Les maturités aromatique et phénolique (ndlr: entre la peau, les pépins et la chair du raisin) sont aussi des critères importants pour déterminer le début des vendanges», prévient Samuel Panchard, qui encourage les vignerons à goûter leurs raisins. Un cours est d’ailleurs donné pour la première fois cette année aux professionnels, le 12 septembre à Marcelin (8h30-12h, sur inscription auprès de ProConseil), autour de la technique de dégustation des baies dans la détermination de la date des vendanges.

Le climat aura donc été favorable au raisin – peu de pression du mildiou, peu de grêle – malgré de «petits chocs climatiques violents», illustre Gilles Cornut, évoquant la canicule.

Pas de suzukii

Ces épisodes de sécheresse, même s’ils ont stressé la plante, ont en tout cas été radicaux pour la mouche suzukii. «Je n’en ai point vue du tout cette année, alors qu’en 2014 on en était infesté quatre semaines avant les vendanges», se réjouit François Montet. Le défeuillage effectué par les vignerons contre le moucheron, tout comme le temps sec, aura aussi eu un effet positif contre la pourriture, «invisible tant sur les blancs que sur les rouges».

En comparaison cantonale, les vendanges vaudoises se dérouleront plus ou moins en même temps qu’ailleurs en Suisse romande, ressort-il du récent colloque réunissant les œnologues cantonaux. Seul le Valais, comme chaque année, commencera plus tôt la récolte (certains jouent déjà des sécateurs). Alors que certains producteurs vaudois, notamment en bio, annoncent qu’ils attendront encore un petit mois avant de détacher les grappes de leur plant. (24 heures)

Créé: 02.09.2018, 09h46

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