Maurice Cosandey, le père de l’EPFL, s’est éteint à 100 ans

Carnet noirIl y a un demi-siècle, l'ingénieur a transformé l’École polytechnique de l’Université de Lausanne (EPUL) en école fédérale


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’EPFL est en deuil. Mardi, Maurice Cosandey, son père fondateur et premier président, est décédé dans sa 101e année. Né le 8 février 1918 à Lausanne et originaire de Sassel dans la Broye, le Vaudois a étudié à l’École polytechnique de l’Université de Lausanne (EPUL), où il obtient un diplôme d’ingénieur civil en 1940. Il fait ensuite ses armes dans l’entreprise lausannoise Zwahlen & Mayr SA, où il gravit les échelons jusqu’à devenir directeur adjoint en 1963. La même année, il est nommé directeur de l’EPUL. Un choix qui fera entrer l’école dans une autre dimension. Au conseiller d’État Pierre Oguey qui lui demande quelle serait sa stratégie, la réponse n’aurait pas pu être plus claire: «La seule chose que je peux vous dire, c’est que je ferai tout ce que je peux pour que l’École polytechnique de Lausanne devienne une École polytechnique fédérale.»

«Il a choisi les départements, les domaines de recherche. L’ADN de l’EPFL, c’est Maurice Cosandey»

Pour cette ambitieuse entreprise, le scientifique a pu compter sur le soutien du conseiller d’État Jean-Pierre Pradervand et du conseiller fédéral Hans-Peter Tschudi. «Six ans plus tard, c’était fait, admire l’actuel président de l’EPFL et lointain successeur de Maurice Cosandey, Martin Vetterli. Avant lui, il n’y avait qu’un seul phare dans le paysage de la recherche et de l’innovation: l’EPFZ, et voilà qu’un fringant Romand débarque en disant: «Nous aussi, nous voulons une École polytechnique fédérale, dont le rôle est différent d’une université mais aussi complémentaire. C’était un visionnaire!»

«Maurice Cosandey m’a dit un jour que le développement de l’EPFL était allé au-delà de ses rêves»

En 1969, l’EPUL devient donc l’EPFL. Un changement d’une seule lettre dans un acronyme, mais qui fait encore rayonner la Suisse romande loin à la ronde un demi-siècle plus tard. «Il m’a dit un jour que le développement de l’EPFL était allé au-delà de ses rêves. C’était un géant pour qui j’avais une affection particulière et une énorme affection. Pour suivre son œuvre et voir plus loin, nous, ses successeurs, nous sommes mis sur ses épaules», témoigne ému, un autre de ses successeurs, Patrick Aebischer, qui a dirigé l’école de 2000 à 2016. «J’adorais l’entendre raconter la manière dont il avait convaincu le Conseil fédéral de créer l’EPFL. À l’époque, l’école comptait moins de 1000 étudiants. Il y en avait 4800 lorsque j’ai pris la présidence, il y en a plus de 11 000 aujourd’hui. Sans lui, on n’en serait pas là!»

Hommage l’an prochain

En plus de l’image du visionnaire, c’est «la gentillesse et la modestie» de Maurice Cosandey, plusieurs fois arrière-grand-père, que soulignent Martin Vetterli et Patrick Aebischer. Sans oublier sa curiosité. «Alors qu’il me questionnait sur les priorités de l’École, je lui avais évoqué l’intelligence artificielle. Le voyant intéressé, je lui avais envoyé un livre sur les algorithmes. Peu après, il m’indiquait l’avoir beaucoup apprécié mais qu’il avait encore des questions sur le sujet. Sa curiosité, cette quête du savoir qui fait l’âme du chercheur, étaient encore intactes», admire Martin Vetterli. Et l’actuel président de déplorer que Maurice Cosandey ne puisse participer aux festivités liées au demi-siècle de «son» école, l’an prochain. «Il a choisi les départements, les domaines de recherche. L’ADN de l’EPFL, c’est Maurice Cosandey. J’espérais qu’il serait là pour célébrer cette année anniversaire, le destin en a voulu autrement. Il nous faut maintenant nous remettre du choc, mais je suis certain qu’à l’occasion des 50 ans de l’EPFL, on rendra hommage à son architecte.» (24 heures)

Créé: 07.12.2018, 16h34

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.