Le mauvais pari des vert’libéraux, abandonnés de toutes parts

Centre-droiteA trois mois et demi des élections, le parti se retrouve seul à cause de son pari de s’approcher de l’UDC. Les «vert’lib» risquent de disparaître. Incertitudes sur la candidature d’Isabelle Chevalley.

<b>Isabelle Chevalley</b> Conseillère nationale et possible candidate au Conseil d’Etat

Isabelle Chevalley Conseillère nationale et possible candidate au Conseil d’Etat Image: Keystone

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Les Vert’libéraux ne donnent pas l’image de grands stratèges politiques. A trois mois et demi des élections cantonales, où ils espèrent sauver leurs sept sièges au Grand Conseil, ils se retrouvent abandonnés de toutes parts. Tout ça à cause de leur pari très risqué qui a échoué. Ultime espoir: que le Parti libéral-radical (PLR) – dont le congrès se tient mercredi soir – veuille encore d’eux.

Comment en sont-ils arrivés là? Rapide coup d’œil en arrière: l’an dernier, leur seule conseillère nationale, Isabelle Chevalley, annonce qu’elle se verrait bien candidate au Conseil d’Etat si une grande alliance voit le jour avec l’UDC et le PLR. Le Parti a ensuite validé l’idée. Conséquence: les petits partis centristes, dont les démocrates-chrétiens (PDC) et Vaud Libre, envoient balader les Vert’libéraux dans la course au Grand Conseil, car l’idée de se rapprocher de l’UDC leur donne des boutons. Mauvaise pioche pour les Vert’libéraux, car l’UDC a confirmé en décembre ce que tout le monde pressentait: ils refusent toute union englobant les écologistes de droite, qu’ils accusent de jouer avec la gauche.

Aujourd’hui, beaucoup soupçonnent Isabelle Chevalley d’avoir sacrifié son parti à ses ambitions personnelles pour le Conseil d’Etat. Elle réfute, comme le fait son président, François Pointet. «Mon parti est venu me chercher, ajoute Isabelle Chevalley. Ils ont dû me cuisiner. Je ne voulais pas car j’ai des projets, au Conseil national ou en Afrique. J’ai été d’accord finalement pour faire avancer nos idées.»

«Choix téméraire»
Elle répète depuis plusieurs mois qu’elle ne se voit que sur un ticket à cinq, avec trois PLR et un UDC. Même si l’UDC a enterré ce scénario, Isabelle Chevalley abandonne-t-elle toute envie de se lancer? Elle laisse la porte ouverte: «Cela dépend de la décision du PLR. Peut-être voudront-ils s’allier avec nous. Peut-être voudront-ils que je sois candidate.»

«Il est clair que nous sommes dans une situation délicate, mais nous travaillons très fort en vue des élections», commente François Pointet. Il dit ne pas regretter le pari de son parti: «Sans cela, les choses auraient été plus confortables, c’est vrai. Les critiques sont toujours faciles après coup. Mais nous devons nous tourner vers l’avenir.»

«Leur choix était téméraire et ils risquent de ne compter plus qu’un ou deux députés après les élections», entend-on au Grand Conseil. «Ils ont eu envie d’exister, mais ils manquent de relève pour prendre la place de leurs fondateurs», ajoute un élu PLR.

Survivante à Lausanne?
A ce jeu-là, certains voient dans la députée lausannoise Graziella Schaller la seule Vert’libérale qui pourrait garder son siège. Car Lausanne est la seule région où une alliance PDC-Vert’libéraux s’est maintenue. «Sans cela, nous y perdrions tous les deux, explique Graziella Schaller. Honnêtement, cela sera difficile pour nous au niveau cantonal. Mais, sur la durée, les valeurs que nous défendons sont des valeurs d’avenir.»

La priorité irait-elle désormais aux idées, et non pas au parti? A l’interne, ce n’est plus un tabou de dire que, même si le parti disparaît, l’important est que les idées survivent. «Nous n’allons pas disparaître, souligne François Pointet. Mais l’important est de dire qu’une économie libérale et respectueuse de l’environnement est possible. Mais ce n’est pas le message porté par les autres partis de ce canton.»

Isabelle Chevalley ne dit pas autre chose: «L’objectif final n’est pas le Parti vert’libéral, mais nos idées. Avec une ligne directrice claire, notre parti progressiste ne peut être que l’avenir du canton.»

Créé: 17.01.2017, 07h11

Agacement entre le PLR et l'UDC

Ce week-end, le Parti socialiste a désigné Cesla Amarelle comme candidate au Conseil d’Etat. Désormais la gauche tient son ticket à quatre, avec Pierre-Yves Maillard, Nuria Gorrite et Béatrice Métraux. Et la droite? On le saura cette semaine. Mercredi soir, le congrès du Parti libéral-radical (PLR) dira s’il s’allie finalement à l’UDC, pour former là aussi un ticket à quatre, avec les trois PLR Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba, accompagné de l’UDC Jacques Nicolet. Deux autres hypothèses existent: que le PLR parte tout seul, ou qu’il s’allie aux seuls Vert’libéraux, dont l’UDC ne veut pas. L’alliance UDC-PLR est la stratégie la plus probable, comme le confirme le député Mathieu Blanc, vice-président du parti. «C’est clair: ce scénario n’est pas la première option ni le scénario rêvé, commente-t-il. Mais je continue de penser que nous avons des chances de reconquérir la majorité au Conseil d’Etat avec l’UDC. C’est le scénario pour lequel je voterai, comme l’ensemble de la direction du parti. Créer des alliances, c’est notre rôle de parti pivot à droite.»

Sauf que l’énervement règne chez les libéraux-radicaux, car l’UDC a refusé le scénario d’une alliance large UDC-PLR-Vert’libéraux. «Oui, je suis agacé, on a un peu l’impression de jouer à la dînette», commente Frédéric Borloz, président du PLR vaudois. «Nous avons le succès à nos pieds et il suffit d’un pas pour le ramasser. J’ai le sentiment que nos partenaires veulent faire ce pas en avant, mais pas se baisser.» Et le conseiller national ajoute: «Il y a deux façons de faire de la politique: soit vous jouez aux cartes et vous espérez gagner quelques points; soit vous jouez aux échecs avec des stratégies. Je suis de cette deuxième catégorie.»

Pourtant, lors de leur congrès au Sentier en octobre, aucun des 200 délégués du PLR ne s’était opposé à une alliance avec l’UDC. «La question n’était pas la même», rappelle Marc-Olivier Buffat, chef du groupe PLR au Grand Conseil. «Il s’agissait de savoir si nous soutenions une large alliance de droite, qui engloberait d’autres alliés.»

Président de l’UDC et conseiller national, Jacques Nicolet garde confiance: «Je comprends le regret pour l’alliance proposée. Mais il faut savoir en prendre acte. Dans une alliance, on n’attend pas des partis qu’ils s’entendent sur la totalité de leur programme mais sur les grands thèmes.»

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