Melgar calme le débat mais ne regrette rien

LausanneEn réponse à la pétition du milieu du cinéma, Fernand Melgar écrit pour expliquer son action. Une «dernière» lettre, dans laquelle il persiste et signe.

Le profil Facebook de Fernand Melgar.

Le profil Facebook de Fernand Melgar. Image: Facebook

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«Et si tout ça était à refaire, ce serait sans la moindre hésitation.» C’est ainsi que se termine la lettre rédigée par Fernand Melgar, à l’attention des 200 signataires d’une pétition allant à son encontre. Pour le documentariste, la situation a changé dans le quartier du Maupas, à Lausanne. Après avoir enflammé le débat sur le deal de rue, il compte sur un apaisement. «Je veux juste que l’on comprenne comment tout cela a commencé», expliquait-il vendredi au téléphone. Il explique que la lettre est sa «dernière» intervention. «On va se calmer, maintenant, c’est fini», dit-il.

Fernand Melgar tenait au poste d’enseignant auquel la polémique l’a amené à renoncer. Une pétition a tourné dans le milieu du cinéma et au sein de la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève, qui aurait dû l’accueillir (notre édition de vendredi). Dans sa lettre, il dit conserver «une certaine amertume» de n’avoir pu en parler au sein de l’école. Il se dit «triste» d’avoir dû découvrir, par la bande, les mots écrits à son encontre. Triste aussi de n’avoir pas été contacté par un collègue ou amis lui disant: «Melgar, tu déconnes. Viens boire une bière, faut qu’on en parle!»

Le débat, souvent vif, est né du souvenir de Gabriel, le fils d’un de ses voisins, décédé à 18 ans d’une overdose. Le tir de barrage du milieu du cinéma, il dit ne pas s’en offusquer. «Parmi les signataires, il y en a dix qui me détestent de toute façon et 80% que je ne connais pas», confie Fernand Melgar.

Ainsi, le cinéaste ne pense «pas du tout avoir déconné». Pour lui, ce qui compte est que le visage du quartier du Maupas a changé. Sa «tristesse est vite balayée par la renaissance miraculeuse de mon quartier, écrit Fernand Melgar. Depuis ce lundi, plus un seul dealer en vue. Où sont-ils passés? Mystère.» Pour lui, «les terrasses sont à nouveau pleines, les commerçants respirent (…) les nuits sont calmes». Et de promettre à qui en doute une visite du quartier. «Au final, Gabriel ne sera pas mort pour rien», conclut Fernand Melgar.

(24 heures)

Créé: 08.06.2018, 18h20

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