«Le message de Berne pour les éoliennes est catastrophique»

Jacqueline de QuattroUne étude du Département de la Défense confirme que les avions militaires de Payerne empêcheront certains parcs vaudois de voir le jour. Colère de la conseillère d'Etat.

Image: Philippe Maeder

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Le Département fédéral de la Défense (DDPS) a présenté ce vendredi ses nouvelles zones d'exclusion ou de restrictions pour les éoliennes autour de l'aérodrome de Payerne.

Ces zones ont été dessinées selon une étude menée par des spécialistes d'Armasuisse. Douche froide pour les pro-éoliens: la zone dite «d'exclusion» condamne un quart du futur parc de Provence, la moitié de Tous-Vents et l'intégralité du parc de Vaud'Air. La zone de restrictions exige de nouvelles études d'impact pour les parcs d' EolJorat Nord, d'EolJorat Sud, de Grandsonnaz, de Grandevent, de Vuarrens et les projets de Bottens et Chavanne sur Moudon (actuellement à l'arrêt).

Questions à Jacqueline de Quattro, la conseillère d'Etat vaudoise en charge du Territoire et de l'Environnement.

Vous attendiez-vous à ces zones d'exclusion décrétées par le Département de la Défense (DDPS)?

Non, et la manière dont le Département de la Défense nous dévoile aujourd'hui ces zones d'interdiction n'est pas acceptable. La Confédération a approuvé notre planification éolienne de 2015, cela fait déjà une année. On savait que cette étude d'ArmaSuisse était en cours, nous avons donc demandé des informations pour positionner les parcs, mais sans avoir pu avoir accès à des informations. A Provence, le porteur du projet a déjà consulté deux fois le DDPS et a reçu des préavis positifs. Les autorités fédérales s'exposent à devoir payer des dommages et intérêts aux promoteurs.

Mais vous saviez qu'il y aurait des restrictions?

On s'y attendait, mais pas dans cette proportion. On découvre que trois parcs seraient à exclure, en partie ou totalement, cela représente 112 gigawattheures de notre production. Et sept autres sites doivent de nouveau être analysés, comme EolJorat Sud qui a déjà passé le stade de la mise à l'enquête et en est à celui du traitement des recours. Le tout additionné, cela met en péril la production de plus 550 gigawattheures, l'équivalent de la moitié du potentiel de production vaudois. Cet été encore, l'Office fédéral de l'Energie nous affirmait que Berne attendait du canton de Vaud qu'il produise 25% à 30% de l'énergie éolienne de toute la Suisse. Le problème, c'est que nous avons des radars qui ne sont plus assez performants à Payerne et qui devraient être remplacés. Il n'est pas cohérent d'exclure des parcs à cause de la vétusté des radars, qui ne peuvent pas distinguer une éolienne d'un avion, et de nous demander d'un autre côté de miser sur l'éolien.

Est-ce que cela met en péril la concrétisation des parcs ou ce n'est qu'un obstacle de plus?

Il est vrai que les obstacles sont nombreux. L'alouette lulu, le grand tétra, les chauves souris, la projection de glaçons ou Skyguide et les restrictions militaires provoquent des discussions depuis des années. Mais ce qui est grave aujourd'hui, c'est l'incohérence du message. Les Vaudois sont prêts à sortir du nucléaire et à miser sur les renouvelables. Nous devons travailler, discuter, convaincre la population, pour que les gens acceptent des mâts, des installations géothermiques ou de la biomasse. On leur demande de consommer moins, ou différemment. Mais si des messages contradictoires viennent de Berne, c'est catastrophique. A quelques mois du vote sur la Stratégie énergétique 2050, c'est un très mauvais signal. Dans ces conditions, on aura de la peine à concrétiser dans les temps une sortie du nucléaire.

Créé: 09.12.2016, 17h16

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