Et si Métraux reprenait l’environnement?
Conseil d’ÉtatDes voix vertes réclament que la conseillère d’Etat hérite des rênes du département de Jacqueline de Quattro. L’élection complémentaire de février offre une possibilité.
Béatrice Métraux quittera-t-elle bientôt le Département des institutions et de la sécurité (DIS) pour prendre les rênes du Département du territoire et de l’environnement (DTE)? «On me pose cette question 25 fois par jour, réagit la conseillère d’État Verte. Je réponds simplement que le Conseil d’État doit tenir compte de l’attente de la population en matière environnementale. C’est à l’issue de l’élection complémentaire que la question de l’attribution des départements se posera. Le collège gouvernemental décidera.»
Les Verts bondissent aux fédérales et Adèle Thorens devient la seule élue de la gauche vaudoise au Conseil des États, et tant pis pour l’allié socialiste. Tout naturellement, ils visent à récolter les premiers fruits de leur succès. La répartition des départements qui suivra l’élection complémentaire du 9 février, organisée pour remplacer Jacqueline de Quattro, leur offre une occasion en or, estiment des ténors Verts.
La retraite de M. Métraux
Pour que Béatrice Métraux devienne cheffe du DTE, un premier obstacle personnel vient de se lever. «Jusqu’à présent, nous nous disions qu’un tel changement n’était pas possible, parce que son mari, Jean-François Métraux, occupe un poste à responsabilité au DTE», souligne le député lausannois Yves Ferrari. Seulement, l’inspecteur cantonal des forêts est à la retraite depuis fin octobre. Un potentiel conflit d’intérêts s’efface donc.
«Nous verrions d’un très bon œil la reprise du Département du territoire et de l’environnement par une Verte». Alberto Mocch, président des Verts
Depuis son élection en 2007, c’est la PLR Jacqueline de Quattro qui a dirigé le DTE. Charles-Louis Rochat (libéral), puis Jean-Claude Mermoud (UDC) l’ont précédée. De fait, jamais un ministre écologiste n’a été à la tête du département en charge de l’Environnement. Ni Philippe Biéler, ni François Marthaler, ni Béatrice Métraux. Une situation qui n’a que trop duré, selon les dirigeants écologistes. «Notre électorat souhaite une politique environnementale plus ambitieuse, explique le président des Verts vaudois, Alberto Mocchi. En ce sens, la reprise du DTE par une Verte serait intéressante et nous la verrions d’un très bon œil. Toutefois, ce n’est pas au parti d’en décider.»
Déjà cheffe quelques mois
Le parlement n’a rien à dire, non plus, sur la répartition des sept départements de l’Administration cantonale. C’est la loi, rappellent les présidents des deux autres partis gouvernementaux, le PS et le PLR, sans vouloir commenter davantage. La présidente des socialistes, Jessica Jaccoud, souligne juste un fait: la ministre Verte est déjà en charge de l’Environnement pour quelques mois. «Béatrice Métraux étant suppléante de Jacqueline de Quattro, elle sera à la tête du DTE jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau membre du gouvernement, remarque Jessica Jaccoud. Il reviendra ensuite au gouvernement de décider.» Un fait de bon augure? Motus.
Le PLR veut de la souplesse
Au PLR, le président Marc-Olivier Buffat estime que «jouer aux chaises musicales n’est pas la priorité». Le parti s’apprête à lancer la candidature de Christelle Luisier pour remplacer Jacqueline de Quattro. La députée syndique de Payerne est donnée favorite. Logiquement, si le souhait des Verts se réalise, Christelle Luisier deviendrait cheffe du DIS. Le DTE aura de toute façon une nouvelle cheffe. «Les libéraux-radicaux plaideraient pour que les Communes disposent de plus d’autonomie et de souplesse en aménagement du territoire, prévoit le président du PLR Vaud. Le changement de personnalité à la tête du DTE serait l’occasion de revisiter le rôle du Canton.»
Vassilis Venizelos, chef du groupe des députés Verts, estime «légitime de mener une discussion sur la répartition des départements». Pour lui, la priorité est d’être exigeant avec le DTE, surveiller les dossiers, augmenter le personnel, l’investissement dans la transition énergétique, l’aide aux Communes pour l’aménagement du territoire. «Le DTE n’a pas les moyens nécessaires pour mener une vraie politique environnementale», juge Yves Ferrari.
Pas deux Verts au Château
Une chose semble sûre, la poussée des Verts aux fédérales ne devrait pas se traduire par une candidature verte au Conseil d’État. «Briguer un cinquième siège pour la majorité rose-verte serait arrogant», relève Vassilis Venizelos. Béatrice Métraux le dit aussi: «L’ambition des Verts, c’est aux Verts de la déterminer, mais pour moi l’équilibre politique est très important et nous devons tous avoir en tête que c’était le message des Vaudois dimanche. Un deuxième Vert au gouvernement? En tant que membre des Verts, j’ai des réserves. C’est plutôt la montée en puissance de cette attente environnementale qu’il faut considérer, notamment par la mise en œuvre du plan climat.» On y revient: le plan climat est de la responsabilité du DTE… Mais elle n’en dira pas plus.
Mercredi soir, les Verts se réunissent en «comité élargi», une sorte d’assemblée générale à huis clos pour fixer sa stratégie. «À ma connaissance, personne chez les Verts ne veut se lancer dans cette complémentaire», dit Alberto Mocchi, en rappelant que c’est aussi la position de la direction du parti.
Créé: 11.11.2019, 22h25
PS: le nécessaire examen de conscience
Le bilan et l’analyse auront lieu, disent les socialistes vaudois au lendemain de la perte de leur siège au Conseil des États. Mais ils se gardent bien de dévoiler quelle leçon les camarades seront encouragés à tirer. La cause de l’échec est «multifactorielle», disent-ils tous, sans détailler.
La présidente de section, Jessica Jaccoud, résume la position du PS qui ne «s’interdit aucune piste de réflexion» pour comprendre ce qui s’est produit et trouver des solutions. Mis à part «la vague Verte» et «l’alliance de droite qui a bien fonctionné», certaines causes sont à chercher dans le parti. Car Ada Marra n’est pas parvenue à prendre des voix hors de son camp, à l’inverse de sa colistière. Était-elle la bonne candidate ou simplement un atout femme évident mais trop clivant pour une majoritaire? La campagne a-t-elle été idéalement menée?
Sous couvert d’anonymat, un ancien cadre assène: «Le secrétariat général ne donne pas satisfaction. Au niveau du comité, il va falloir des gens qui secouent la baraque. On peut s’en vouloir parce que nous n’avons pas assez fait l’effort d’avoir le leadership. Adèle Thorens a été la patronne, Ada n’a pas pris ce rôle.» L’allié Vert fait-il peur au parti qui gagnait tout? Lundi, une phrase de Nuria Gorrite parue dans «Le Temps» disant que les Verts sont «un parti crédité d’une présomption de compétences» a «choqué» Adèle Thorens. La présidente du Conseil d’État concède que «la formulation est malheureuse» et qu’elle a été mal comprise. «Je dis que les gens en général ont tendance, sur les questions climatiques, à reconnaître aux Verts une plus grande compétence alors que nous avons au PS des figures engagées de longue date sur ce thème.» L’impact de cette nouvelle dynamique sur l’alliance se fera sentir dans les mois à venir, lors de la campagne pour les communales.
Un gréviste du climat candidat au Conseil d’État
Le départ annoncé de la conseillère d’État Jacqueline de Quattro – élue au Conseil national le 20 octobre – attise quelques envies. Ceux qui imaginaient une élection tacite de la PLR Christelle Luisier Brodard en février prochain seront déçus.
Car les organisateurs vaudois de la Grève du climat ont décidé de lancer un candidat au gouvernement.
«La Grève du climat Vaud brigue la place au Conseil d’État afin de mettre en place les structures nécessaires pour entamer une transition écologique radicale qui permettra de répondre à l’urgence qui s’impose tout en respectant le principe de justice climatique», indique le communiqué diffusé lundi matin.
Pour l’instant, ces organisateurs refusent d’en dire plus et annoncent qu’ils donneront davantage de détails jeudi.
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