Mettre les surfaces bâties en perspective

Utilisation du solDerrière l'accroissement régulier de la surface bâtie, leur perception dépend de plusieurs facteurs. La façon dont on aborde les surfaces construites, pas toutes bétonnées, et leur répartition, influence le regard.

Quel est le poids des activités humaines non agricoles sur le territoire? Le décryptage en surfaces.

Quel est le poids des activités humaines non agricoles sur le territoire? Le décryptage en surfaces. Image: Mathieu Rudaz

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Trop importante, la place de l'espace bâti dans le canton? Oui et non. En 1979-1981, lors de la première analyse du territoire vaudois par l'OFS, l'espace affecté par les activités humaines non agricoles (infrastructures de transport, habitations, usines, surfaces non bétonnées comme les jardins familiaux) mis bout à bout représentait 23'999 hectares, soit 7,47% de la surface du canton.


A lire aussi: Les dix chiffres à connaître sur le territoire vaudois


Au dernier survol, en 2012-2014 (les données postérieures ne sont pas encore connues), le poids des activités humaines non agricoles passait à 32'142 hectares. Nous avons donc passé le cap des 10% d'utilisation de notre sol. A noter que la plus forte progression remonte au boom précédant les années 1990.

Comment le canton de Vaud utilise son territoire

En accumulant par blocs les espaces construits par l'activité humaine (en rose), la place de l'agriculture (en jaune) et les forêts (en vert), la place du béton et des surfaces liées aux activités résidentielles, de transports et de loisirs par exemple, donne l'impression d'occuper peu d'espace du territoire.

Ce qui manque? «L'analyse doit aussi prendre en compte des données comme le nombre de mètres carrés utilisés par telle ou telle activité économique, ce qu'on n'a pas, relève Jérôme Chenal, maître d'enseignement et de recherche à l'EPFL. Il faudrait aussi prendre très finement l'évolution du PIB et comparer avec l'extension des surfaces.»

La densité est aussi une donnée qui fait défaut. «Nous avons fait une cartographie du développement de l'agglomération Lausanne-Morges depuis 1919, relève le professeur honoraire de la Faculté de géosciences de l'UNIL, Antonio Da Cunha, le nombre d'habitants par mètre carré permet de mieux cerner le rôle du contournement de Lausanne, le centre qui se vide de ses habitants, le développement concentré puis plus large...»

La répartition des surfaces bâties

La perception des phénomènes communément appelés mitage et étalement urbain, deux notions bien plus complexes, relèvent les spécialistes, dépend aussi de son emplacement. C'est un poncif. Mais dans un territoire plat, comme dans d'autres régions d'Europe, l'extension des agglomérations et surtout des habitats de faible densité a pris plus d'ampleur que dans une géographie comme la nôtre. Surtout, elle a pris moins de place dans les discussions collectives.

Chacun de ces carrés représente 0,64 km2 dédiés majoritairement à l’habitat et à l’infrastructure, comme les constructions et les routes.

Le confinement du territoire

Reprenons les manuels de géographie d'école primaire. C'est évidemment sur le Plateau, entre le Jura et les Alpes, que se concentre l'essentiel de l'activité humaine.

Rapporté à l'espace réellement utilisable par les infrastructures communautaires, dont l'essentiel de la marge de progression vise actuellement les surfaces agricoles de plaine, voici la place des habitations, industries et autres activités non agropastorales.

Les aires d’habitat et d’infrastructure ne sont pas également constituées uniquement de béton. Elles comprennent par exemple les terrains de golf, les parcs publics et les terrains jouxtant les habitations. Ces derniers représentent près de six fois la surface occupée par les logements.

Le cœur de l'analyse du bâti repose notamment, mais pas que, sur les «surfaces attenantes» aux bâtiments. L'espace qui leur est donné pour respirer. Dans les cas des villas, les superficies, en diminution depuis les années 1980, restent importantes.

A noter que la densification urbaine et les nouveaux projets d'urbanisation qui doivent préparer la ville de demain, conservent toujours des ratios de surfaces importantes: chemins piétonniers, parcs, espaces naturels, mobilité, axes de circulation... ces «vides structurants» dans le vocabulaire des urbanistes est appelé à prendre de plus en plus d'importance.

Créé: 06.02.2019, 13h18

Articles en relation

Les dix paramètres à connaître sur le territoire vaudois

Développement Avant la votation sur l’initiative «Stop mitage», l’analyse des chiffres révèle en quoi le paysage a mué. Plus...

Quand le territoire était perçu comme une marchandise

Vaud du ciel 2/6 Le mitage du territoire vaudois résulte d’une démographie galopante associée à une conception essentiellement économique du sol. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.