Meurtre d'Assens: «Il cherchait une femme discrète et réservée»

Gros-de-VaudClaudia G. avait disparu de son domicile le 28 octobre dernier. Son mari a fini par avouer l’avoir tuée

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé dans la nuit du 27 au 28 octobre.

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé dans la nuit du 27 au 28 octobre. Image: Patrick Martin

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Le village d’Assens, dans le Gros-de-Vaud, est sous le choc. Depuis six semaines, inspecteurs et agents de la police cantonale vaudoise s’acharnaient à essayer de retrouver la trace de Claudia G., 36 ans, d’origine roumaine, qui avait disparu de son domicile dans la nuit du 27 au 28 octobre dernier en y abandonnant son fils âgé de trois mois.

En dépit de battues minutieuses – deux d’entre elles ont impliqué jusqu’à près de 80 personnes aidées par la Protection civile –, de la mobilisation d’un hélicoptère et de plongées dans le petit lac Coffy, près de Bioley-Orjulaz, ainsi que dans d’autres étangs de la région, Claudia G., alors qualifiée de «perturbée» par son mari, restait introuvable.

En revanche, les investigations des enquêteurs de la division criminelle, elles, ont porté leurs fruits. Au fil des jours, l’étau s’est resserré autour du mari de la disparue, un ingénieur de nationalité suisse, collaborateur au service Achat et Logistique de la Ville de Lausanne depuis quatre ans et membre de la Confrérie du Guillon. D’autant plus que la disparue – élément intrigant – avait laissé tous ses effets personnels à la maison. Philippe Vautier, procureur principal du Nord vaudois, a donc fini par diriger l’instruction contre lui et, le mardi 11 décembre, l’a convoqué comme prévenu. Thierry G., 44 ans, n’a pas été long à avouer que c’est bien lui qui, dans la nuit du 27 au 28 octobre dernier, à la suite d’une dispute, selon ce qu’il affirme, a tué son épouse en l’étranglant, avant d’enterrer son corps dans les fourrés proches de son domicile.

L’homme a conduit les enquêteurs sur les lieux, où la dépouille de Claudia G. a été déterrée avant d’être confiée au Centre universitaire romand de médecine légale. Thierry G. a été placé en détention et l’enquête sur les circonstances précises de l’homicide se poursuit.

En Italie où elle vit avec sa famille, Liliana C., la sœur aînée de Claudia G., ne mâche pas ses mots en dépit de son immense chagrin: «Ma sœur n’était en rien dépressive. C’est lui qui est un personnage étrange, solitaire, coupé de sa famille. Ils se sont mariés il y a à peine un an, à toute vitesse, parce qu’il cherchait apparemment une femme discrète et réservée. Imaginez-vous qu’il ne la sortait jamais, et qu’il a même refusé de faire notre connaissance, à mon frère et à moi. Nous avons dû, lors d’une visite en Suisse, entrer en cachette dans la maison pour enfin voir le bébé. Le père, je l’ai à peine croisé, il m’a donné l’impression d’être un animal à sang froid… Mais il n’était pas violent, j’en suis sûre, et c’est dommage: s’il l’avait été, elle s’en serait méfiée davantage, elle aurait pu se défendre.»

Un membre de sa famille se souvient que l’homme, qui a perdu ses parents il y a bien longtemps, a grandi à Cheseaux-sur-Lausanne. «Je ne l’ai croisé qu’une seule fois, à une fête de famille. Visiblement, il ne portait pas ce genre de manifestation dans son cœur. Mais il a fréquenté la classe de ma femme, et elle garde le souvenir d’un élève brillant.»

«Un homme si calme»
A Assens, les voisins de la famille G. – qui gardaient le bébé de 3 mois de temps à autre et s’en occupaient encore davantage depuis la disparition de sa maman – sont littéralement bouleversés par la nouvelle qu’ils apprennent de notre bouche: «Je comprends pourquoi le Service de protection de la jeunesse (SPJ) est venu chercher l’enfant mardi. Excusez-moi mais je dois m’asseoir, et je n’arrive pratiquement plus à parler. Dire que c’était un homme tellement calme…»

Bernard Despont, syndic d’Assens, a appris l’effroyable nouvelle hier matin, par la presse: «Lui vivait ici, dans une belle maison, depuis plusieurs années. Mais le couple, récemment formé, s’était peu intégré dans la vie du village. Je crois savoir qu’avant la Ville de Lausanne, il a travaillé en Guyane, puis chez Bombardier à Villeneuve.»

L’enfant, que le drame prive successivement de ses deux parents, est donc aujourd’hui confié au SPJ. «Nous allons investiguer pour vérifier s’il peut être confié à des membres de sa famille, précise Philippe Muriset, son directeur. Mais dans des cas comme celui-ci, fort heureusement très rares, la famille est analysée avec beaucoup de circonspection, de crainte que l’enfant soit victime d’une vengeance. En général, nous privilégions une famille d’accueil et, en attendant de la trouver, la Fondation la Pouponnière et l’Abri. Cela dit, le bébé passera rapidement sous la responsabilité du tuteur général, puisque le père sera évidemment déchu de l’autorité parentale.»

Florence Germond, municipale lausannoise en charge du service où travaillait Thierry G., ne fait aucun commentaire mais tient à préciser que les 35 personnes qui le composent ont participé hier matin à une séance de crise et que le soutien d’une psychologue leur a été proposé.

Créé: 13.12.2012, 07h25

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