La mobilité à l’horizon 2050

VaudLe Canton s’est projeté dans le futur pour essayer d’identifier les besoins en transport des Vaudois.

La Conseilère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite, en charge des Infrastructures.

La Conseilère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite, en charge des Infrastructures. Image: Jean-Bernard Sieber/ARC

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L’an 2050 paraît bien loin. Mais, en termes d’infrastructures, c’est demain. A titre d’exemple, la réalisation du très attendu contournement autoroutier de Morges n’est pas espérée avant 2045-2050. Il n’est donc jamais trop tôt pour planifier le développement des réseaux de communication afin d’éviter leur asphyxie.

La conseillère d’Etat Nuria Gorrite a profité de la prochaine Semaine de la mobilité, qui se tient du 16 au 22 septembre, pour se projeter dans trente-cinq ans. Lundi, elle a présenté les résultats d’une étude prospective sur la mobilité à l’horizon 2050, commandée par son département. Démographie galopante, utilisation quotidienne de plusieurs modes de transport et «explosion» du nombre de pendulaires obligent l’Etat de Vaud à poursuivre ses investissements et développer les infrastructures. Nuria Gorrite résume le défi qui attend le Canton: «Les gens bougent énormément et se déplacent toujours plus loin.»

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La population vaudoise connaît l’une des plus fortes croissances du pays. Ce boom démographique devrait se poursuivre. Le canton comptait 767 000 habitants en 2015. La barre du million sera franchie en 2040. La création d’emplois devrait suivre la même tendance ces prochaines décennies. Des infrastructures de transports performantes seront nécessaires pour relier les habitants à leur emploi et aux zones d’activité. D’ici à 2050, le nombre de pendulaires va probablement doubler. «Et tout ce monde se retrouvera aux heures de pointe sur les axes de communication», note Nuria Gorrite.

Evolution des mœurs

L’équation se complexifie lorsque l’on prend en compte l’évolution des mœurs. Les Vaudois recourent toujours plus aux transports publics pour se rendre au travail. Alors que la fin du siècle dernier était encore marquée par le tout à la voiture. «Le report modal n’est plus un objectif, mais une réalité, souligne la conseillère d’Etat. Les pendulaires font le choix des transports publics, c’est une réalité qu’il faut accompagner.» Aujourd’hui, déjà 44% des ménages lausannois n’ont pas d’automobile, par exemple.

«Les gens bougent énormément et se déplacent toujours plus loin»

Mais la voiture reste privilégiée pour les trajets qui relèvent des loisirs. D’ailleurs, ceux-ci sont désormais le premier motif de déplacement (37% contre 30% de pendulaires). Plus généralement, les gens utilisent plusieurs types de transport quotidiennement. «L’idée est de garder au maximum les voitures sur les routes nationales et de favoriser les transports publics au sein des agglomérations», ajoute la cheffe de département.

Le télétravail ou les évolutions technologiques, comme les véhicules autonomes, changeront peut-être la donne ces prochaines années, «Nous sommes attentifs à ces phénomènes qui peuvent fluidifier le trafic, mais cela ne résoudra pas tout», estime Nuria Gorrite. Ajoutez à cela le transport des marchandises nécessaires à l’économie et vous obtiendrez un panorama plutôt complet des défis costauds qui s’annoncent. Pour y faire face, plusieurs projets d’infrastructure sont sur le feu.

Craintes à l’ATE

Sur le plan ferroviaire, on peut noter le programme Léman 2030, qui doit doubler la capacité de places assises entre Lausanne et Genève. Il y a également le projet de RER vaudois, qui augmentera la cadence sur toutes les lignes régionales. Dans l’agglomération lausannoise, le tram, notamment, devrait tôt ou tard voir le jour, tout comme le développement du métro. Le contournement autoroutier de Lausanne sera, lui, revu afin de supprimer les goulets d’étranglement.

«L’idée est de garder au maximum les voitures sur les routes nationales et de favoriser les transports publics au sein des agglomérations»

A ce titre, l’Association Transports et Environnement (ATE) craint que les améliorations autoroutières prévues rendent «la voiture plus compétitive qu’elle ne l’est déjà.» Pour Nuria Gorrite, il ne faut pas jouer un type de transport contre un autre, mais les coordonner. La conseillère d’Etat s’inquiète, elle, beaucoup plus de la longueur des procédures pour réaliser les infrastructures de transport en raison des oppositions toujours plus nombreuses.

Créé: 13.09.2016, 06h52

En chiffres

1 040 000 Il s’agit d’une projection du nombre d’habitants dans le canton de Vaud en 2040.

150 000 Entre 110 000 et 150 000 emplois devraient être créés dans le canton d’ici à 2050.

260 000 Ce chiffre est une projection du nombre de pendulaires en transports publics à l’horizon de 2050.
Ils étaient 100 000 en 2012.

37% Ce pourcentage représente la part des déplacements pour les loisirs. C’est le premier motif de déplacement des Vaudois devant le travail et la formation (30%).

95% Il s’agit du pourcentage d’habitants et d’emplois desservis par des transports publics dans le canton de Vaud. Mais la fréquence et la qualité de cette desserte varient considérablement selon les régions.

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