Une molécule réduit la toxicité de l’immunothérapie

OncologieDes chercheurs ont trouvé comment contrer les effets secondaires des nouveaux traitements contre le cancer.

Les chercheurs du LPDI (Laboratoire de conception de protéines et d'immuno-ingénierie) de l'EPFL: Bruno Correia, Sailan Shui, Pablo Gainza et Sandrine Georgeon. Image: EPFL/Alain Herzog

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Des scientifiques de l’EPFL, du CHUV et de l’UNIL ont mis au point un procédé pour inhiber l’immunothérapie quand les effets secondaires toxiques mettent en danger les patients. Ils ont trouvé un système pour «désactiver» sur commande le traitement et protéger les malades qui réagissent mal à leur thérapie.

Administrée à un nombre croissant de patients atteints du cancer, l’immunothérapie consiste à stimuler le système immunitaire afin qu’il attaque les cellules cancéreuses. La manœuvre n’est pas sans danger, notamment dans le cas de tumeurs solides, comme les carcinomes ou les sarcomes. «Les cellules T modifiées ont tendance à attaquer également des tissus sains, causant une haute toxicité et des dommages importants sur les organes, menant même à la mort du patient», indique l’EPFL.

Rappelons que, dans ce type d’immunothérapie (CAR), les médecins prélèvent chez le malade des lymphocytes T via une prise de sang. On dope ensuite la puissance de ces cellules T en les transformant génétiquement. Grâce à de nombreux récepteurs en surface, elles détectent les cellules tumorales et les détruisent. «Les cellules T sont superpuissantes, relève la doctorante Melita Irving, cheffe d’équipe au Département d’oncologie du CHUV et à l’Institut Ludwig. Parfois trop. Il est important d’avoir un filet de sécurité. Nous avons trouvé le moyen de les contrôler et de les inhiber sur commande.»

C’est une molécule, prise comme un médicament par le patient, qui permet de désactiver les cellules T génétiquement modifiées. Elles reprennent leur travail dès que ladite molécule n’est plus administrée.

Le procédé a été testé avec succès sur des souris atteintes du cancer de la prostate. «J’espère que, dans deux ou trois ans, cette méthode de contrôle (appelée STOP-CAR) sera disponible pour les patients», indique Melita Irving.

Les scientifiques relèvent aussi que cette découverte «devrait permettre d’accélérer le développement clinique de nouvelles thérapies CAR qui étaient jugées trop risquées jusqu’ici».

Créé: 20.02.2020, 19h59

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