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Une montre connectée pour gérer la vigne

Le leader du sécateur, basé à Neuchâtel, lance une solution connectée pour aider à la gestion de la vigne, créée sous l'impulsion de la HES-SO.

Benoît de Montmollin teste le boîtier depuis six mois dans ses vignes d’Auvernier (NE).
Benoît de Montmollin teste le boîtier depuis six mois dans ses vignes d’Auvernier (NE).
FELCO / DR

Les petits nœuds de plastique que l'on voit accrochés en haut des échalas pour signaler un pied de vigne problématique pourraient bientôt disparaître des coteaux. «Pouvoir géolocaliser les anomalies précisément sur une carte, c'est mieux que ces petits plastiques, dont la moitié s'envolaient ou dataient de l'année précédente», sourit Benoît de Montmollin.

Le vigneron du Domaine de Montmollin, à Auvernier (NE), fait partie de la poignée de professionnels qui testent depuis six mois dans leurs vignes le prototype de Digivitis. Il a aussi été consulté pour que ce boîtier connecté – destiné à collecter toutes les données de la vigne et à en faciliter sa gestion – colle au plus près des préoccupations de la profession. Lancée ce lundi au château d'Auvernier par le spécialiste du sécateur Felco, cette nouveauté sera commercialisée durant l'été 2020.

«On digitalise tout ce qu'on devait avoir en tête»

Quel pourcentage de la parcelle a déjà été taillée? Où se trouvent précisément les ceps morts à arracher? Dans quel rang a-t-on repéré des taches de mildiou? Digivitis propose de répondre de manière numérique à ces questions, qui reviennent chaque saison sur la table du vigneron. La planification des tâches à effectuer se fait via une plateforme web qui propose une visualisation précise des parcelles (à 50 cm près, grâce à un relevé par drone) et de ses anomalies (maladies végétales, fil coupé…). À terme, les données collectées, et conservées sur un serveur sécurisé, permettent d'analyser l'évolution de la vigne. «En fait, on digitalise tout ce qu'on devait avoir en tête», résume Benoît de Montmollin.

Surveiller le tâcheron?

Ce boîtier connecté porté au poignet ne fait-il pas craindre une surveillance à la Big Brother des ouvriers viticoles? «Cela peut donner cette impression, mais on ne pourra pas suivre en temps réel la progression de chacun», rassure Elodie Kuntzer, vigneronne au Domaine Saint-Sébaste, à Saint-Blaise (NE), qui participe aussi au test. Elle évoque en revanche une réticence de certains employés viticoles âgés, rebutés par cette nouvelle technologie. «Mais cela reste un boîtier à trois boutons avec une manipulation très simple.»

L'innovation – une première, testée également en Valais, en France et en Italie et déjà primée dans un salon agricole professionnel en France – est née d'une proposition de la HES-SO et est soutenue par le Canton de Neuchâtel. «En 2015, les futurs responsables du master Innokick sont venus nous voir. Ils voulaient qu'on leur fournisse un sujet de master qui lierait ingénieurs, économistes et designers», raconte Stéphane Poggi, directeur de Felco Motion, le pôle innovation du fabricant de sécateurs rouges.

La HEIG-VD a aussi participé au projet, en développant une solution pour mesurer précisément les rangs d'une parcelle. Digivitis est amené à évoluer selon les retours des utilisateurs. Il sera commercialisé dès juillet 2020 en Suisse et en France, puis en Italie, aux États-Unis et en Afrique du Sud. L'outil sera aussi adapté pour l'arboriculture. Son prix – qui comprendra la cartographie du domaine, l'achat des boîtiers et un abonnement annuel – n'est pas communiqué, «mais les chiffres qu'on articule ne choquent pas les vignerons consultés», promet Stéphane Poggi.

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