Montreux se sent pousser des ailes olympiques

CandidaturePour répondre à Swiss Olympic qui entend faire revenir les Jeux olympiques d’hiver au cœur des Alpes, Montreux sort du bois. Elle rejoint Sion, qui aurait les faveurs de la cote.

La candidature suisse occidentale avait été annoncée en mai dernier, à Lausanne.

La candidature suisse occidentale avait été annoncée en mai dernier, à Lausanne. Image: KEYSTONE

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«Que Lausanne soit deux fois ville hôte des Jeux, ce n’est pas nécessaire. Ce serait peut-être même négatif, mais c’est mon opinion personnelle.» La petite bombe, lâchée il y a quelques jours par Jörg Schild, président de Swiss Olympic, concerne la candidature valdo-valaisanne pour les Jeux olympiques d’hiver de 2026. Et plus précisément sa ville hôte.

En clair, selon Jörg Schild, Lausanne, qui accueille déjà les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) en 2020, ne saurait raisonnablement être, en plus, «host city» des Jeux d’hiver six ans plus tard. Toute capitale olympique qu’elle soit.

La déclaration du président n’engagerait-elle que lui, elle témoigne également de la volonté de Swiss Olympic de faire revenir les Jeux d’hiver au cœur des Alpes. Lausanne souffrirait donc de ne pas être assez proche des montagnes pour ambitionner de les accueillir. A ce sujet, le choix de Sion serait ainsi plus adapté. Le même raisonnement s’applique au dossier grison, où St. Moritz serait préféré à Coire.

Cérémonie d’ouverture à Vevey

Faut-il dès lors y voir une porte définitivement fermée pour le canton de Vaud? Pas certain. «Toute cette histoire relève d’un gros malentendu car, à ce stade, la candidature de Lausanne n’est plus à l’ordre du jour», annonce Bernard Rüeger, président de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), à l’origine de la candidature vaudoise, qui a depuis fusionné avec le projet valaisan de Christian Constantin (lire ci-contre).

Et l’industriel de sortir une immense surprise de son chapeau: la ville hôte, si elle devait se trouver en terre vaudoise, serait en réalité Montreux. «Notre projet prévoit des épreuves à Berne, à Fribourg, en Valais et dans le canton de Vaud. Au cœur du dispositif, Montreux est idéalement placé. Il se dégage d’ailleurs un véritable enthousiasme de la ville de la Riviera.»

De son côté, Grégoire Junod, syndic de Lausanne, précise: «Lausanne est engagée à fond dans l’organisation des JOJ 2020 avec d’importants investissements à la clé. C’est aujourd’hui notre priorité. Par ailleurs, le projet de candidature pour 2026 comporte pour l’heure trop d’inconnues financières pour que Lausanne puisse maintenant s’engager comme ville hôte. Mais nous sommes bien entendu partants pour participer à un projet romand.»

Les porteurs du projet prennent acte et misent donc désormais sur Montreux, qui multiplierait les avantages. «La ville est dotée d’une infrastructure hôtelière, notamment de luxe, très importante. Elle est également totalement équipée en fibre optique, avec une puissance technologique comparable à celle du CERN (ndlr: le Laboratoire européen pour la physique des particules). Il n’y aurait donc pas besoin de se ruiner en camions à hautes antennes, ce qui permettrait d’économiser des millions. Sans oublier sa dimension culturelle conséquente et le fait que, en Suisse, le tourisme britannique est né à Montreux», énumère le président de la CVCI, qui a même déjà pensé à la cérémonie d’ouverture. «Pourquoi pas à Vevey, sur le site de la Fête des Vignerons.»

Forte de ses avantages, la ville de Montreux aurait ainsi autant de chances que Sion, assure encore Bernard Rüeger. «Ravi de l’apprendre», sourit Laurent Wehrli, syndic de Montreux, également très enthousiaste quant à cette candidature. «Elle n’est pas du tout bidon tant notre ville peut régater au regard des normes du CIO», ajoute le conseiller national PLR, qui vante lui aussi tous les avantages de sa ville, notamment en termes d’infrastructures et d’équipements. «Sans oublier que Montreux a un véritable passé de ville de sports d’hiver. Dans les années 1930 s’y est par exemple tenu le premier championnat du monde de bobsleigh et nous avons déjà été associés à des projets olympiques.»

A noter que Montreux est la première ville à faire officiellement acte de candidature pour devenir ville hôte. En Valais, la décision des autorités est attendue ces prochains jours.

Au comité de trancher

Aujourd’hui, au niveau national, les candidatures valdo-valaisanne et grisonne sont les plus avancées. Et même les favorites, selon certains commentateurs. Mais dans un cas comme dans l’autre, encore faut-il s’accorder sur la fameuse ville hôte, un choix qui pourrait devenir une véritable pierre d’achoppement. Le choix est en effet loin d’être anodin, notamment en termes de rayonnement à l’international.

Rappelons que c’est au comité d’organisation de la candidature bicéphale valdo-valaisanne de choisir la ville hôte, et ce d’ici au 15 décembre prochain. Composé d’une dizaine de personnes, le comité d’organisation du projet suisse occidental est présidé par l’avocat et ancien vice-président de Swiss-Ski Jean-Philippe Rochat et compte deux vice-présidents: Bernard Rüeger et Christian Constantin. Un trium­virat inexorablement appelé à s’entendre, sous peine de tuer le projet dans l’œuf. «C’est effectivement au comité d’organisation de choisir sa ville hôte. Forts de notre expertise, nous conseillons les différents projets suisses pour qu’ils aient le plus de chances de convaincre le CIO. Dans une deuxième phase, nous analyserons les dossiers un par un», indique Alexander Wäfler, porte-parole de Swiss Olympic. Se retranchant derrière les procédures en cours. le communicant n’indiquera pas les éventuelles préférences de Swiss Olympic pour défendre les couleurs helvétiques.

En avril prochain, le Comité national olympique et son Parlement du sport décideront s’ils choisissent de présenter un projet au Comité international olympique, qui attribuera les Jeux d’hiver 2026 courant 2019.

Soutien espéré de la Confédération

Enfin, du côté de l’Etat, sans lequel aucune candidature ne saurait raisonnablement voir le jour, notamment pour des questions financières, on préfère rester en dehors de la mêlée. «Il ne m’appartient pas de m’occuper de la ville hôte, mais de voir si les critères fixés par le Conseil d’Etat sont réunis avant de voir si nous soutenons la candidature suisse occidentale. En l’occurrence, que les projets vaudois et valaisans n’en fassent plus qu’un, ce qui est acté. Mais également de pouvoir compter sur le soutien de la Confédération, qui doit notamment apporter une garantie de déficit. Nous y travaillons actuellement», conclut le conseiller d’Etat Philippe Leuba, qui n’articulera aucun chiffre à ce stade. (24 heures)

Créé: 20.10.2016, 06h46

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Constantin: «On a bien compris ce que voulait Swiss Olympic»

On le sent sûr de lui. En Valais, Christian Constantin ne s’en cache pas: à ses yeux, la ville du projet suisse occidental la mieux placée pour décrocher le titre de ville hôte, c’est Sion. A moins de deux mois du dépôt des dossiers, le boss du FC Sion, à l’origine de l’initiative valaisanne, s’en explique.

Où en est le dossier de candidature du projet valdo-valaisan?

Il avance très bien! Nous sommes en train de la peaufiner pour pouvoir le déposer au siège de Swiss Olympic, comme prévu, le 15 décembre prochain.

Le nom de Sion revient de plus en plus lorsqu’on évoque la ville hôte. L’avez-vous constaté?

Oui, on l’entend en effet de plus en plus. Les dernières déclarations du président de Swiss Olympic le prouvent. On sent une volonté de créer un événement au cœur des Alpes, donc Sion est littéralement la mieux placée pour décrocher le titre de ville hôte.

Comment se passent les relations avec les Vaudois dans ce dossier?

Elles sont impeccables. Il ne faut pas oublier que notre projet concerne les cantons du Valais, de Vaud, mais aussi de Neuchâtel, de Berne et de Fribourg. Nous sommes obligés d’être plusieurs, et d’être unis. Un canton seul ne peut pas y arriver, l’aventure de Sion 2006 l’a prouvé. D’ailleurs, que ce soit aux Diablerets ou à Morgins, les problèmes sont les mêmes, le tourisme de montage a besoin d’un nouveau souffle. La ville hôte est une chose, mais je rappelle que beaucoup de compétitions se dérouleraient dans le canton de Vaud. Tout le monde en profitera.

Que pensez-vous de l’intérêt de Montreux de devenir ville hôte?

A Lausanne, on n’était pas chaud, à Montreux, on l’est davantage. J’observe que plus on se rapproche du Valais, plus on est enthousiaste. Mais on a bien compris ce que voulait Swiss Olympic: replacer les Jeux au cœur des Alpes. Partant, Sion est inévitablement la ville la mieux placée pour devenir ville hôte. Aujourd’hui, deux villes sont candidates, mais il faudra bien faire un choix.

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