Un moteur de satellite mis au point par un étudiant

EspacePour son travail de Master à l’EPFL, Félicien Filleul a œuvré sur un propulseur ionique pouvant équiper un minisatellite.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il a ouvert la voie à un nouveau type de moteur spatial. Agé de 26 ans, Félicien Filleul vient de terminer son travail de Master - de fin d’études, donc - à l’EPFL. Il a mis au point un minipropulseur pour minisatellite qui utilise le plasma, ce quatrième état de la matière que l’on trouve par exemple dans les étoiles, les néons et certains téléviseurs.

Pour ce faire, il a fait appel aux compétences du Swiss Plasma Center, basé sur le campus de la haute école fédérale et qui mène des recherches notamment dans le domaine de la fusion nucléaire, et à celles du centre eSpace de l’EPFL, spécialisé dans les technologies spatiales. Le premier satellite suisse, lancé en 2008, a été conçu sur le campus d’Ecublens. C’était, précisément, un «CubeSat», soit un minisatellite, pesant à peine plus d’un kilo.

Economie de carburant

La propulsion ionique consiste à accélérer dans une direction donnée les particules en suspensions dans un plasma, ce qui crée une poussée et fait avancer le satellite. «On donne cette direction en confinant le plasma grâce à un champ magnétique d’une forme spécifique», précise Félicien Filleul.

Il ajoute que ce type de propulsion est inutilisable pour faire quitter la Terre à une fusée, où il faut une poussée conséquente, mais convient parfaitement pour faire avancer un engin dans l’espace. Elle offre l’avantage d’utiliser nettement moins de carburant que la technique chimique du moteur-fusée. Plusieurs agences spatiales s’en sont servies pour lancer des sondes explorer le système solaire. C’est le cas de l’Américaine Deep Space 1, qui a atteint une comète, de Hayabusa, une sonde japonaise qui a survolé un astéroïde, et de l’Européenne SMART-1 qui a tourné autour de la lune.

Sélectionné par l’Agence spatiale européenne

Félicien Filleul n’a pas eu le temps de réaliser un prototype complet, mais il a déjà réussi à construire la plate-forme d’expérience et à obtenir du plasma ayant la forme voulue, à partir d’Argon, un gaz proche du Xénon employé dans les sondes. «Ce qui est nouveau, c’est que j’ai pu transformer une petite antenne créatrice de plasma mise au point par une start-up issue de l’EPFL, Helyssen, qui envoie des ondes en forme de tire-bouchon. Elle était cylindrique et je l’ai dépliée pour la rendre plate. De cette manière, elle prend moins de place et pourrait par exemple être déployée sur l’une des faces d’un CubeSat.»

D’autres étudiants reprendront probablement le travail là où le nouveau diplômé l’a laissé. Et en attendant, Félicien Filleul a été sélectionné par l’Agence spatiale européenne pour effectuer un stage d’une année dans son centre de recherche ESTEC, aux Pays-Bas. Il y travaillera sur la propulsion ionique de deux futures sondes, participant à la mission Bepicolombo, qui doit être lancée en 2018 et aura pour point de mire la planète Mercure. (24 heures)

Créé: 20.07.2016, 17h46

Articles en relation

L'EPFL génère de l'électricité grâce à l'eau de mer

Recherche En produisant de l’électricité grâce au phénomène d’osmose avec efficacité, l’EPFL a les honneurs de la revue «Nature» Plus...

Un laboratoire redonnera vie aux archives du Montreux Jazz Festival

Renens L’EPFL et l’ECAL préparent une installation qui plongera littéralement le public dans des milliers d’heures de concert. Plus...

L'EPFL et Swisscom concrétisent leur partenariat

Innovation Fruit d'une collaboration s'articulant autour des dernières tendances numériques, le «Digital Lab» a été inauguré mercredi sur le campus de l'école. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.