Faute de moyens, «Le Régional» renonce à ses caissettes

PresseLa faillite de Publicitas a laissé un trou de 100 000 francs dans les caisses de l’hebdomadaire, qui cherche de nouveaux moyens de distribution

Les caissettes du Régional ont placardé dès le 30 juin un avis de renoncement à leur remplissage.

Les caissettes du Régional ont placardé dès le 30 juin un avis de renoncement à leur remplissage. Image: DR

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Les caissettes blanc et turquoise du «Régional» ne fleurissent plus entre Lausanne et le Chablais valaisan. Depuis le 12 juillet, la plupart d’entre elles (27 sur 37) reposent dans les entrepôts du Centre d’Impression Lausanne (CIL), à Bussigny.

Les lecteurs de l’hebdomadaire gratuit ont été prévenus du renoncement à leur remplissage via une affichette placardée le 30 juin sur les caissettes vides. On peut y lire que cette décision a été dictée par des «difficultés financières» rencontrées «à la suite de la faillite de Publicitas».

«Les placards sont autant d’ambassadeurs de ce qu’on fait, ils sont là pour interpeller nos lecteurs.»

Ce renoncement prive de «Régional» les lecteurs hors zone de distribution dans les boîtes aux lettres, dont certains ont réagi en s’abonnant, indique Stéphanie Simon, rédactrice en chef. Mais il a aussi un caractère douloureux dans la zone couverte. «Symboliquement, c’est assez fort. Les placards sont autant d’ambassadeurs de ce qu’on fait, ils sont là pour interpeller nos lecteurs.»

Pourtant, leur disparition représente une économie réelle d’«environ 40 000 francs» qu’il était urgent de réaliser. À laquelle s’ajoute une réduction de 50% d’un poste de journaliste. Le tirage du journal sera aussi réduit des 3700 exemplaires en caissettes.

Combler un trou de 100'000 francs

Ces économies sont destinées à combler le trou de 100 000 francs creusé par la faillite de Publicitas, ancien numéro un de la publicité sur le marché suisse, en mai dernier. «Cela représente les sommes qui nous appartenaient, que Publicitas a encaissées mais qui ne nous sont jamais parvenues», explique la rédactrice en chef.

Avec un chiffre d’affaires de quelque 4 millions de francs, le journal gratuit aux 100 000 lecteurs (126 500 exemplaires chaque jeudi), racheté par ses collaborateurs au groupe Tamedia en 2015, ne dégage que «de toutes petites marges». «Et avec les emprunts que nous avons contractés, nous n’avons pas les reins assez solides pour faire face à cette perte», indique Stéphanie Simon.

Une distribution repensée pour 2019

La disparition des caissettes est pourtant annoncée comme provisoire. «Le Régional» réfléchit à «un plan de distribution différent pour 2019», en plus de celle dans les boîtes aux lettres, qui ne change pas. Parmi les pistes, des caissettes – dix exemplaires sont encore en possession du «Régional» – pourraient être installées dans certains bureaux communaux ou dans des commerces, économisant ainsi les coûts d’entretien et de tournée.

Mais il faudra aussi trouver de nouvelles rentrées financières, prévient Stéphanie Simon. À l’image par exemple du partenariat que le journal a signé avec la Commune de Leysin, dont il diffuse les informations officielles, en les distinguant clairement des articles journalistiques. Le fonds de soutien alimenté par les lecteurs, qui récolte quelque 60 000 francs par année, témoigne en tout cas de leur attachement à ce journal de proximité. (24 heures)

Créé: 03.08.2018, 18h47

Même diffusion que Le Matin

Si le renoncement aux caissettes représente une économie pour «Le Régional», il signifie forcément une perte de l’autre côté.

L’hebdomadaire peut compter sur deux réseaux de distribution, dont le principal (27 caissettes) est le Centre d’Impression Lausanne (CIL) de Bussigny, qui imprime aussi le journal. «C’est de l’argent qui ne rentre pas, oui, indique Stéphane Mora, responsable transports chez Tamedia pour la Suisse romande.

Mais «Le Régional» était distribué en synergie avec «Le Matin» et «24 heures». La perte financière liée à l’arrêt du «Matin» Semaine est beaucoup plus énorme.» En effet, le réseau est autrement plus vaste, avec 879 caissettes (3012 si on compte celles du «Matin Dimanche») réparties dans toute la Suisse romande.

Dans les cantons de Neuchâtel, Valais, Jura et Fribourg, où «24 heures» et la «Tribune de Genève» n’ont pas de caissettes, une «grosse perte de volume» est enregistrée.
Des placards du «Matin» Semaine sont encore posés sur ces caissettes fantômes certains lundis pour annoncer des campagnes publicitaires sur lematin.ch.

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