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Nespresso accusé d'épuiser ses producteurs de capsules

Selon un sondage d’Unia, les employés d’Orbe, Avenches et Romont (FR) souffrent des nouveaux horaires introduits en janvier 2019. Le syndicat va dénoncer la situation à l’Inspection du travail.

Mardi 11 février, des syndicalistes d'Unia distribuaient des tracts, devant la boutique Nespresso du Grand-Pont à Lausanne, pour alerter les consommateurs sur les conditions de production des capsules.
Mardi 11 février, des syndicalistes d'Unia distribuaient des tracts, devant la boutique Nespresso du Grand-Pont à Lausanne, pour alerter les consommateurs sur les conditions de production des capsules.
Chantal Dervey

La scène est inhabituelle devant la boutique Nespresso, au Grand-Pont à Lausanne. Mardi 11 février, des syndicalistes d’Unia distribuaient des tracts aux passants. «Les capsules sont «recyclables», pas la santé des salarié(e)s!», dit le slogan.

L’action concerne les quelque 600 employés chargés de la production des capsules Nespresso sur les sites d’Orbe, d’Avenches et de Romont (FR), sur un total d’un millier de collaborateurs. Les tensions ne sont pas récentes. En mai 2018, une manifestation se déroulait déjà à Lausanne contre le changement d’organisation du travail alors en projet. La filiale de Nestlé voulait passer d’un système de production de cinq équipes à quatre par jour. Elle n’a pas négocié avec Unia mais avec des représentants du personnel. Et la mutation a eu lieu en janvier 2019.

La santé des salariés en danger

En novembre 2019, le syndicat a sondé les employés afin de mesurer les conséquences. «La nouvelle organisation est dangereuse pour la santé des salariés», lance Abdeslam Landry, secrétaire syndical d’Unia Vaud. Il se fonde sur les 240 réponses au sondage. Unia a remis les conclusions à la direction de Nespresso en décembre dernier, avant une séance, sans résultat, le 13 janvier.

À 88%, les employés sondés estiment que les conditions se sont détériorées cette dernière année. Ils sont 94% à se déclarer «très fatigués à cause des horaires de travail»; 60% pensent chercher un nouvel emploi prochainement et 67% ressentent une diminution de l’effectif.

Nespresso ne veut pas négocier avec Unia

Unia, qui veut être reconnu comme partenaire social dans les discussions, sans succès jusqu’ici, annonce une plainte aux services d’inspection du travail des cantons de Vaud et de Fribourg. L’horaire moyen a augmenté de 41 à 43 heures hebdomadaires. Pour assurer une production vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, les employés doivent travailler «jusqu’à 58 heures par semaine une fois par mois, et deux week-ends par mois pendant douze heures d’affilée, sans jamais avoir plus de deux jours de congé à la suite», dénonce le syndicat.

La direction de Nespresso n'est pas disposée à négocier avec Unia. Elle affirme privilégier le dialogue avec le personnel représenté par 31 employés élus qui, déplore un salarié, peuvent subir des pressions. L’entreprise a mené elle-même une enquête: «Plusieurs axes d'amélioration ont été identifiés, notamment l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.» Des groupes de travail ont élaboré des mesures, mises en place en janvier 2020, qui «ont augmenté la flexibilité de prendre plus de temps de repos le soir et le week-end».

Un employé contacté est remonté: «C’est un sucre qui ne change pas fondamentalement la pénibilité de la nouvelle organisation. Nous, ce que nous voulons, c’est un changement d’horaire pour avoir moins de fatigue et concilier réellement vie professionnelle et vie familiale. Mais la direction ne veut pas entrer en matière», lance-t-il, avant d’ajouter: «Avant, il y avait du stock. Nous travaillons actuellement en flux tendu. Les capsules destinées à Starbucks se sont ajoutées.» Il espère un changement avant qu’un employé pendulaire exténué n’ait à subir un accident sur la route du travail.

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