«No Billag» menace les projets de l’État pour la Maison de la Radio

VaudPropriétaire du bâtiment de La Sallaz, l’État espère que l’initiative n’empêchera pas le déménagement de la RTS à l’EPFL.

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La campagne sur l’initiative «No Billag» est partie au quart de tour. Il est question du «rôle du service public», des «nouveaux modes de consommation des médias», voire de «plan B». Plus prosaïquement, ce vote aura des conséquences particulières, notamment immobilières, pour le Canton qui est en affaire avec la SSR.

Lorsque l’idée de transférer les activités de la RTS sur les terrains de l’EPFL a émergé, à la fin de 2013, l’État de Vaud a tout de suite vu les opportunités que cela offrait: renforcer l’attractivité du canton dans le secteur des médias et racheter la Maison de la Radio à l’avenue du Temple. Ce qu’il a fait pour 55 millions en 2015. «Des biens immobiliers de la taille de celui de la Sallaz sont rares, il est proche des transports publics et de l’autoroute, se félicite le conseiller d’État Pascal Broulis. Cela faisait un moment que l’on cherchait.»

L’objectif est d’y loger le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture qui loue actuellement des locaux à la rue de la Barre à Lausanne. Certains services du Département des finances devraient aussi y déménager. Cette acquisition s’inscrit dans la politique immobilière de l’État qui veut désormais abriter ses activités entre ses propres murs. Dans cette optique, le Canton a déjà racheté le palais de justice de Montbenon et le bâtiment de la Riponne. «Sur le moyen terme, la location coûte plus cher que d’acheter», explique Pascal Broulis. Cela aura aussi l’avantage de libérer des espaces pour du logement au centre-ville.

Un projet suspendu au vote

Contractuellement, une clause prévoit que la RTS quitte le bâtiment de la Sallaz d’ici à 2020. Un prolongement est possible jusqu’en 2024. Au-delà, il faudra tout renégocier. Si les Suisses décident de supprimer la redevance le 4 mars prochain, la SSR se retrouvera salement esquintée. Voire liquidée. La construction d’un nouveau bâtiment sur le campus de l’EPFL ne sera alors plus d’actualité. «Le projet sera définitivement stoppé, sans alternative ni «plan B», indique la RTS. D’ailleurs, nous ne prenons aucun engagement concernant le campus avant l’issue de la votation du 4 mars.»

«Gisement d’emplois»

Si l’initiative est rejetée, les travaux pourraient débuter encore cette année. Le Conseil d’État place de solides espoirs dans l’avènement de ce campus RTS à l’EPFL. Il doit renforcer l’attractivité du canton. «Ce sera un site de production d’émissions, mais aussi un pôle d’excellence dans le domaine des médias», explique la présidente, Nuria Gorrite. La proximité de l’EPFL permettra des synergies pour la recherche et l’innovation dans ce secteur. «Ce projet de «medias lab» représente un gisement d’emplois potentiels», souligne la présidente du Conseil d’État.

A contrario, l’initiative «No Billag» menace l’emploi des 590 salariés de la RTS qui sont imposés dans le canton de Vaud, selon les chiffres de la présidente: «Si l’initiative passe, cela aura un impact sur les recettes fiscales du canton.»

Créé: 16.01.2018, 06h48

Les acteurs locaux se mobilisent contre l’initiative

Le comité vaudois «Non à No Billag» a déroulé ses arguments contre l’initiative populaire soumise à votation la 4 mars prochain. Mardi, lors d’une conférence de presse organisée dans le studio de La Télé à Beaulieu, les acteurs locaux des milieux sportifs, économiques, culturels, politiques, mais aussi de défense des aînés, ont expliqué pourquoi ils jugeaient cette initiative «néfaste».

L’hôte du jour, Kurt Eicher, directeur général de la chaîne locale valdo-fribourgeoise, a indiqué en préambule qu’un «oui» à «No Billag» risquait de biffer 13 500 emplois. Dont 4000 en Suisse romande. «La redevance fait vivre la SSR, mais aussi 34 radios et TV locales», a insisté le directeur de La Télé.

Pour le président de la Société de radio et télévision vaudoise, Marc Oran, cette initiative annonce «un désert médiatique» et «l’arrivée des médias privés français, allemands et italiens».
Les milieux sportifs bénéficient aussi grandement du service public, selon le directeur technique d’Athletissima, Adamo Vionnet: «Une compétition comme la nôtre verrait ses revenus publicitaires baisser. Elle ne pourrait pas survivre si elle n’est plus diffusée par le service public.»

Les acteurs culturels soulignent, eux, le rôle de diffuseur et la promotion qu’effectue la SSR. Alors que les retraités, par la voix de la présidente de l’AVIVO Suisse, Christiane Jaquet-Berger, ont rappelé que «la radio et la télévision sont des compagnies incontournables pour nombre d’entre eux».

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