A Noël, Saint-Gall devient la «ville aux 700 étoiles»

Escapade de NoëlDepuis dix ans, la ville et son marché de Noël disposent d’un éclairage original.

La Ville a développé son image de «Sternenstadt» depuis l'acquisition de son nouvel éclairage de fête.

La Ville a développé son image de «Sternenstadt» depuis l'acquisition de son nouvel éclairage de fête. Image: DR

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Elles sont devenues, en l’espace d’une décennie, la marque de fabrique de la ville de Saint-Gall. À l’approche de Noël, les rues se parent de 700 grosses étoiles à quatorze branches, symbolisant chaque quartier de la cité. La Municipalité les a acquises il y a dix ans, lorsqu’il lui fallut renouveler son désuet éclairage de fête.

L’allumage officiel de ces étoiles, le Sternenvernissage, coïncide avec l’ouverture du marché de Noël de Saint-Gall. Cela fait toujours l’objet d’une petite cérémonie officielle, qui a eu lieu cette année le jeudi 28 novembre, vers 19 heures. Thomas Scheitlin, le Stadtpräsident (le syndic, quoi), prononce un petit discours avant d’appuyer sur un gros bouton rouge, sous l’œil bienveillant du réformateur Vadian, dont la statue surplombe la place.

Le light show conçu pour l’occasion attire des centaines de Saint-Gallois, comme a pu le constater «24 heures», à l’invitation de l’Office du tourisme local. Et la légère bruine qui tombait ce soir-là n’a pas entamé l’enthousiasme populaire. «Saint-Gall est vraiment fier de ses lumières de Noël, plastronne l’édile au micro, qui constate que les touristes aiment beaucoup le concept AllerStern, et le font savoir. Fiat lux!

Le «St. Galler Tagblatt» relatera tout de même dans son édition du lendemain un léger «dysfonctionnement»: En pressant le bouton, Thomas Scheitlin n’a illuminé que les étoiles des Markt-, Neu- et Spitalgasse. «Dans certaines parties de la vieille ville, les lumières brillaient avant même l’acte officiel», relèvent nos confrères.

Passons. Il s’agit tout de même d’une prouesse technique, nous rappelait peu avant Astrid Nakhostin, la présidente de l’association organisatrice. «Pour installer les 616 étoiles – les 84 autres sont en réserve en cas de panne – il faut un équipage de quatre personnes occupées durant huit jours. Elles sont reliées par un câble de 12 kilomètres fabriqué spécialement pour la commande centrale.»

Pour la population, l’heure était à la chaleureuse communion. Cela se passe surtout au chalet Maiersäss, centre névralgique du marché de Noël, où l’on peut déguster un vin chaud – rouge, blanc ou rosé – cuit dans de grosses cuves cuivrées, dans lesquelles gouttent des blocs de sucre rose. Qu’on se le dise: le marché de Noël de Saint-Gall n’est certainement ni le plus grand – une cinquantaine de chalets – ni le plus dingo qu’on puisse voir en Suisse, même si un riche programme d’animations est concocté*. Ceux qui sauteraient dans le train ce samedi (compter deux heures trente de trajet) pourront profiter de l’éphémère Christkindlimarkt, qui n’a lieu que deux samedis et amène 180 stands sur la Gallusplatz.

Les festivités saint-galloises valent moins pour leur originalité que pour le charme de la ville, avec ses maisons à colombages et ses fenêtres en baie. Cent onze de ces oriels, signes d’une richesse proportionnée à la finesse de leurs sculptures, sont recensés dans les rues centrales. De nuit, les 700 étoiles de Noël mettent joliment en valeur leur relief.

Du 28.11 au 24.12. Christkindlimarkt ce samedi de 9h à 17h.

www.sternenstadt.ch

Créé: 08.12.2019, 09h07

En détails

Une histoire

La huitième ville de Suisse (75833 habitants fin 2018) a grandi dès le Xe siècle autour des activités du monastère fondé en 613 par Gall, un moine irlandais. Ce dernier fut l’un des douze compagnons de saint Colomban partis en Gaule comme missionnaires. Avec ses disciples, Colomban franchira le Jura et tentera d’évangéliser les rives du lac de Zurich.
L’hostilité des autochtones amènera le groupe à se rapprocher du lac de Constance. Malade, Gall restera se soigner à Bregenz (Aut), tandis que sa communauté part pour la Lombardie. Devenu ermite, Gall fondera le monastère qui deviendra la célèbre abbaye qu’on connaît. Comme tout saint a sa légende, voici celle de Gall: le pieux homme croise un jour un ours, à qui il ordonne de nourrir le feu. Ni une ni deux, la bête s’exécute, en récompense de quoi Gall lui donne du pain et le renvoie dans sa forêt. Avant de mourir, en 646 à Arbon (TG), Gall aura évangélisé les envahisseurs alamans et les indigènes, qui s’étaient détournés du christianisme. Saint Gall est fêté le 16 octobre.


Un cadeau


Véritable caverne d’Ali Baba, la Lüchinger Galerie (Webergasse 26) est spécialisée dans les décos de Noël. Pour parer son sapin, on peut opter pour de très classiques boules finement décorées. Mais des centaines d’autres formes coexistent: dinosaures, tranche de concombre, tête de Gandhi, mètre dérouleur, sèche-cheveux, camion de pompier, trompette, etc. Le client est aspiré dans un étourdissant maelstrom de kitsch.
Régionalisme oblige, on opte pour la saucisse de Saint-Gall et son tube de moutarde (même si c’est un sacrilège là-bas de les associer). Tout est en verre, de fabrication allemande, polonaise ou tchèque.



Une visite



L’abbatiale de Saint-Gall, au style baroque tardif rococo, est incontournable. Une curiosité: son nouveau bénitier, au design moderne, est une œuvre d’art qui se fond parfaitement dans le lieu saint. La bibliothèque monastique est l’une des plus importantes du monde et a inspiré Umberto Eco pour son roman «Le nom de la rose». L’entier du site est inscrit au Patrimoine de l’Unesco.
À voir, dans la pénombre et en 20 secondes chrono, le fameux «plan de Saint-Gall» daté de 820, «seul plan manuscrit de l’époque carolingienne du monde à avoir été conservé».



Une douceur


Oubliez le séchard biscôme industriel, et profitez d’être à Saint-Gall pour déguster un traditionnel et moelleux Biber – fourré comme il se doit de pâte d’amandes et pressé à la main contre des moules en bois de poirier. Ouverte en 1941, la Confiserie Roggwiller en a fait sa spécialité, déclinée en de multiples formes et tailles tout au long de l’année.
Outre son historique tea-room amiral de la Multergasse 17, l’entreprise compte deux autres boutiques en ville, dont une à la gare. Son directeur depuis 1996, Martin Schnyder a une tendresse particulière pour les Vaudois: il a fait ses armes chez Mojonnier, à Chailly.

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