800'000 litres d'eaux usées répandues en catimini à Yverdon

EdilitaireLe chantier de rénovation de la station d’épuration a mal tourné en mai 2018. Le surcoût frise le million de francs selon la Ville.

Chantier complexe (ici la veille de l'accident) devisé à une trentaine de millions de francs, la modernisation de la STEP d'Yverdon doit lui permettre de traiter les eaux usées de toute sa région ainsi que celle de Grandson.

Chantier complexe (ici la veille de l'accident) devisé à une trentaine de millions de francs, la modernisation de la STEP d'Yverdon doit lui permettre de traiter les eaux usées de toute sa région ainsi que celle de Grandson. Image: Ville d'Yverdon

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La Ville s’est bien gardée d’en faire écho au moment des faits. Au détour d’un préavis déposé vendredi sur le tas de la pile qui attend les élus pour la rentrée, on apprend qu’un accident de chantier a eu lieu à la station d’épuration (STEP), le 28 mai 2018. Ce qui s’est passé? Une paroi d’un des bassins de la STEP s’est purement et simplement effondrée lors des travaux d’extension et de mise aux normes de la vieille station, qui ne répondait plus aux besoins de la région d’Yverdon et de Grandson.

Sauf que ledit bassin était plein. En tout, quelque 800'000 litres d’eaux usées, estime la Ville, se sont répandus dans le périmètre de la STEP et de l’avenue de la Plage. D’après nos informations, la zone touchée est en réalité plus large que cela: une partie des eaux ont atteint le canal voisin du Buron.

«Là où nous avons eu beaucoup de chance, c’est qu’aucun ouvrier n’était à proximité quand la paroi s’est effondrée»

«Il n’y a pas eu d’atteintes à l’environnement, réagit le municipal Marc-André Burkhard. Le traitement n’a été interrompu que dix minutes et des tuyaux de déviation qui avaient été mis en place au cas où ont permis de remettre les eaux usées en début de cycle. Là où nous avons eu beaucoup de chance, c’est qu’aucun ouvrier n’était à proximité quand la paroi s’est effondrée.»

Les entreprises sur place et le Service des travaux et de l’environnement, aidés de camions cureurs et de pompes, ont permis de limiter les dégâts. On parle d’eaux «prétraitées», qui étaient donc déjà passées par le décanteur primaire en question. D’après la Ville, l’effondrement n’était pas prévisible, et fait suite à des travaux de terrassement. Il se murmure que des travaux de préparation au démantèlement du bassin – le calendrier du chantier est serré, et le projet incroyablement complexe – avaient déjà été entrepris.

Résultat? Le débat politique de ce nouveau couac sur un chantier communal attendra sans doute la rentrée. Tandis que la Ville évalue à un total de 960'000 francs les surcoûts liés à l’accident de mai 2018: reconstruction du décanteur primaire, renforcement des bassins, surveillance et mesures diverses sur la deuxième chaîne de traitement de la vénérable STEP. Au coût total du chantier s’ajoute toutefois un deuxième surcoût, imputé selon la Ville à une erreur de calcul initiale dans le dossier soumis au vote des élus en 2017: le dossier présentait cet ambitieux projet de 31 millions de francs. Or, il s’agissait en fait de 32 millions.

Montage financier

Compte tenu de la structure du complexe montage financier, le montant net à la charge d’Yverdon doit toutefois rester autour des 19 millions. Notamment grâce à des rentrées supplémentaires liées aux contrats avec les Communes participantes (signés courant 2018), et grâce à une hausse des subventions pour le traitement des nitrates (en octobre 2018).

Le calendrier des travaux, dans son état de mai dernier, prévoyait une inauguration en décembre 2022.

Créé: 30.06.2019, 21h38

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