Au Tirage de Payerne, on se mesure à l’ancienne

PayerneLa plus grande Abbaye du canton de Vaud tient à la particularité de ses cibles manuelles, installées au stand du Vernex.

Dans leur tranchée située à 300 mètres du stand du Vernex, les cibarres marquent les coups à l'aide de palettes.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Le stand du Vernex appartient à la Société des tireurs à la cible. C’est l’âme du Tirage de Payerne. Le tir d’abbaye sur ses cibles manuelles fait partie du folklore auquel la société tient absolument!» Président de la commission de tir de la plus grande abbaye du canton de Vaud (1000 membres), Olivier Tobler était fier de présenter la particularité du stand payernois, le week-end dernier, lors d’une compétition d’entraînement. Ce samedi 19 août (lire l'encadré), l’abbaye procédera à la 281e édition de son tir de société.

Car à Payerne, tout se fait encore à l’ancienne. «Cela change d’un tir sur cibles électroniques, comme dans la grande majorité des stands, explique le président. Ici, le tireur a encore le temps de ressentir une émotion avant de connaître son résultat.»

La danse des palettes
Alors qu’avec les cibles Polytronic, chaque tireur peut instantanément savoir la valeur de son coup et sa position en cible, les choses sont différentes dans les 17 stalles du stand payernois. A 300 mètres de là, des cibarres s’activent dans une tranchée abritant les cibles, qui montent et descendent comme dans un ballet, après chaque coup. A l’aide de palettes colorées fixées au bout de longs manches de bois, ces hommes de l’ombre ont la lourde tâche de remplacer l’ordinateur. «Le cibarre, c’est celui qui règle le tireur et lui permet de corriger son tir», explique Jean-Pierre Allaman, 68 ans, dont cinquante-quatre passés dans la ciblerie payernoise.

«La palette blanche indique le 10, détaille Nicolas Mayor, 27 ans et responsable de la troupe depuis quatre éditions, tandis que les coups défilent juste au-dessus de sa tête. Pour le 9, la palette est rouge, barrée d’une bande blanche. Ensuite, une palette noire permet de noter la valeur de tous les coups de 0 à 8, tandis que leur position est alors indiquée à l’aide d’une palette orange.» Bien entendu, le but du cibarre est d’indiquer le résultat le plus vite possible, mais parfois l’impact produit par la balle est bien caché, voire hors cible et les secondes s’écoulent. De quoi augmenter le stress du tireur, dans l’attente de son résultat.

Pour éviter de se retrouver avec deux perforations en cible lors du prochain coup, le cibarre doit encore masquer le trou à l’aide d’un petit autocollant, nommé «bletz». Le ballet peut alors reprendre, et ainsi de suite pour les quelque 550 tireurs attendus samedi.

Précision à l'ancienne
Un folklore qui ne va pas sans donner quelques sueurs froides aux tireurs. «Cela fait longtemps que je n’ai plus tiré sur de telles cibles. C’est beaucoup plus délicat pour régler son fusil, car un 9 en haut à droite peut correspondre tout aussi bien à un 81 qu’à un 90 sur une cible électronique à 100 points», note d’ailleurs Roberto Sacco, venu de Vallorbe pour s’exercer lors de cette journée d’entraînement aux côtés des Payernois.

Les Broyards tiennent à conserver cette particularité, mais le recrutement de cibarres n’est pas toujours évident. «Avec le développement des cibles Polytronic, de moins en moins de personnes apprennent à marquer», note Nicolas Mayor. Ainsi, en cette journée d’entraînement, le chef tient à encadrer tout particulièrement deux nouvelles recrues d’à peine 14 ans. Car pour la première fois depuis deux ans, de nouvelles têtes rejoignent la bande. Un véritable soulagement pour les responsables du Tirage: pour que la tradition puisse perdurer, la relève chez les cibarres est tout aussi importante que chez les tireurs. (24 heures)

Créé: 14.08.2017, 17h55

Quatre jours de liesse

Au terme des concours de tir de ce samedi 19 août, rois et lauréats de médailles et challenges seront récompensés dimanche sur la place Général-Jomini (10h20). Cortège, banquet et rentrée du drapeau suivront dans la journée pour clôturer cette 281e édition du Tirage de Payerne, la première sous la présidence de Pierre-André Zeiter.

Outre les officialités liées au tir, les festivités, organisées par la Société des tireurs à la cible et la Société de Jeunesse, se dérouleront de vendredi à lundi, à la halle des fêtes et au Casino Stand. La commission de danse propose notamment une soirée music-hall, samedi soir, avec l’école Artisti-K-Baret de Renens. La jeunesse lèvera les danses dimanche et lundi soir.

Naturellement, les forains seront aussi de la partie avec 36 attractions et stands divers, réunis sur la place des Tireurs. «Le retour du Pegasus, engagé l’automne dernier lors de la Foire de Bâle, promet des frissons garantis», détaille Jacques Henchoz, président de la commission, qui a aussi pensé aux plus jeunes avec le Silbermine, train des mines.

Articles en relation

Visite dans la tranchée des cibarres à Payerne

Tirage A une semaine de l’une des plus grandes Abbayes vaudoises, les hommes de l’ombre s’entraînent à marquer les points. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 21 septembre 2018.
(Image: Valott) Plus...