Broyards fâchés par la double ration de vols de nuit

PayerneL’armée a annoncé, durant les Fêtes, sa volonté d’organiser des entraînements nocturnes de F/A-18 le lundi et le mercredi.

La volonté de l'armée d'organiser des entraînements nocturnes le lundi et le mercredi dès 2019 fâche les communes riveraines de l'aérodrome militaire de Payerne.

La volonté de l'armée d'organiser des entraînements nocturnes le lundi et le mercredi dès 2019 fâche les communes riveraines de l'aérodrome militaire de Payerne. Image: KEYSTONE

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«C’est pour cette raison qu’à partir de 2019, l’équipage en alerte pourra effectuer des vols d’entraînement les lundis (intégrés aux entraînements des vols de nuit hebdomadaires en hiver) et en plus les mercredis soir.» Cette conclusion d’un communiqué de presse de l’armée suisse, diffusé le 27 décembre dernier, fait tiquer l’Association pour la sauvegarde des intérêts des communes riveraines de l’aérodrome de Payerne (ASIC). Réuni d’urgence mardi matin, son comité a écrit dans la foulée au DDPS pour lui faire part de son courroux au sujet de cette nouveauté, glissée en fin d’une communication sur la nouvelle étape dans le projet de service de police aérienne 24.

Les représentants des villages et communes voisines des lieux pointent notamment un non-respect du règlement d’exploitation de l’aérodrome militaire de Payerne, mis à l’enquête en 2011 et entré en fonction en 2016. «Il précise que les vols de nuit et crépusculaires avec avions de combat à réaction sont prévus les lundis d’octobre à mars de 18 h à 22 h, avec un dernier décollage à 21 h 15 et un jour de réserve le mardi», s’énerve Cédric Péclard, député fribourgeois indépendant, syndic de la commune des Montets et président de l’ASIC.

Diverses exceptions

Bien entendu, le document régissant l’utilisation militaire de la base aérienne prévoit des exceptions. «Il s’agirait alors d’engagement de police aérienne, de sûreté comme lors du WEF de Davos par exemple ou encore d’aide en cas de catastrophe, mais en aucun cas pour de simples entraînements. D’ailleurs, nous contrôlons régulièrement l’utilité des vols en dehors du cadre défini», tonne le responsable.

Du côté de l’armée, on s’appuie sur l’article 2.2 du règlement, lequel mentionne que «le commandant de la base aérienne peut autoriser, de cas en cas, d’autres vols nécessaires aux besoins opérationnels de la Confédération». Ces vols doivent alors être dûment motivés. «Il ne s’agit pas de vague d’entraînements comme ceux du lundi soir, mais de vols isolés, uniquement pour l’équipage de la police aérienne, et pour autant que les pilotes en aient besoin», précise Delphine Allemand, porte-parole de l’armée.

Le mercredi, ce sont donc au maximum deux F/A-18 qui décolleraient pour un entraînement au vol de nuit, pas au-delà de 22 h pour un total de 100 entraînements supplémentaires sur l’année civile, dans le pire des cas. «L’armée suisse est consciente des dérangements pour les riverains, c’est pourquoi les deux vols du mercredi seront limités», ajoute Delphine Allemand.

Dans les faits, deux équipes assurent la surveillance du ciel chaque semaine, du samedi soir au mercredi midi, puis l’inverse, 365 jours par an, de 6 h à 22 h. «Avec ces vols isolés, les pilotes qui prennent leur fonction le mercredi midi sans entraînement récent de nuit ont la possibilité de décoller une fois», détaille la fonctionnaire fédérale. Un décollage pourrait-il alors avoir lieu un vendredi? «Ce n’est pas prévu.»

À l’heure où les Forces aériennes souhaitent se doter d’un nouvel avion de combat, l’ASIC regrette aussi la manière de communiquer de la grande muette. «Ni notre association ni le groupe de concertation de la base, qui réunit davantage d’intervenants, n’ont été informés de cette décision lâchée le 27 décembre pour une mise en vigueur début janvier. Ce n’est pas en procédant de la sorte que l’armée va convaincre la population», ajoute le député. «Malheureusement, il est vrai que ce chiffre de 100 vols supplémentaires n’avait jamais été communiqué aux autorités, ce que nous regrettons», confesse la chargée de communication.

Dans la région, il se murmure que l’armée pourrait ajouter ces vols pour occuper le nombreux personnel nécessaire pour le piquet, dont les missions extraordinaires restent faibles (16 interventions en hot missions et 245 contrôles d’aéronefs en live missions courant 2018 contre 36 et 292 en 2017). «Les journées sont parfois plus longues qu’avant, mais Payerne réalise aussi davantage de services et d’entretien, donc je doute que ces vols soient prévus pour occuper du personnel», glisse un connaisseur du système mis en place. Delphine Allemand s’inscrit en faux: «Les engagements n’auront lieu que s’il y a un véritable besoin du pilote.»

Les F/A-18 de l’armée décolleront-ils ce mercredi soir de Payerne? «Ce serait de la provocation», s’étrangle Cédric Péclard. Du côté des Forces aériennes, on confirme qu’un vol est planifié, aucun entraînement n’ayant eu lieu durant les Fêtes.

Créé: 08.01.2019, 18h55

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