D’Yverdon à Rorschach avec un bœuf

AventureGaëtan Dübler forme un veau de race Hinterwald pour accompagner des randonneurs.

En fin de semaine dernière, «Léo» et Gaëtan Dübler cheminaient du côté de Bournens.

En fin de semaine dernière, «Léo» et Gaëtan Dübler cheminaient du côté de Bournens. Image: SYLVAIN MULLER

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Des bureaux du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) aux chemins de traverse vaudois, la route est hasardeuse. C’est pourtant celle qu’emprunte Gaëtan Dübler. Depuis une dizaine de jours, le jeune homme (37 ans) bat la campagne en compagnie de Léo , un jeune bœuf qu’il forme pour accompagner des randonneurs en quête de nature et d’authenticité.

L’accent de cet enfant de Rue (FR) trahit des études universitaires accomplies à Montréal et à Paris. Titulaire d’un master en journalisme scientifique, il se voyait faire de l’investigation. Mais, après plusieurs années au CNRS, changement radical. «Des deux côtés de ma famille, on a des racines terriennes, j’ai voulu y revenir.»

Un veau doux comme un agneau

Il décide alors de proposer des trekkings, non pas avec un âne comme c’est souvent le cas, mais avec un bœuf bâté. Gaëtan Dübler se rend donc chez un bouvier d’Alsace pour y apprendre les bases du métier, puis fait l’acquisition d’un veau de la race Hinter­wald. Depuis le début de l’année, l’animal s’entraîne à ses côtés. «Aujourd’hui, Léo peut facilement marcher dix heures.» Et sans fers aux pattes. «J’aimerais pouvoir le laisser sabots nus, mais, s’il le faut, je lui ferai chausser des hippo-sandales», relève le jeune homme, tout en caressant la tête de son compagnon de route.

«Il est vraiment tranquille, alors qu’avant il avait peur des corneilles, du bruit de l’eau dans les grilles et… de son ombre sous les lampadaires»

Doux comme un agneau, le bovin attire la sympathie des gens qu’il croise. Lundi, à Curtilles, Léo s’est fait photographier par des enfants et s’est vu proposer un champ pour gambader librement. «Il est vraiment tranquille, alors qu’avant il avait peur des corneilles, du bruit de l’eau dans les grilles et… de son ombre sous les lampadaires», sourit Gaëtan.

Parti des environs d’Yverdon, le duo s’est dirigé vers Le Chalet-à-Gobet, où il a rejoint la «Via Jacobi» (l’itinéraire suisse du chemin de Compostelle). «Nous allons la suivre jusqu’à Rorschach (SG). Sa formation sera alors terminée, et nous pourrons rentrer, si possible avec des clients.» D’ici là, Gaëtan Dübler devrait contacter les autorités. Car, si les dispositions relatives au déplacement d’un bovin seul semblent floues, le vétérinaire cantonal estime qu’il devrait être au courant de ce projet. «Il faudrait que l’on sache où se trouve l’animal», relève Giovanni Peduto. (24 heures)

Créé: 31.05.2016, 09h58

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