De l’industrie au poulet de la ferme

TerroirsAvec «Le Grand’Joie», Eddy et Christine Gaspoz passent d’une production industrielle de 45'000 têtes par an à un système éthique et respectueux de 2500 poulets à l’année.

Depuis le début de l’année, Eddy Gaspoz a renoncé à la production industrielle pour privilégier une filière de vente directe.

Depuis le début de l’année, Eddy Gaspoz a renoncé à la production industrielle pour privilégier une filière de vente directe. Image: PATRICK MARTIN

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Un anticonformiste. Voilà probablement la meilleure étiquette à coller dans le dos d’Eddy Gaspoz. Alors que les constructions de hangars d’engraissement de poulets sont en hausse constante, allant de pair avec l’augmentation de la consommation de volaille, ce Valaisan, installé depuis 20 ans dans la Broye, vient d’abandonner la production industrielle de grande distribution pour élever ses propres poulets fermiers. Passant d’une production annuelle de 45 000 poulets, la marque Le Grand’Joie, sise dans le hameau de Brit, à Granges-près-Marnand, devrait se situer autour de 2500 têtes écoulées en vente directe.

«J’en avais marre des contraintes de la grande distribution. Une caisse de poulet chargée dans le mauvais sens sur le camion et c’est 150 balles d’amende. De même, c’est 30 francs par minute de retard sur le temps de chargement. Comme je devais encore investir dans mon bâtiment, sans garantie de pouvoir amortir le tout par la suite, j’ai décidé de passer à la vente directe, que je pratique déjà pour les patates», lâche le solide bonhomme, amateur de chant et de musique. Depuis qu’il a repris la ferme familiale de la famille Jöhr avec son épouse Christine en 2006, le Broyard écoule ses 150 à 180 tonnes de pommes de terre produites annuellement sur 5 hectares, lors de livraisons le mercredi. En sacs de 25 kg, ses patates garnissent les assiettes de chefs renommés comme Pierrick Suter à Lucens ou Didier de Courten à Sierre.

«Nous souhaitions revenir à des méthodes plus humaines et respectueuses», glisse Christine, tout en surveillant la cuisson d’un poulet à faire déguster au journaliste de passage. «Et désormais, nous travaillons davantage en famille, nos enfants Aline (18 ans) et Nicolas (16) venant volontiers nous donner un coup de main lors des chargements ou surveiller le poulailler si nécessaire», ajoute Eddy.

Car si le mode de production a changé, Le Grand’Joie est toujours destiné à finir dans les assiettes. À raison de 200 poussins par série, les animaux sont placés sous des lampes infrarouges les premiers jours. «Cela permet de ne pas chauffer l’entier de la halle et de réaliser de belles économies d’énergie», raconte le carrossier de formation. D’autant plus que la production est stoppée durant l’hiver ou la période de la récolte des patates à l’automne. Après 15 jours dans la «piscine à poussins», les poulets intègrent l’élevage au sol pendant sept semaines. Les normes liées à l’espace dont ont besoin les poulets d’élevage sont en Suisse de 30 kg de poulets par mètre carré. Le Grand Joie bénéficie quant à lui de 16 kg par m2.

Si les poussins coûtent plus cher qu’en mode industriel, le poulet est vendu 16 fr. le kilo, prêt à manger, contre 2 fr. le kilo en moyenne pour l’ancien système. «La production a été lancée en février et les premiers poulets sont revenus en avril. Pour l’instant, on s’autofinance tout juste, mais d’après mes calculs, à 1500 poulets vendus, on devrait gagner la même chose qu’avec 48'0000 écoulés dans la grande distribution», poursuit Eddy Gaspoz, avant de rappeler que ses bêtes sont nourries par le Moulin de Romont, avec une recette adaptée par le maître des lieux.

Ruminant l’affaire depuis plus d’une année, l’agriculteur a étudié le marché au plus près de sa conscience: «Nos poulets pesant 2,4 kg en moyenne contre moins de 2 dans la filière traditionnelle, il a fallu dégoter un abattoir adapté à la grosse volaille et on en a trouvé un à Genève. Pour rentabiliser au mieux l’affaire, j’ai trouvé des accords avec des transporteurs qui effectuaient déjà des livraisons sur l’arc lémanique.» À la clé, une viande plus goûteuse et plus agréable à mâcher. À n’en pas douter, le respectueux Grand’Joie saura réjouir les gastronomes.

Créé: 22.06.2019, 09h23

Pratiques



Toutes les deux semaines, 200 nouveaux poussins arrivent dans la halle d’engraissement du hameau de Brit.




Après 15 jours chez les poussins, les poulets sont élevés sept semaines au sol, bénéficiant d’un bel espace.




Par rapport à un poulet industriel, Le Grand’Joie propose une viande plus goûteuse et plus agréable à mâcher.


Poulets Le Grand’Joie
Vente directe à la ferme de Brit, tous les mardis de 17h à 19h30 à 16fr. le kilo

www.pouletdelaferme.com

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