Depuis 15 ans, ces Payernois vivent avec les espoirs du foot

SportL’ASF va fermer son centre de formation de Payerne en 2016, la fin d’une époque pour ceux qui s’occupent de ces graines de champion.

Michel Mora et Régis Rothenbühler entraînent les jeunes espoirs du centre de préformation de l’ASF à Payerne, tandis que Franco Scarpino s’occupe de l’intendance, comme les repas par exemple.

Michel Mora et Régis Rothenbühler entraînent les jeunes espoirs du centre de préformation de l’ASF à Payerne, tandis que Franco Scarpino s’occupe de l’intendance, comme les repas par exemple. Image: PATRICK MARTIN

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Avec la fermeture, en juin 2016, du centre de préformation de l’Association suisse de football (ASF) à Payerne, une page va se tourner pour ceux qui s’occupent depuis quinze ans quotidiennement de ces jeunes espoirs. Plus qu’une page, plutôt un livre qui raconterait la vie de ces adolescents de 14 à 16 ans qui quittent leur famille pour tenter de se forger un destin dans l’élite du football. Entraîneurs, intendants, familles d’accueil, doyen: depuis la première rentrée en l’an 2000, une petite équipe de Payernois voit grandir ces jeunes venus de toute la Suisse romande durant les deux ans de leur cursus, parmi eux des footballeurs connus comme Johan Djourou.

Figures quasi parentales, Franco Scarpino et Angela Vallone prennent tous les jours leurs repas avec la quinzaine d’adolescents. «Une fois que les jeunes ont mangé, je fais attention à ce qu’ils débarrassent, nettoient et rangent les tables», explique Franco Scarpino. «Ils sont obligés de manger de tout chez nous, ajoute Angela Vallone. Parfois on les voit qui essaient de donner ce qu’ils n’aiment pas aux copains, mais on les surveille.» Comme des parents, les deux intendants engueulent parfois, mais aussi conseillent et recueillent confidences et soucis.

Une seconde famille
Les jeunes sportifs passent le plus clair de leur temps avec l’équipe du centre. «Ils n’ont que deux heures de libre dans la semaine et prennent seulement le repas du mercredi soir dans leur famille d’accueil», relève le sémillant septuagénaire qui s’occupe de l’intendance. La journée, ils partagent leur temps entre l’école et le terrain. «Ces jeunes ont presque toujours quelque chose à faire, ça évite les bêtises, sourit Henri Jaccottet, doyen de l’école secondaire. Ils sont disséminés dans les classes, ce n’est pas une élite à part.» «Les premières années, on avait parfois des problèmes, car les filles s’amourachaient des footballeurs, les autres garçons étaient jaloux et cherchaient la bagarre», se souvient Franco Scarpino.

En quinze ans, le règlement est passé de quelques lignes à une page recto verso. «On se dit entraîneur-éducateur, explique Michel Mora, enseignant en éducation physique qui s’occupe des espoirs sur le terrain avec son collègue Régis Rothenbühler. On doit poursuivre leur éducation et leur donner la meilleure formation pour qu’il devienne des sportifs d’élite, nous sommes très exigeants avec eux.» Comme les intendants, les entraîneurs partagent, en alternance, le repas des adolescents.

Une vraie vie de famille dans ce «laboratoire» de préformation. «Je passe presque plus de temps ici qu’à la maison, rigole Michel Mora. A force de nous voir tout le temps ensemble, les gens pensaient que mon ancien collègue, José Ehrbach, était mon frère!» Après deux ans passés à Payerne, les adieux ne sont pas toujours simples. «Quand ils partent, il y a souvent beaucoup de pleurs, raconte Franco Scarpino. On garde des contacts, on a été voir des matches de Djourou à Arsenal.»

Créé: 03.03.2015, 10h24

Djourou et Fickentscher regrettent cette fermeture

En une quinzaine d’années, ils sont nombreux les jeunes rêvant d’une carrière de footballeurs professionnels à être venus aiguiser leur sens du but ou de l’interception à Payerne. Le défenseur international suisse Johan Djourou (28 ans), tout comme le gardien nyonnais du Lausanne-Sport, Kevin Fickentscher (26 ans), en font partie. Le défenseur genevois du SV Hambourg comme le dernier rempart vaudois gardent un excellent souvenir de leur passage au centre de préformation de l’ASF. «Ç’a vraiment été deux belles années, une vraie école de la vie et un endroit idéal pour progresser», souligne Kevin Fickentscher. Aussi, le dernier rempart lausannois regrette-t-il la fermeture de cette structure, «même si je ne connais pas le pourquoi du comment». «C’est vrai que c’est triste. Ma réussite doit beaucoup à mon passage au sein de ce centre», relance Johan Djourou. Pour lui toutefois, après un bon départ, les résultats obtenus par ce centre n’ont malheureusement pas suivi: «Au final, peu de joueurs de niveau européen et même suisse en sont sortis», estime-t-il.

A Payerne, les footballeurs en herbe vivaient une double vie. «Pour faire simple, on était élève le matin et footballeur l’après-midi. La structure était plutôt bien rodée, carrée. Si bien que nous étions aussi bien encadrés pour l’un que pour l’autre», explique Kevin Fickentscher. Logés chez des familles d’accueil du lundi au vendredi, ils ont aussi appris tôt une certaine indépendance. «J’avais 13 ans quand je suis arrivé là-bas. Je me suis tout de suite bien entendu avec ces gens qui sont devenus ma deuxième famille. J’ai d’ailleurs encore des contacts réguliers avec eux. Du reste, ils sont venus me voir à Hambourg la semaine dernière», sourit Johan Djourou. F.RA.

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